Dans le Bibliothèque Laurentienne de Florence revient à la lumière manuscrit avec un calendrier de l’année 813. Jusqu’ici rien d’exceptionnel, si ce n’était un détail assez important : il quantifie et corrige un écart de trois jours entre le calendrier julien et l’année solaire. Une étude de Francesco Vizza de CNRavec le soutien de Giuseppe Giari, archiviste de l’Opéra de Santa Maria del Fiore, a démontré que ce calendrier plaçait les dates liturgiques à côté de celles des phénomènes astronomiques réels, indiquant une différence de trois jours. Il s’agirait à ce jour de la plus ancienne attestation de connaissance deErreur du calendrier julien 7 siècles avant que la question ne soit résolue avec la réforme grégorienne de 1582.
Le calendrier juliendéveloppé par Sosigène d’Alexandrie et introduit par Jules César en 46 avant JC, attribuait 365 jours et quart à l’année. Il était inexact d’environ 11 minutes par rapport à l’année solaire réelle. L’erreur s’accumule donc avec le temps : à partir de l’année 325c’est-à-dire depuis le moment où le concile de Nicée avait fixé la date de l’équinoxe de printemps au 21 mars, jusqu’à813, l’écart avait atteint environ trois jours.

Le manuscrit le documente : le 18 mars est noté comme le jour où le Soleil entre en Bélier, c’est-à-dire le véritable équinoxe astronomique, tandis que le 21 mars porte l’indication Équinoctiumdate du calcul ecclésiastique. La même avance de trois jours apparaît pour tous les autres équinoxes et solstices. Les compilateurs du manuscrit l’ont quantifié avec un résultat en accord avec ce que calcule l’astronomie moderne pour le début du IXe siècle.
Le calendrier a été trouvé dans un sacramentaire deOpéra Cathédraledéjà signalé dans 1757 par l’astronome jésuite Léonard Ximénèsmais jamais suffisamment valorisé. La découverte remonte de quatre siècles la pleine prise de conscience de l’écart temporel du calendrier, jusqu’ici attribuée au XIIIe siècle, et précède de trente ans un calendrier similaire provenant de l’abbaye de Prüm en Allemagne. La correction définitive n’arrivera qu’en 1582 avec la réforme grégorienne, mise en œuvre par Luigi Lilio, qui donna naissance au calendrier que nous utilisons encore aujourd’hui.