Radars, la liste nationale est en ligne, mais des problèmes subsistent entre homologations manquantes et données incomplètes

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Pour la première fois en Italie, il existe un ensemble de données publiques et nationales sur les radars. Le registre publié le 28 novembre 2025 est né de l’application des dispositions du ministère de l’Equipement et des Transports qui imposaient aux collectivités territoriales leobligation de communiquer et d’enregistrer les appareils de détection de vitesse sur une plateforme centralisée. Jusqu’alors, les informations étaient fragmentées, souvent inaccessibles et difficiles à vérifier : l’année dernière, le polémique sur le nombre de radars en Italie, on parlait même de 11 000 appareils de détection. Aujourd’hui, cependant, l’infrastructure de contrôle de vitesse est visible. Et par ailleurs, toujours par arrêté ministériel, les communes sont obligées d’éteindre les radars ne figurant pas sur la liste.

Une base de données « sale » qui ne dispose pas encore de registre définitif

Bien qu’un pas en avant ait été réalisé en termes de transparence l’ensemble de données est continuellement mis à jour : les communes insèrent progressivement des informations, corrigent les erreurs, ajoutent des appareils. Il n’y a pas de version finale du registre, mais seulement une photographie mise à jour à une certaine date. La dernière à partir de laquelle nous avons extrait des données a été prise le 15/12/2025 et fait état de 3807 appareils enregistrés.

En plus d’être instable, l’ensemble de données est très sale. Les marques de radars apparaissent sous des dizaines de variantes différentes, souvent avec des erreurs, des abréviations ou des formes juridiques non uniformes. Dans de nombreux cas, les modèles, les descriptions techniques et les modes opératoires sont insérés dans le même champ. Certaines rumeurs rapportent textes descriptifs au lieu de catégories standard. Avant toute analyse, donc, un travaux de nettoyage pour distinguer les marques, modèles et entités qui ont installé des radars.

Ce que mesure l’ensemble de données

L’ensemble de données photographie où se trouvent les appareils, qui les gère et comment ils sont répartis sur le territoire. La carte qui en ressort n’est pas uniforme et montre clairement asymétrie géographiqueavec une plus forte concentration de radars dans Centre-Nord et une présence moindre à Sud.

Les données du recensement enregistrent les données par entité et par code cadastral des communes, mais certaines sont gérées par police provinciale tandis que d’autres de locale. Nous avons donc décidé de les répartir par établissement. Certains concentrent un grand nombre d’appareils, tandis que beaucoup d’autres n’en ont que peu, voire aucun. Dans la tête se trouve le Police de la capitale de Romeavec 43 radars enregistrés, suivis de Police Métropolitaine de la Ville Métropolitaine de Milan (29) et par le Corps de Police Locale de la Commune de Gênes (27).

Immédiatement après, de grandes zones urbaines et des structures supracommunales réapparaissent : les Police Locale de la Ville Métropolitaine de Rome (26)le Province d’Alexandrie et le Police municipale de Venise (tous deux 24)la Police Municipale de Florence (23), la Police Provinciale de Brescia et la Police Locale de la Commune de Milan (22 chacune).

Certains domaines sont cependant peu représentés : dans Sardaignepar exemple, seules quelques entités enregistrées apparaissent, la police locale de Sassari avec 8 appareils et les municipalités de Nuoro et Iglesias avec un seul appareil chacune, tandis que Naples semble n’avoir qu’un seul appareil dans la base de données à la date de la dernière extraction.

Qui contrôle le marché des radars

L’ensemble de données nous permet également d’observer la structure du marché des fournisseurs de radars, montrant une concentration importante. Après un travail de standardisation des dénominations – nécessaire pour regrouper sous une seule rubrique les marques indiquées de manière incohérente ou incorrecte – un tableau assez clair se dessine : Eltraff domine le marchéavec environ le 39% des appareils interrogés. Ils suivent Sodi Scientificaavec le 17%et Moteuravec le 12%.

Pris ensemble, les trois premiers opérateurs dépassent le 65% du totaltandis que le reste du marché est fragmenté entre de nombreux petits fournisseurs, souvent présents avec seulement quelques appareils chacun. Il ne s’agit pas d’un monopole au sens formel, mais d’un secteur fortement concentréoù un petit nombre d’entreprises fournissent la plupart des technologies utilisées par les organismes publics.

La récurrence des mêmes marques dans des contextes administratifs et géographiques très différents indique une forte standardisation des solutions adoptées, ce qui contribue à expliquer pourquoi le marché des radars apparaît peu fragmenté, malgré l’absence d’un seul acteur dominant.

Le problème de l’approbation

Le recensement national marque un tournant en termes de transparence, mais ne clôt pas toutes les questions ouvertes. À partir du 28 novembre 2025, seuls les appareils enregistrés pourront fonctionner légitimement : ceux non répertoriés devront être désactivés et les amendes infligées seront contestables. Cette étape a déjà un impact direct sur les litiges.

Cependant, une question plus profonde reste ouverte, celle deapprobation. En 2024, avec l’ordonnance no. 10505, puis avec n. 26521 du 1er octobre 2025, le Cour de cassation a annulé plusieurs sanctions détectées par des dispositifs « agréés » mais non expressément « agréés », relançant le débat sur une distinction qui créait l’incertitude depuis des années.

Le Ministère des Transports est intervenu sur ce point par une lettre officielle du 21 novembre 2025, clarifiant sa position : selon le MIT, à la lumière de l’article 192 du Règlement de Code de la routel’homologation et l’approbation sont des procédures alternatives, toutes deux adaptées pour légitimer l’utilisation des instruments, comme cela s’est produit dans la pratique administrative au cours des dernières décennies.

Ce divergence entre lecture ministérielle et orientations jurisprudentielles n’est pas encore totalement conciliée et risque d’alimenter de nouveaux recours. Dans ce contexte, le le recensement n’élimine pas les litigesmais le rend plus visible et documentable, tout en introduisant de nouvelles responsabilités pour le autorités localesappelé à mettre à jour les données et à garantir que seuls les appareils régulièrement enregistrés restent en fonctionnement.