La chambre du Parlement européen a voté aujourd’hui, 16 décembre, en faveur de la levée de l’immunité de l’eurodéputée du Parti démocrate – et membre S&D à la Chambre européenne – Alessandra Moretti. Son nom apparaît dans les documents judiciaires dans le cadre du Qatargate, l’enquête sur la corruption présumée par des pays comme le Qatar et le Maroc de députés et assistants du Parlement européen. La motion a été adoptée par 497 oui, 139 non et 15 abstentions, confirmant la décision de la Commission des affaires judiciaires prise le 3 décembre.
Immunité confirmée pour Gualmini
Le vote des députés d’aujourd’hui a également confirmé un autre verdict de la Commission, celui concernant l’autre députée PD, Elisabetta Gualmini, impliquée dans l’affaire : la révocation de son immunité a été rejetée avec 382 voix pour, 254 voix contre et 19 abstentions. Les deux députés s’étaient suspendus du groupe socialiste après l’ouverture de l’enquête.
Les accusations rejetées par Moretti
Les noms des deux eurodéputés avaient déjà circulé dans la première phase de l’enquête lancée par le juge d’instruction Michael Claise, qui est ensuite passée entre les mains d’Aurélie Dejaiffe. Dès le début, la position de Moretti a été considérée comme plus faible : l’eurodéputé est soupçonné d’association de malfaiteurs visant à la corruption. Moretti a toujours nié avoir reçu des bénéfices, cadeaux et avantages de qui que ce soit, notamment de représentants du Maroc ou du Qatar. À plusieurs reprises, l’eurodéputée a même rejeté les reconstitutions de ses voyages au Maroc, affirmant qu’elle n’était jamais allée dans ce pays africain.
Le Parlement européen veut ainsi éviter de nouveaux Qatargates
Moretti se dit attristée par la décision de la Chambre européenne. « Le Parlement européen a voulu accepter la demande du parquet belge concernant la révocation de mon immunité. Je suis attristé, comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, car les éléments sur lesquels était fondée la demande avaient déjà été niés par moi sur une base documentaire et je continue de soutenir que le vote n’a pas tant porté sur le contenu réel de la demande, mais a été influencé par des stratégies et des convenances politico-électorales ».
Et encore : « Je ne m’inquiète pas de l’impact que ce vote aura sur moi, et j’ajoute qu’à ce stade j’espère être entendu par le parquet le plus rapidement possible pour pouvoir me défendre des accusations, mais plutôt de l’impact de ce vote sur la dignité et l’indépendance du Parlement. L’immunité ne représente pas un privilège personnel, mais la nécessité de protéger le parlementaire dans le libre exercice de ses fonctions essentielles. Je remercie mon groupe et les nombreux collègues de chaque parti pour le soutien que je reçois, je continuerai à faire mon travail la tête haute », ajoute-t-il.
Zingaretti : « Certain de son innocence »
Parmi les premières réactions, il y a eu celle du chef de la délégation du PD au Parlement européen, Nicola Zingaretti. « Je suis sûr qu’Alessandra Moretti démontrera sa justesse et sa transparence par rapport aux faits contestés », affirme l’ancienne secrétaire du parti, qui ajoute qu' »après les éclaircissements produits, toutes les conditions étaient déjà réunies pour mieux protéger les prérogatives des parlementaires, mais maintenant, dans la phase qui s’ouvre, il y aura l’occasion de vérifier son caractère étranger. Entre-temps, son engagement se poursuivra dans le travail parlementaire ».