Qu’est-ce que le projet Starshade de la NASA qui utilise des techniques d’origami pour étudier les exoplanètes

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

L’art japonais ancien du pliage du papier, c’est-à-direorigamicela peut ressembler à un simple passe-temps créatif, mais il a candidatures dans les champs qui vont de l’ingénierie à la médecine, en passant par l’exploration spatiale. Plier intelligemment un matériau permet de compresser de très grandes structures en volumes extrêmement petits, puis de les déplier si nécessaire.

C’est précisément pourquoi l’origami est également fondamental dans le projet Ombre d’étoile de la NASA, qui utilise une technique de pliage particulière, appelée « modèles de clignotants», pour transporter un panneau aussi gros qu’un terrain de baseballplié à l’intérieur d’un cylindre suffisamment petit pour tenir dans une fusée. Une fois ouvert, le panneau se placerait entre un télescope et une étoile lointaine, bloquant sa lumière et lui permettant de observer directement je planètes qui gravitent autour de lui, normalement caché par son éclat intense.

Le but du projet est obtenir des images directes de ces planètes et étudier leur atmosphère, pour comprendre si certains possèdent des caractéristiques compatibles avec la présence de la vie. Le projet est en constante évolution, mais ces derniers mois, l’équipe a encore placé la barre plus haut, en proposant une version de Starshade d’un diamètre d’environ 99 mètrescomparable à celle de la Station spatiale internationale. Si elle était construite, ce serait l’une des plus grandes structures jamais conçues pour être déployées dans l’espace.

L’objectif du projet Starshade et son fonctionnement

Il existe une planète « jumelle » avec la Terre en dehors de notre système solaire? Pour répondre à cette question, la NASA a analysé le « exoplanètes« , c’est-à-dire des planètes extérieures à notre système solaire, qui orbitent autour d’autres étoiles que le Soleil. À ce jour, diverses techniques sont utilisées pour les trouver, mais pouvoir les photographier directement permettrait d’obtenir des informations encore plus détaillées.

Le problème est que le lumière réfléchie celle émise par une exoplanète peut être des milliards de fois plus faible que celle émise par l’étoile autour de laquelle elle orbite. C’est comme essayer de photographier une luciole à côté d’un phare : la lueur de l’étoile rend la planète pratiquement invisible.

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Pour surmonter cet obstacle, la NASA a conçu Starshade. Tout comme nous protégeons nos yeux de l’éblouissement du soleil en plaçant notre main devant notre visage, l’appareil Starshade devrait protéger la caméra d’un télescope de la lumière de l’étoile sans bloquer celle provenant de la planète. Se positionnant à des dizaines de milliers de kilomètres devant un télescope spatial, le dispositif Starshade, un immense panneau en forme de tournesol De la taille d’un terrain de baseball, il s’alignerait parfaitement entre le télescope et l’étoile, lui permettant d’observer directement les planètes en orbite autour de lui et d’analyser son atmosphère.

Comme transformer un terrain de baseball en fusée

Lorsqu’il est complètement ouvert, Starshade a la forme d’un tournesol et la taille d’un terrain de baseball. Transporter une structure aussi grande dans l’espace représente un défi d’ingénierie loin d’être anodin. Les ingénieurs de la NASA appellent cela le « problème de valise » : comment insérer quelque chose d’énorme dans un très petit espace, puis le rendre à nouveau énorme une fois en orbite.

La solution à ce problème a été trouvée par l’équipe de Manan Aryaprofesseur à l’Université de Stanford et expert en origami. Il utilise un motif de pliage appelé « motif clignotant » qui vous permet de réduire une surface plane en un cylindre très compact, conservant la possibilité de le déployer pleinement une fois arrivé à destination.

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Dans le cas de Starshade, le disque central est plié selon ce motif, formant une spirale vers le centre. Les pétales sont ensuite enroulés autour du noyau pour compléter la structure. L’ensemble du panneau entre ainsi dans le compartiment de la fusée et, une fois dans l’espace, s’ouvre automatiquement jusqu’à prendre la forme caractéristique du tournesol.

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Une technologie encore en développement

Starshade est une technologie toujours en développement. Selon une étude publiée en février 2026 dans Nature Astronomy, le prochain objectif serait de créer une version avec un diamètre d’environ 99 mètresd’une taille comparable à celle de la Station spatiale internationale, qui sera testée en orbite terrestre. La recherche, à laquelle ont également participé les lauréats du prix Nobel John Mather et Michel Mayor, a montré qu’un Starshade de cette taille pourrait nous permettre d’observer directement des planètes en dehors du système solaire en utilisant trois des plus grands télescopes au sol. Par ailleurs, en mars 2026, un groupe d’une trentaine d’experts s’est réuni au Keck Institute for Space Studies du California Institute of Technology pour définir la voie technologique nécessaire pour transformer le projet en une éventuelle future mission spatiale.