Sur les murs de Pompéi il y a des traces du polybolos, une arbalète ancêtre de la mitrailleuse : l’étude

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Sur murs au nord de Pompéientre Porta Vesuvio et Porta Ercolano, sont visibles depuis des décennies empreintes d’impact balistique remontant àsiège menée par Lucius Cornelius Sylla dans le’89 avant JCpendant la guerre sociale (un conflit civil entre Rome et certaines villes rebelles, dont Pompéi). A côté des cavités circulaires classiques réalisées par projectiles sphériquesun groupe de chercheurs de l’Université de Campanie Luigi Vanvitelli et de l’Université de Bologne a identifié un autre type de pistedécrit dans une étude publiée dans la revue Patrimoine: petites cavités quadrangulaired’environ 25 à 30 mm de diamètre, disposé en éventail le long d’un arc de cercle, avec espacement court et régulier.

Ces ensembles d’empreintes étaient les sujet de l’étude publié en février 2026, dans le cadre du Projet SCORPiò-NIDIfinancé par le ministère italien de l’Université et de la Recherche. La thèse avancée par les auteurs est que ces traces ont été produites par polyboles: un arbalète à répétition automatiquedont l’invention est attribuée à Denys d’Alexandrie, décrite au IIIe siècle avant JC par Philon de Byzance.

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Le relief a été réalisée avec une instrumentation numérique avancée : scanner laser terrestre pour le contexte général, la photogrammétrie en gros plan et scanner à lumière structurée pour cavités individuelles. Là morphologie des empreintes, c’est à dire à profil quadrangulaire, la disposition radiale, les volumes de matière enlevés par l’impact du projectile comparable entre un signe et un autre, distinguer les traces étudiées diffèrent clairement de celles produites par des projectiles sphériques (comme ceux de catapultes) ou par des fléchettes simples. L’attribution ne repose pas uniquement sur la forme, mais suranalyse de géométrie combinée, répartition spatiale et compatibilité avec les mécanismes de tir documentés.

Polybolos-Pompéi

Le point de connexion avec les sources anciennes est un passage du Belopéeique (texte décrivant le construction de machines de siège) dans lequel Philo décrit le principal limite de polyboles: les fléchettes ils ne se dispersent pasmais ils suivent une trajectoire concentrée sur un seul point, traçant un arc étroit. Cette particularité, présentée par l’auteur ancien comme un défaut tactiquecorrespond à la configuration observée par les chercheurs sur les murs de Pompéi. Le général allemand Erwin Schramm (1856-1935), qui construisit au début du XXe siècle un prototype fonctionnel de la machine en remplaçant la chaîne en bois décrite par Philo par une chaîne de vélo, il avait déjà détecté cela incapacité à se disperser de balles.

Trois groupes d’empreintes ont été analysées sous forme d’études de cas. Tous les trois sont interprétés comme tirs manqués: les fléchettes ils n’ont pas atteint l’objectif et ont laissé leur marque sur les blocs de tuf. L’emploi d’une arme à tir rapide se justifie justement par la mobilité des cibles (sans doute les archers pompéiens sur les murs) : un seul artilleur avec une arme traditionnelle n’aurait pas pu réaligner le tir avec celle-ci. précision entre un tir et un autre, et cela n’aurait pas été tactiquement rationnel d’utiliser plus de machines indépendant pour atteindre une seule cible.

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Un élément historique et contextuel est ajouté pour étayer l’hypothèse : dans 96 avant JCSilla avait tenu le rôle de gouverneur de Cilicieprovince proche de Rhodescentre d’excellence en génie militaire et dans la construction d’artillerie. Philo a probablement eu des contacts avec moi maîtres artisans de l’arsenal du rhodium. Il est donc concevable que Sulla a eu accès aux développements technologiques rhodiensdont un polyboles amélioré par rapport au modèle original décrit par Philon plus d’un siècle plus tôt.

Les auteurs ont également calculé le dimensions de la machine à partir du dommage détecté, en utilisant le formule proportionnelle de Philon, qui lie le diamètre de modiolusc’est-à-dire le cylindre contenant je poutres de torsion de l’arme, à longueur de la fléchette. Les valeurs obtenues sont compatibles avec les estimations publiées dans la littérature et avec les résultats de simulation réalisée par l’équipe d’ingénierie mécanique impliquée dans le projet. Le studio reconnaît les siens limites: aucun reste physique de l’arme n’a été retrouvé, ni pointes métalliques dans les blocs du mur, et les cavités présentent de petites dimensions incertitudes de mesureen raison de l’usure du temps. Cela reste donc une hypothèse, qu’il faudra vérifié grâce à la reconstruction physique de la machine et à d’autres tests balistiques.