Le mystère du passage d’Hannibal à travers les Alpes résolu : une étude d’Oxford confirme Colle delle Traversette

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Quel chemin a-t-il suivi ? Hannibal traverser les Alpes en 218 avant JC? La question accompagne les historiens depuis des millénaires et continue de susciter des débats. Une nouvelle étude publiée dans Actes de l’Académie nationale des scienceshébergé par Emilio Berti de l’Université de Jena, en Allemagne et de Fritz Vollrath de l’Université d’Oxford, au Royaume-Uni, aborde le problème sous un angle nouveau, celui du coût énergétique supporté par l’armée carthaginoise lors de la traversée, révélant que seul le col Colle delle Traversette aurait permis au général carthaginois d’amener 37 éléphants en Italie.

Les auteurs ont développé un modèle biomécanique pour estimer laénergie nécessaire aux hommes, aux chevaux et aux éléphants pour aborder les principaux cols alpins proposés au fil des années par les chercheurs. L’analyse a pris en compte des facteurs tels que la pente, la distance, l’altitude et la masse des animaux, évaluant l’impact de chaque itinéraire sur les réserves énergétiques de l’armée. Les résultats indiquent que le Colle delle Traversettedans les Alpes Cotiennes entre la France et l’Italie, représente l’itinéraire le plus compatible pour une expédition de cette envergure. Selon les calculs, le franchissement de ce col aurait nécessité une quantité d’énergie entre 11 et 19% inférieur par rapport aux autres itinéraires analysés, ce qui en fait le choix le plus efficace d’un point de vue physiologique.

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L’un des aspects les plus intéressants de l’étude concerne la les éléphantsprotagonistes du célèbre exploit d’Hannibal. Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, les maquettes montrent comment ces animaux auraient vécu la traversée. cdes conditions relativement meilleures que celles des soldats. Grâce à leur cohérence réserves de graisse corps et l’efficacité de locomotion quadrupèdeles éléphants n’auraient consommé qu’une petite partie de leurs réserves énergétiques, tandis que les fantassins auraient subi un effort proportionnellement bien plus important. Cela ne veut pas dire que la traversée a été facile. Des sources anciennes décrivent des conditions climatiques difficiles, un terrain accidenté et de nombreuses pertes parmi les humains et les animaux. Cependant, selon les auteurs, le facteur limitant n’aurait pas été représenté par les éléphants, mais par la capacité de l’armée carthaginoise à soutenir une marche aussi exigeante dans un environnement montagneux.

L’étude ne prétend en aucun cas résoudre définitivement le débat sur le chemin suivi par Hannibal, mais introduit une nouveau critère quantitatif dans le débat. En intégrant des données historiques, topographiques et biomécaniques, les chercheurs ont démontré comment l’analyse de la consommation d’énergie peut aider à évaluer plausibilité des différents itinéraires. La recherche représente donc un premier exemple de approche interdisciplinaire appliqué à l’histoire ancienne. L’union entre l’archéologie, la physiologie animale et la modélisation mathématique offre de nouveaux outils pour aborder des questions historiques encore ouvertes, en combinant les sources littéraires et archéologiques traditionnelles avec les données obtenues des sciences biologiques modernes.