Les États-Unis et la Chine sont en tête, mais la course n’aura pas un seul vainqueur

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

fusion nucléaire elle est souvent décrite comme le « Saint Graal » de l’énergie : propre, sûre, potentiellement illimitée et sans déchets à vie longue. Elle est néanmoins particulièrement difficile à réaliser : il faudrait reproduire sur Terre des conditions extrêmes de température et de pression, similaires à celles du noyau solaire, pour vaincre la répulsion entre les noyaux et les forcer à fusionner.

Toutefois, ces dernières années, le compétition mondiale être le premier à construire un réacteur commercial. États-Unis Et Asie — en particulier la Chine, la Corée du Sud et le Japon — investissent des milliards pour transformer un rêve scientifique en un technologie industrielle. Mais qui est en avance et où se situe l’Europe ?

La situation aux États-Unis

Le États-Unis mener la course d’un point de vue scientifique et industriel avec :

  • Installation nationale d’allumage (NIF): en 2022, la réaction a produit plus d’énergie que n’en dégageait le chauffage du plasma avec des lasers. Une réalisation historique, bien qu’encore loin d’une usine commerciale ;
  • Diverses start-up eiinvestissements privés pour plus de 6 milliards de dollars levés, selon la Fusion Industry Association ;
  • Différentes approches tels que le Tokamak, la fusion inertielle, la fusion magnétique avancée, la fusion cible à pellets.

Le Département américain de l’énergie au sein du « Vision décennale audacieuse pour l’énergie de fusion commerciale » déclare que les États-Unis visent à accélérer le développement de nouveau approches technologiques à la fusion et à créer une usine prototype au début des années 1930.

véritable bilan de fusion

Les projets démarrés en Aest

À ce jour le Chine c’est le pays qui investit le plus dans les fusions publiques. Par exemple, le projet EST (Experimental Advanced Superconducting Tokamak) a établi des records mondiaux de confinement du plasma, tels que 1 056 secondes opération stable en 2023. La Chine est également parmi les partenaires les plus actifs de ITERle grand réacteur international en construction en France.

Corée du Sud avec le projet KSTAR il a atteint des températures de 100 millions de degrés pendant 48 secondes, une réalisation cruciale pour la stabilité du plasma.

Le Japonavec JT-60SAa lancé l’un des tokamaks les plus avancés au monde en 2023.

L’Asie s’appuie sur de vastes infrastructures publiques, sur la continuité du financement et sur des progrès progressifs et réguliers.

Le point sur l’Europe

L’Europe reste également l’un des centres scientifiques sur la fusion les plus avancés au monde, grâce à un réseau de recherche très structuré et des investissements publics stables. Le cœur du système est EUROfusionun consortium scientifique coordonnant plus de 26 pays.

Par exemple, au Royaume-Uni, des années 1980 jusqu’en 2023, le tokamak expérimental était opérationnel. JET (Joint European Torus), dans le but de vérifier les solutions physiques et techniques nécessaires aux projets futurs.

L’Europe est le principal bailleur de fonds du projet ITERqui servira à démontrer la possibilité de produire plus d’énergie que n’en consomme le processus de fusion. Nous voulons ensuite arriver au premier réacteur de démonstration, DÉMO (DEMOnstration Power Plant), pour produire de l’électricité.

La fusion nucléaire, qui a aujourd’hui l’avantage

Dans USA il existe une approche rapide et compétitive, avec de nombreuses startups et technologies alternatives, souvent installées dans la Silicon Valley. Dans Asie il existe une approche différente, plus étatique et centralisée, basée sur des tokamaks ayant une longue tradition et un historique de stabilité. Les États-Unis et l’Asie visent un prototype commercial d’ici 2035-2040. Tous deux considèrent la fusion comme réponse stratégique à la sécurité énergétique et à la décarbonation. Les États-Unis, la Chine, la Corée du Sud et le Japon participent au projet ITERaux côtés de l’Inde, de la Russie et de l’Union européenne.

Aujourd’hui, il n’existe pas de véritable « leader absolu ». Les États-Unis dominent en matière d’innovation privée et de diversité technologique ; L’Asie pour la continuité, les records expérimentaux et la capacité à construire de grands projets. La fusion ce ne sera pas une course avec un seul vainqueur: lorsqu’il arrivera à maturité, il sera le résultat d’un écosystème global. Plus les pays y travaillent, plus les investisseurs financent la recherche et le développement technologique, plus vite cela pourra devenir réalité et contribuer au mix énergétique du futur.