Sur quelles connaissances Christophe Colomb fondait-il ses voyages en Amérique ? Non, pas à propos de Galileo Galilei

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Galiléemalgré les récentes déclarations du ministre de la Culture Sangiuliano, n’a pas inspiré Christophe Colomb partir pour les Indes (qui se sont révélées plus tard être l’Amérique), également parce qu’il a vécu de nombreuses années après Colomb : il est né en 1564, alors que le navigateur génois était mort depuis plus de cinquante ans. Le navigateur génois fondait son voyager en Amérique notamment sur les études d’un cartographe et mathématicien toscan, Paolo dal Pozzo Toscanelli, qui en 1474 (18 ans avant la « découverte » de l’Amérique, survenue en 1492) avait émis l’hypothèse de la possibilité d’atteindre l’Est en naviguant vers l’Ouest. Colomb, en effet, n’avait pas pour objectif de découvrir un nouveau continent, mais de l’atteindre à travers l’Atlantique. côtes d’Asie, qu’il croyait plus proches de l’Europe qu’ils ne l’étaient en réalité. Indirectement, les voyages de Colomb s’inspirent également de Géographie par Claude Ptoléméeune œuvre du IIe siècle après JC que Toscanelli avait utilisée et, peut-être, du planisphère dessiné par le cartographe Henri Martello. Par ailleurs, le navigateur génois était un lecteur attentif du Million par Marco Polo, d’où il tira sa connaissance de l’Orient. Approfondissons les sources et les connaissances de Colomb avant le départ.

Les objectifs de Colomb : atteindre l’Est en naviguant vers l’Ouest

Colomb, comme nous le savons, il a découvert l’Amérique par hasard. Son objectif était d’atteindre l’Est en naviguant vers l’Ouest et précisément pour atteindre cet objectif, il avait obtenu un financement pour son premier voyage auprès du Royaume de Castille. La reine Isabelle, en effet, souhaitait trouver une nouvelle route vers les Indes, afin de vaincre la concurrence commerciale des Portugais.

Les voyages de Colomb (crédits Phirosiberia)
Les voyages de Colomb (crédits : Phirosiberia)

Colomb, cependant, avait j’ai mal calculé les distances: Il pensait que l’Asie se trouvait à environ 4 400 kilomètres des îles Canaries, alors que la distance réelle est environ cinq fois plus grande. À l’époque de Colomb, il n’existait aucun navire capable de parcourir les 20 000 km qui séparent l’Espagne des côtes asiatiques, notamment parce qu’aucun navire ne pouvait transporter toutes les fournitures nécessaires à l’équipage. Colomb et ses marins seraient donc morts dans l’océan si, à l’endroit où ils imaginaient trouver le Cipango (nom avec lequel Marco Polo appelait le Japon), n’avait pas trouvé d’autre terre : l’Amérique. Mais pourquoi Colomb était-il convaincu qu’il pouvait atteindre l’Est en naviguant vers l’Ouest et pourquoi a-t-il commis une erreur de calcul ?

Connaissances géographiques de l’époque de Colomb

Au XVe siècle, lorsque Christophe Colomb vivait, la connaissance que la Terre était sphérique était répandue parmi tous les peuples cultivés. La sphéricité de la Planète avait été émise depuis l’Antiquité et au 3ème siècle avant JC un scientifique, Ératosthène de Cyrèneil avait pu calculer sa circonférence avec une précision raisonnable.

Ératosthène de Cyrène
Ératosthène de Cyrène

Une œuvre du IIe siècle après JC était également connue des érudits de la fin du Moyen Âge et du début de l’ère moderne, le Géographie du scientifique Claude Ptolémée, qui, contrairement à Eratosthène, avait commis une erreur dans l’évaluation des distances, estimant que la planète était plus petite qu’elle ne l’était réellement. L’étude de Ptolémée – qui, au-delà de l’erreur de calcul, fut fondamentale pour la naissance de la géographie moderne – fut redécouverte en Europe entre le XIVe et le XVe siècle.

Les sources d’inspiration de Colomb

Cependant, la principale source d’inspiration de Christophe Colomb n’était pas Ptolémée, mais le mathématicien et cartographe Paolo dal Pozzo Toscanelliné à Florence en 1397 et mort à Pise en 1482.

Paolo dal Pozzo Toscanelli
Paolo dal Pozzo Toscanelli

Toscanelli avait créé un planisphère basé sur la Géographie de Ptolémée et avait soutenu, dans un lettre de 1474 au chanoine portugais Fernan Martins, que pour atteindre plus rapidement les Indes, il fallait traverser l’Atlantique vers l’ouest. Toscanelli, à la suite de Ptolémée, croyait que la distance entre l’Europe et l’Asie était plus courte que la distance réelle.

Les théories du cartographe florentin étaient bien connues de Colomb, au point qu’il retranscrivit la lettre à Martins sur les pages blanches d’un livre en sa possession. Colomb a donc puisé chez Toscanelli à la fois l’idée d’atteindre l’Est à travers l’Atlantique et l’erreur de calcul.

Peut-être Colomb avait-il aussi vu le planisphère dessiné en 1491 par l’Allemand. Heinrich Marteau (Italianisé comme Enrico Martello), qui à son tour « raccourcissait » la distance entre les côtes asiatiques et l’Europe, et d’autres cartes.

Le planisphère d'Enrico Martello
Le planisphère d’Enrico Martello

Mais pour connaître l’Asie et l’Orient, le navigateur s’est appuyé sur l’œuvre du plus célèbre voyageur médiéval : le Million par Marco Polo, qu’il a lu et annoté avec beaucoup d’attention. Lorsqu’il arriva dans les îles des Caraïbes, il crut se trouver dans un avant-poste du royaume du Grand Khan décrit par Polo. Cela aussi, comme nous le savons, était une erreur.