Salvini doit s’occuper de la véritable urgence nationale : les transports
L’Italie est un pays au bord de l’effondrement de ses infrastructures. Le problème va au-delà de la panne d’électricité à Rome Termini, la gare la plus importante ; c’est maintenant une série chronique d’inconvénients qui amènent chaque individu qui a besoin de voyager à le faire en tenant compte du retard qui s’accumulera dans la file d’attente sur une autoroute, arrêté sur les voies d’un endroit reculé du centre de l’Italie ou sur le siège d’une salle d’attente dans un aéroport.
Il ne s’agit pas de pessimisme, mais d’une reconnaissance respectueuse de ce qui devrait désormais être l’héritage collectif d’au moins l’ensemble de la classe dirigeante du pays. Il ne s’agit pas seulement de politique, qui siège dans les institutions ; dont on attend certainement un surplus d’attention et surtout d’action. La classe dirigeante d’un pays est constituée de ses structures sociales, de ses organisations représentatives, de ses grandes entreprises et de son système éducatif et culturel.
Le problème des transports en Italie
Tout le monde a le devoir de s’y intéresser car le problème des transports en Italie commence à être vraiment grave. Après la saison désastreuse de la pandémie, le redémarrage a été plus frénétique que la phase précédente. Je ne sais pas si nous sommes mieux sortis de l’ère du Covid (comme le suggérait la rhétorique des premières semaines de confinement) ou non ; ce qui est sûr, c’est que le système de transport s’en est sorti dans une situation pire.
La congestion du trafic et l’incapacité du système urbain à réagir efficacement sont des phénomènes qui touchent chaque jour des millions de personnes. Il ne s’agit plus seulement d’épisodes occasionnels, mais d’un problème chronique. À cette pression s’ajoute l’impact du tourisme, qui attire chaque année des millions de visiteurs dans notre pays, fascinés par la beauté historique et naturelle, mais souvent contraints de faire face à un système de transport inefficace, sous-dimensionné et inadapté. Il est clair que l’afflux de touristes, notamment dans des villes comme Rome, Venise ou Florence, exacerbe une situation déjà critique, et risque de transformer l’excellence de notre patrimoine en boomerang.
Le problème profond
Les difficultés qui affectent notre système de transport sont nombreuses et ne concernent pas uniquement les infrastructures. Le problème est plus profond : une vision fragmentée et à courte vue a laissé le système incapable de répondre aux besoins d’un monde en évolution rapide. L’absence de coordination entre les différents niveaux institutionnels, entre l’État central, les régions et les communes, a produit une mosaïque inégale, dans laquelle chaque territoire cherche des solutions autonomes, souvent déconnectées d’un cadre national cohérent. Et au détriment, entre autres, des petites villes qui risquent le dépeuplement, mettant en péril un trait fondamental de notre identité nationale, qui se trouve là, dans les zones rurales, sur les collines et les montagnes italiennes.
Dans un contexte mondial où la mobilité est l’un des facteurs de concurrence les plus importants, l’Italie risque de prendre du retard. Il ne suffit pas d’intervenir avec des investissements spécifiques sur des œuvres individuelles, aussi importantes soient-elles ; il est essentiel de repenser l’ensemble du modèle de mobilité de manière durable, en intégrant les transports publics et privés, les nouvelles formes de mobilité, les technologies innovantes, l’analyse des données, l’attraction de capitaux et d’investissements, dans un réseau véritablement interconnecté et efficace.
La mobilité, le droit bafoué
Les exemples européens nous enseignent que cela est possible. Des pays de dimensions et de complexité similaires aux nôtres ont su développer des systèmes de transport capables de concilier efficacité, durabilité environnementale et qualité de service. La mobilité est un droit des citoyens comme les autres ; veiller à ce qu’elle soit garantie dans des conditions acceptables fait la différence entre un pays tourné vers l’avenir et un pays qui reste ancré dans son glorieux passé.
La crise des infrastructures du pays est plus grave que vous ne le pensez. Il ne s’agit pas seulement du gouvernement actuel, mais d’une question qui interroge et implique tous les hommes politiques : la majorité et l’opposition ont le devoir de s’unir pour faire face à une urgence différente l’une de l’autre.
Cela n’apporte pas de votes immédiats, on s’en rend compte (la mise en œuvre d’un plan ambitieux nécessite plus d’années que la durée d’un mandat électoral) ; mais cela assurerait une gratitude éternelle à ceux qui veulent assumer cet objectif de manière sérieuse, sincère et concrète. Nous attendons avec confiance.