X (encore) dans le viseur de l’Union européenne : Bruxelles ouvre une enquête sur les deepfakes sexuels de Grok

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Bruxelles semble avoir trouvé le moyen de mettre fin aux fonctionnalités de Grok, le système d’intelligence artificielle X, capable d’aider des millions d’utilisateurs à déshabiller virtuellement des photos de vraies femmes et de filles mineures sans leur consentement. Et cet outil est le Digital Services Act (DSA), le règlement adopté en 2022, qui vise à rendre l’espace numérique plus sûr.

La Commission ouvre une enquête sur X pour Grok

Les autorités européennes ont annoncé aujourd’hui 26 janvier que X faisait l’objet d’une enquête pour une possible violation de la loi sur les services numériques, estimant que l’entreprise n’avait pas géré de manière adéquate les « risques systémiques » liés à l’intégration du chatbot d’intelligence artificielle Grok au sein de la plateforme. Depuis fin décembre, le service a été inondé d’images sexuellement explicites générées par Grok – y compris des représentations de mineurs -, suscitant les critiques des victimes, des organisations de la société civile et des régulateurs du monde entier. Au cours de l’analyse, en effet, Bruxelles évaluera également les risques liés à la diffusion de contenus illégaux dans l’UE, tels que des images sexuellement explicites manipulées, y compris des contenus pouvant constituer du matériel d’abus sexuel sur des enfants. « De tels risques semblent s’être matérialisés, exposant les citoyens de l’UE à de graves préjudices », a déclaré l’exécutif européen dans un communiqué.

Sur X, seuls les utilisateurs abonnés pourront désormais utiliser Grok pour créer des images sexualisées et violentes

Elon Musk et son réseau social s’étaient déjà retrouvés dans le viseur des autorités européennes avant la dernière polémique liée à Grok, dans le cadre d’une série de procédures initiées par Bruxelles pour vérifier le respect des règles européennes sur les services numériques. Le 18 décembre 2023 déjà, la Commission avait engagé une procédure contre Pour d’autres violations – notamment l’utilisation trompeuse de coches bleues, la mauvaise transparence publicitaire et l’accès insuffisant aux données pour les chercheurs – Bruxelles a déjà adopté une décision de non-conformité le 5 décembre 2025, infligeant une amende de 120 millions d’euros à X.

La procédure formelle entamée en décembre 2023 a été prolongée

Mais les autorités européennes ont désormais prolongé la procédure formelle lancée en décembre 2023 pour vérifier si X a correctement identifié et atténué tous les risques systémiques associés à ses systèmes de recommandation. L’enquête couvre également l’impact du passage récemment annoncé à un système de recommandation basé sur Grok. Toute lacune, si elle était confirmée, constituerait une violation de la loi sur les services numériques.

L’organe exécutif européen n’a pas fourni de calendrier précis sur la durée de l’enquête, mais a déclaré qu’il avait le pouvoir d’ordonner à X d’apporter des modifications au cours de l’enquête en « absence d’ajustements significatifs » du service. Au cours de l’enquête, Bruxelles continuera à collecter des preuves par le biais de demandes d’informations, d’entretiens et d’inspections et pourra prendre des mesures provisoires en l’absence de mesures correctives adéquates. A l’issue de la procédure, la Commission pourra rendre une décision de non-conformité ou accepter tout engagement présenté par

Selon toute vraisemblance, l’enquête rendra plus tendues les relations entre l’Union européenne et les États-Unis, qui évoluent également sur le champ de bataille de la régulation des contenus en ligne. Musk et ses alliés de l’administration Trump ont sévèrement critiqué la réglementation d’Internet dans l’Union européenne, la qualifiant d’attaque contre la liberté d’expression et les entreprises américaines. Ces dernières années, les attaques du milliardaire sud-africain contre l’UE qui, selon Musk, devraient être supprimées, n’ont pas manqué.

Elon Musk sans freins : « L’UE est pratiquement le quatrième Reich ». Et j’ai placé une croix gammée