La naissance d’une nouvelle croûte océanique observée pour la première fois : l’éruption de 160 millions de m3 de lave

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Une équipe de chercheurs a pu observer pour la première foisen temps réel, la formation des nouvelle croûte terrestre au fond de l’océan. L’événement s’est déroulé le long de la dorsale océanique sud-est qui traverse leOcéan Indien et qui sépare la plaque Antarctique de la plaque australienne. Les savants ont pu l’observer grâce à des instruments spéciaux installés sur les fonds marins quelques mois plus tôt. Des fractures qui s’étendent le long de l’axe de la crête se sont échappées 160 millions de mètres cubes de lave dans seize jours. Une éruption d’une ampleur énorme qui se produit le long des crêtes à environ tous les 40 ans et cela en a produit un naufrage de 4,2 m le long de la crête de la crête. Les observations, très importantes pour mieux comprendre ce processus géologique complexe, sont rapportées dans l’étude du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) de Brest, France, publiée dans la revue Nature.

Ce qui s’est passé le long de la dorsale de l’océan Indien : la nouvelle croûte océanique

Nos océans sont traversés de manière transparente par un système de dorsales médio-océaniques d’une longueur d’environ 65 000 km; ces reliefs sous-marins constituent le limites entre les plaques lithosphériques qui s’éloignent les uns des autres. A leur sommet s’étend une profonde dépression pouvant atteindre 50 km de large : la vallée du rift. Le long de cette dépression, les contraintes de relaxation ouvrent des fissures d’où émerge le magma et s’élève du manteau terrestre sous-jacent. En surface, la lave se dilate latéralement, se refroidit et se solidifie, formant nouvelle croûte océanique; celui-ci pousse vers l’extérieur la croûte plus ancienne présente sur les côtés de la dorsale, qui, avec le temps, finira par s’enfoncer en correspondance avec les fosses océaniques.

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Ce mécanisme par lequel les fonds marins se dilatent et qui génère env. les deux tiers de la croûte terrestre on le sait depuis les années 1960, mais jusqu’à présent la formation de nouvelle croûte sur les fonds marins n’avait jamais été observée. Ce qui a rendu cela possible a été l’installation au fond de l’océan en février 2024 de systèmes avancés. outils de surveillance qui permettent d’intercepter les ondes sonores générées par les tremblements de terre et de mesurer les mouvements de la croûte terrestre. L’objectif des chercheurs était de mesurer les déformations très lentes qui se produisent au fil du temps le long de la crête en raison du mouvement des plaques et ils ne s’attendaient pas à l’énorme événement qui s’est produit seulement deux mois après l’installation des instruments. Le 26 avril 2024, 160 millions de mètres cubes de lave ils sont sortis de la vallée du Rift en seize jours. Les instruments ont enregistré les tremblements de terre qui ont accompagné l’éruption et ont effectué des lectures sur le fond marin. mouvements horizontaux de 2 à 4 m. L’un a été mesuré dans la vallée du Rift naufrage de 4,2 men raison de la vidange du réservoir magmatique présent sous la crête.

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L’importance de l’observation : ce que révèle l’éruption sur l’expansion des fonds marins

Malgré des décennies d’études sur la tectonique des plaques, tous les détails des mécanismes affectant les plaques lithosphériques ne sont pas encore connus aujourd’hui. Par exemple, nous savons que le Plaque antarctique et plaque australienne le long de la crête de l’océan Indien, ils s’éloignent les uns des autres environ 6 cm par an. Ces données pourraient suggérer une expansion très lente et progressive des fonds marins. En réalité, l’événement observé témoigne que lel’expansion des fonds marins n’est pas continuemais cela arrive soudainement.

Les efforts de relaxation provoqués par l’éloignement des plaques au niveau de la crête « étirent » la lithosphère, qui devient plus fine et accumule des tensions même depuis des décennies. Puis soudain surviennent ces éruptions massives qui peuvent durer des heures, voire des mois selon la vitesse à laquelle le magma monte et sa quantité. Le déplacement qui a été enregistré lors de cette éruption était énormément plus rapide des quelques centimètres annuels théoriquement prévus.

De plus, la réduction des contraintes a généré des failles le long desquelles des tremblements de terre superficiels se sont produits, mais les instruments ont révélé que l’activité sismique était beaucoup moins intense que ce à quoi on aurait pu s’attendre. Toutes ces nouvelles données montrent à quel point nos connaissances sur le sujet sont encore limitées et apportent une contribution fondamentale à notre compréhension des processus tectoniques.