Radars : le boom inquiétant des astuces « invisibilité » qui affolent déjà les autorités

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Passer devant un radar automatique sans trembler à chaque flash : le fantasme secret de nombre d’automobilistes ! Mais ces derniers temps, certains ne se contentent plus de rêver : ils innovent, bricolent, trichent, et leurs astuces font déjà sursauter les autorités. Petit tour d’horizon d’un phénomène qui sème la zizanie sur les routes françaises et britanniques !

Les recettes pour une « invisibilité » automobile : un florilège en pleine expansion

Depuis que les caméras ANPR sont devenues la norme pour lire automatiquement les plaques lors du passage sous un radar, la parade s’organise. Un conducteur sur quinze au Royaume-Uni aurait adopté des astuces jugées « simplissimes » pour tenter de rendre son véhicule indétectable. Même les classiques aérosols ou autocollants flous font désormais figure de gadgets ringards face à la créativité déployée.

Au programme, une panoplie de solutions :

  • Les plaques d’immatriculation 3D ou 4D : lettres et chiffres en relief, matières réfléchissantes… Une innovation qui sème la confusion dans l’œil électronique des caméras, en jouant avec les effets de reflets et d’angles pour rendre la lecture difficile, voire erronée.
  • Les filtres transparents : subtilement posés, ils modifient la teinte des caractères sans que l’œil humain s’en offusque mais assez pour tromper la machine.
  • Des couvertures opaques partielles : habilement appliquées sur certains numéros, elles masquent juste ce qu’il faut… avec un sens du détail parfois digne d’un faussaire.
  • La technologie GPS et les applis anti-radar : en constante évolution, ces applications mobiles, véritable boussole des conducteurs pressés, repèrent et signalent les radars, permettant d’optimiser son itinéraire pour les éviter.

Certains n’hésitent pas à franchir un cap et se lancent dans le clonage de plaques d’immatriculation : une méthode certes plus complexe, mais redoutablement efficace pour brouiller totalement les pistes lorsqu’une infraction est commise.

Un phénomène qui inquiète… parce qu’il se propage !

Malgré l’évidence de l’illégalité, ces combines prennent de l’ampleur chez nos voisins britanniques et s’invitent de plus en plus chez nous. Pourquoi cet engouement pour la « transparence » sur bitume ?

  • La multiplication des règles routières, qui fait naître chez certains l’envie de les contourner secrètement.
  • Le sentiment d’être surveillé en permanence, carburant à la créativité des contrevenants.
  • L’effet dissuasif jugé très faible, avec une amende de « seulement » 117 euros outre-Manche pour les tricheurs. Beaucoup estiment qu’il y a plus à gagner en misant sur l’astuce qu’à perdre en cas de coup de filet.

En France, la loi reste pourtant intraitable : toute modification non homologuée de la plaque peut entraîner amende et immobilisation. Mais rien n’arrête vraiment la propagation : hausse des infractions sur nos réseaux routiers, vidéos explicatives qui cartonnent sur les réseaux sociaux… et même des records d’excès de vitesse invraisemblables, tel ce fait divers où une automobiliste a reçu une amende après un flash à plus de 700 km/h ! Comme quoi, la technologie a parfois de drôles de ratés…

Entre risques légaux, conséquences et casse-tête pour les autorités

Jouer au plus malin avec la technologie n’est pas sans conséquence, loin de là. Les autorités pointent plusieurs risques majeurs :

  • Une dégradation de la fiabilité des dispositifs ANPR, avec jusqu’à 3 % des relevés quotidiens faussés selon le professeur Fraser Sampson (ce qui équivaut à plus de deux millions d’erreurs chaque jour !).
  • Des infractions graves qui passent entre les mailles, avec une sécurité collective affaiblie.
  • Des victimes innocentes, dans le cas du clonage de plaques, qui héritent à tort d’amendes, de procédures et d’un sacré paquet de stress.
  • La crédibilité du système pénal qui prend l’eau, et la confiance générale qui en pâtit.

Pour ne rien arranger, chaque nouvelle parade trouvée sur les forums et réseaux de conducteurs force les autorités à innover toujours plus rapidement : investissements, nouvelles lois, campagnes de sensibilisation… La lutte contre ces « magiciens de l’invisible » mobilise du temps, de l’énergie et de l’argent, souvent au détriment d’autres priorités.

Quelle riposte pour endiguer l’invisibilité routière ?

Face à l’éternelle course entre fraudeurs et surveillants, les réponses se dessinent :

  • Renforcer la coopération européenne sur la transmission des données, histoire que les fausses plaques n’aient pas le droit de voyager sans laisser de traces.
  • Alourdir les sanctions pour que l’incitation financière disparaisse (du moins, idéalement !).
  • Poursuivre l’innovation technologique des dispositifs ANPR, même si la créativité des fraudeurs semble toujours avoir un coup d’avance.

En résumé : aussi brillantes soient-elles, ces astuces pour tromper les radars menacent à la fois la sécurité routière et la confiance dans le système. Alors, la prochaine fois que le démon de l’invisibilité titille, rappelez-vous : à trop vouloir disparaître, on se rend parfois bien plus visible… aux yeux de la loi !