Réponse de l’UE concernant le Groenland : suspension de l’accord commercial avec les États-Unis

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Washington menace, Bruxelles répond. Le Parlement européen a décidé de geler l’accord commercial UE-États-Unis signé l’été dernier dans le club de golf écossais de Donald Trump, en raison de l’attaque du président américain contre la souveraineté du Groenland et de la décision de frapper de droits de douane les huit pays européens qui ont envoyé des soldats sur l’île arctique.

Est-il possible de suspendre l’accord ?

Une démarche tout à fait légitime. Parce que l’accord conclu entre le président américain et le chef de la Commission européenne le 27 juillet dernier nécessitait une mise en œuvre formelle par le Parlement et le Conseil de l’UE. Mais suite aux tensions entre les deux côtés de l’Atlantique, les principaux députés européens chargés du dossier se sont réunis cet après-midi, le 21 janvier, et ont décidé de suspendre le processus, reportant officiellement le vote prévu les 26 et 27 janvier en commission du commerce international du Parlement. C’est le signe que même à la Chambre européenne, les principaux groupes politiques entendent adopter une position plus claire par rapport aux choix de l’administration américaine, en s’alignant sur les mesures les plus dures.

Parce que les parlementaires ont suspendu l’accord

Le président de la commission commerciale du Parlement européen, Bernd Lange, a expliqué lors d’une conférence de presse comment les nouvelles menaces tarifaires ont ruiné l’accord entre l’UE et les États-Unis, qui sera suspendu jusqu’à nouvel ordre. En fait, les députés estiment que la nouvelle menace tarifaire de Trump constitue une violation de l’accord commercial bilatéral, qui prévoit des droits de douane américains de 15 pour cent sur les produits européens, tout en engageant l’Union à réduire à zéro ses droits de douane sur les importations industrielles en provenance des États-Unis.

La réponse de Trump au gel de l’accord pourrait être encore plus dure, avec l’application de nouveaux droits de douane plus lourds.