comment lire les données de la NOAA sur les risques pour la Terre

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay
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Après que la NOAA ait averti d’unéjection de masse coronale (CME) produit par le Soleil le 1er février dernier et associé à un Fusée de classe X8.1 (classe la plus élevée), plusieurs gros titres ont commencé à se répandre faisant état de l’arrivée prévue le 5 février d’une « tempête solaire dont les effets sur Terre pourraient être « puissants » ».

Celle qui arrive, cependant, n’est pas une tempête solaire (un terme journalistique utilisé à tort), mais une tempête géomagnétiquec’est-à-dire une perturbation du champ magnétique terrestre provoquée par l’activité du Soleil. Selon les prévisions, en effet, le 5 février 2026, la Terre sera atteinte par un tempête géomagnétique « mineure », catégorie G1 (le plus bas sur une échelle allant de G1 à G5). En bref, rien de catastrophique ou de dangereux pour notre planète : il suffit de penser que la dernière tempête géomagnétique qui a frappé la Terre, survenue le 20 janvier il y a à peine deux semaines, a atteint la catégorie G4, mais n’a pas généré de risques pour la population.

Alarmismec’est donc injustifié et il n’y a rien à craindre : il faut juste savoir lire les données pour confirmation. Voyons donc comment sont interprétées les prévisions de la NOAA (Administration nationale océanique et atmosphérique) et s’il y a une chance de voir des aurores boréales en Italie.

Tempête géomagnétique G1 à venir : quels sont les vrais risques

Pour comprendre quels sont les risques éventuels en cas de tempête géomagnétique de classe G1, la première chose à faire est de consulter la page officielle de la NOAA, qui contient toutes les données et prévisions sur les conditions météorologiques spatiales.

À ce stade, en consultant la fiche également présentée ci-dessous, on comprend mieux la dynamique des événements : le 1er février 2026, une éruption solaire de classe X8.1 a été enregistrée – la classe d’intensité la plus élevée – à partir de tache solaire AR4366. L’éruption n’est rien de plus qu’une libération soudaine d’énergie (qui était auparavant stockée dans le champ magnétique du Soleil) sous forme de rayonnement électromagnétique énergétique.

À ce stade, sur la page de la NOAA, nous pouvons consulter les prévisions qui, pour le moment, indiquent une tempête géomagnétique de classe G1 pour le 5 février.

prévisions de tempête

Ce type d’événement pourrait provoquer faibles fluctuations du réseau électrique, avec un possible impact moindre sur les opérations satellitaires. Bref, l’arrivée de la tempête pourrait avoir des possibilités effets minimes sur les réseaux électriques et de télécommunications.

Les acronymes R1-R2 indiquent cependant respectivement la possibilité de pannes mineures (catégorie R1) ou modérées (R2) sur échelle localetandis que R3-R5 la possibilité de black-out intense (catégories R3, R4 ou R5). Techniquement, le risque d’une panne de courant ne peut donc pas être complètement exclu, mais cette probabilité ne justifie pas les gros titres alarmistes.

Il faut dire cependant que les prédictions dans ce cas sont particulièrement difficiles à faire et il n’est pas certain qu’elles se révèlent exactes : il est donc possible que les paramètres mesurés par la NOAA évoluent au fil des heures.

Les chances de voir les aurores boréales depuis l’Italie

Mais alors, sera-t-il possible de revoir les aurores boréales depuis l’Italie ? Disons-le tout de suite : les chances sont presque nulles.

En effet, la perturbation du champ magnétique terrestre est mesurée avec un paramètre appelé Indice Kpqui va de 0 à 9 : sur la base de cette valeur, la NOAA établit la catégorie d’intensité de la tempête géomagnétique, de G1 (mineure) à G5 (extrême).

Les tempêtes géomagnétiques de ces dernières années ont montré qu’à nos latitudes, il est possible d’observer des phénomènes auroraux (tels que des aurores rouges ou des arcs auroraux) avec un indice Kp de 7. Les prévisions indiquent cependant que lors de l’événement du 5 février, l’indice atteindra une valeur maximale de Kp 5. Les aurores boréales ne devraient donc être visibles qu’aux latitudes les plus élevées.

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Cependant, les prévisions peuvent changer ou s’avérer incorrectes, comme nous l’avons dit plus haut : pour se former, en effet, les aurores ont non seulement besoin de perturbations géomagnétiques suffisantes, mais aussi du bon alignement entre le flux de particules expulsées du Soleil et le champ magnétique de notre planète. Il ne nous reste plus qu’à attendre et voir si nous aurons de la chance !