Comment le « train » protège le sprinteur du Tour de France : jusqu’à 40% d’énergie économisée au sprint

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Quand on voit un sprinter En remportant une étape du Tour de France, une course qui en est à sa 113ème édition et qui se déroule cette année en 21 étapes du 4 au 26 juillet au départ de Barcelone et en arrivant à Paris, l’impression est que tout se joue dans les dernières secondes. En réalité, le sprint final est le résultat d’un mécanisme collectif précis qui s’active à environ 10 km de la ligne d’arrivée : le « former« . C’est une séquence de coéquipiers qui, pédalant à plus de 55 km/h, protège le leader du frottement de l’air lui permettant de économiser plus de 40 % d’énergie en fonction de la position, puis lancez-le dans les 200 derniers mètres. Découvrons la physique et la stratégie derrière la bataille pour la position dans la course cycliste la plus célèbre du monde.

Qu’est-ce qu’un train sprint en cyclisme et comment ça marche

Dans les étapes plates du Tour de France, les équipes des meilleurs sprinteurs construisent ce qu’on appelle « former« , une formation de coureurs équipiers alignés devant leur leader, le sprinteur, dans les derniers kilomètres d’un sprint.

Les coéquipiers ont pour tâche de maintenir un rythme élevé pour empêcher les adversaires d’avancer, d’éloigner leur sprinteur des chutes et de le protéger du vent, lui permettant d’économiser de l’énergie. L’étude scientifique « Traînée aérodynamique dans les pelotons cyclistes : nouvelles perspectives grâce à la simulation CFD et aux essais en soufflerie » prouvé que au cœur du groupe, la résistance de l’air est réduite jusqu’à 95%tout en restant derrière un seul compagnon dans le « train » permet d’économiser environ 40% de l’énergie. C’est un travail extrêmement coûteux : chaque coureur donne tout pendant quelques minutes et, une fois son travail terminé, il se déplace latéralement et se laisse dépasser par le groupe, exactement comme une fusée à plusieurs étages.

Il n’y a pas de schéma identique pour toutes les équipes, mais approximativement 7-10km dès l’arrivée, les trains commencent à avancer régulièrement devant le groupe. Dans cette phase, je grégaire ils s’efforcent de tenir bon et d’empêcher les autres équipes de prendre le contrôle. À mesure que l’on se rapproche de la ligne d’arrivée, les vitesses s’élèvent progressivement au-dessus 55km/h et les changements deviennent plus courts.

Dans le 500 derniers mètres approximativement, le soi-disant prend le commandement dernier hommele rôle le plus délicat de tout le sprint. Il doit lancer le sprinter à la bonne vitesse et au bon moment, sans l’exposer trop tôt au vent.

Le chef est alors laissé entre 150 et 250 mètres de la ligne d’arrivée. À partir de ce moment, c’est un défi individuel : celui qui occupe la meilleure position et parvient à maintenir la vitesse la plus élevée jusqu’à la ligne finale gagne.

Pourquoi les sprinteurs sont assis si bas sur le vélo

En observant un sprint, on remarque immédiatement une caractéristique commune à tous les sprinteurs : un position extrêmement aérodynamiquela tête basse, les coudes fléchis et le torse presque parallèle au sol. À plus de 65 km/h l’ennemi numéro un est la résistance de l’air et réduire la surface exposée au vent de quelques centimètres seulement peut faire la différence entre gagner et terminer deuxième.

Pour la même raison, les sprinteurs tentent de rester dans la zone le plus longtemps possible piste de compagnons. Ceux qui sont au volant doivent produire beaucoup moins de puissance que ceux qui font face directement à l’air. Cela permet au sprinter de conserver une énergie précieuse à utiliser dans les dernières secondes.

Aussi le vent cela peut complètement changer un sprint. S’il souffle contre vous, le risque de partir trop tôt et de se faire rattraper par quelqu’un venant de derrière augmente considérablement.

Enfin, lorsque l’arrivée est particulièrement difficile, entre en jeu ce qu’on appelle accident vasculaire cérébralun mouvement avec lequel le coureur pousse son vélo et ses épaules vers l’avant sur la ligne d’arrivée. Dans un sprint décisif de quelques centimètres, ce geste peut suffire à précéder l’adversaire et remporter la victoire. C’est ce qui s’est passé lors de Milan-Sanremo 2026, où Tadej Pogacar a pris le dessus sur Tom Pidcock grâce au tir final, au terme d’un sprint très serré.

La guerre des roues : que font les sprinteurs sans train

Toutes les équipes ne disposent pas d’un train aussi solide que ceux des grandes équipes du WorldTour. Dans ces cas, il est fondamental prends la bonne roue. En effet, les sprinteurs sans équipe propre tentent de se positionner derrière le sprinteur considéré comme le plus fort, pour profiter du travail de son équipe et arriver lancés au moment décisif.

C’est là que le chaos typique des derniers kilomètres. Des dizaines de coureurs tentent de conquérir les mêmes positions en même temps. Changements continus dans le résultat de la trajectoire, contacts entre les épaules et le guidon qui se touchent. À des vitesses supérieures à 60 km/h, perdre une seule roue peut signifier passer d’une chance de victoire à une arrivée anonyme. C’est à ces moments-là que la plupart des le groupe tombeprécisément parce que la densité de cyclistes par mètre carré atteint son maximum sur toute l’étape.

À quelle vitesse ils vont : vitesses comprises entre 65 et 70 km/h

Dans les phases finales des étapes de plat, les meilleurs sprinteurs atteignent régulièrement des vitesses entre 65 et 70 km/h. Dans des conditions particulièrement favorables, nous pouvons aller encore plus loin : en 2025 Matteo Moschetti l’a touché 83km/h sur l’AlUla Tour, profitant d’un tronçon en légère descente et d’un vent favorable.

La puissance développée dans les dernières secondes de la course est également impressionnante. Les sprinteurs les plus forts peuvent en effet toucher le 2000 wattsquantité d’énergie comparable à celle absorbée par un four électrique domestique allumé à puissance maximale. Et tout cela après avoir parcouru plus de 150 kilomètres et passé des heures en selle.