Un crâne humain vieux de plus de 200 000 ans découvert en Espagne : rouvre le débat sur l’évolution en Europe

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Espagne se confirme comme l’une des régions européennes les plus intéressantes pour l’étude des populations humaines anciennes, avec une nouvelle découverte remontant à plus de 200 000 ans : un fragment de crâne humain trouvé sur le site archéologique de Ruideraen Castille-La Manche, au centre-sud de l’Espagne, offre de nouvelles informations sur les populations qui habitaient l’Europe au cours de la Pléistocène moyen (il y a 900 000 à 130 000 ans) et l’évolution humaine. Décrit dans une nouvelle étude publiée dans Journal de l’évolution humaineavec D. García-Martínez comme leader, dans le cadre du programme Primeros Pobladores du Haut Guadiana (PPAG), la découverte, appelée RVH-1, représente le premier fossile humain découvert dans le gisement – le premier en dehors du site d’Atapuerca – et contribue à combler une lacune dans la documentation paléoanthropologique du sud de la péninsule ibérique.

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Le fossile est constitué d’une partie du pariétal gaucherécupéré dans des sédiments datés d’une date plus ancienne que celle Il y a 200 000 ans grâce à une combinaison de méthodes géochronologiques. Bien que la découverte soit fragmentaire, son état de conservation a permis une analyse détaillée de la morphologie externe et interne, de l’épaisseur de l’os et de l’organisation des empreintes laissées par les vaisseaux sanguins de la méninge. Des comparaisons avec de nombreux fossiles européens montrent que RVH-1 présente une grande variété de caractéristiques. Certaines caractéristiques rappellent des populations plus anciennes du Pléistocène moyen, tandis que d’autres sont partagées avec des découvertes ultérieures. Cette combinaison ne permet pas d’attribuer avec certitude le fossile à une espèce humaine spécifique, mais elle confirme la grande diversité anatomique qui caractérisait les hominidés européens avant l’émergence des Néandertaliens.

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Les auteurs insèrent cette découverte dans le débat connu sous le nom de « embrouiller au milieu« « confusion au milieu« , expression avec laquelle les paléoanthropologues décrivent la complexité des populations qui y vivaient il y a entre 500 000 et 200 000 ans. Dans cet intervalle chronologique, en effet, de nombreux fossiles européens montrent différentes combinaisons de caractères primitifs et innovants, ce qui suggère que l’évolution ne s’est pas produite de manière linéaire ou uniforme dans les différentes régions du continent. L’étude met également en valeur la valeur du site de Ruidera. Jusqu’à présent, la zone avait principalement livré des restes fauniques et des traces d’activités humaines, mais les fossiles attribuables au genre manquaient. Homo. La découverte de RVH-1 démontre que le site recèle un potentiel important pour reconstruire la présence humaine dans le sud-ouest de l’Europe au cours d’une phase cruciale de l’évolution.

Selon les auteurs, ils seront nécessaires nouvelles fouilles et autres découvertes pour mieux comprendre leidentité biologique de ces groupes humains. Cependant, le fossile de Ruidera renforce déjà aujourd’hui l’idée selon laquelle le Pléistocène moyen européen était peuplé de communautés beaucoup plus hétérogènes qu’on ne le pensait auparavant et que l’histoire évolutive des Néandertaliens était le résultat d’un processus complexe, articulé et régional.