Le Parlement européen en Italie : "Il devra « dé-abolir » le crime d’abus de pouvoir"

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Le Parlement européen a approuvé la nouvelle directive anti-corruption, dans le but d’harmoniser les lois pénales entre les États membres et de renforcer la lutte contre les délits liés à l’administration publique. Parmi les dispositions figure l’introduction dans tous les États membres du délit d’abus de fonction, un délit aboli en Italie par la réforme Nordio et qui devra désormais être réintroduit.

C’est la porteuse du texte, la libérale néerlandaise Raquel Garcìa Hermida-Van Der Walle, qui a expliqué que notre pays « devra obligatoirement criminaliser au moins deux des délits les plus graves qui relèvent de l’abus de pouvoir ». Si « le délit d’abus de fonction a été aboli, il faudra l’abolir », a soutenu le rapporteur.

« Si je vois les votes au sein du Conseil de l’UE, l’Italie a voté en faveur de ces règles. J’espère donc que la directive sera appliquée », a également déclaré la présidente de la Chambre européenne, Roberta Metsola.

La nouvelle directive vise à réduire les différences entre les législations nationales, qui sont considérées depuis des années comme une vulnérabilité pouvant être exploitée par le phénomène de corruption. La directive introduit des normes minimales communes et prévoit l’adoption de sanctions plus homogènes pour les délits de corruption.

Le texte laisse cependant des marges d’appréciation aux États dans la transposition, notamment dans certains cas précis. Lors de la conférence de presse qui a suivi le vote, le président Metsola a revendiqué la portée de la réforme, affirmant que la directive « harmonise le droit pénal pour lutter contre la corruption ». « Pendant trop longtemps, la législation a été fragmentée et les différences entre les États pourraient être exploitées, permettant à la corruption de persister. Nous établissons désormais des normes communes et introduisons des peines minimales et des règles claires appliquées de manière cohérente dans toute l’Europe », a-t-il ajouté.

Le message du président est clair : « Il n’y a pas de place pour la corruption dans notre Europe ». La directive devra maintenant être formellement adoptée par le Conseil de l’UE et ensuite mise en œuvre par les États membres.