Punir au lieu d’éduquer : la loi « anti-maranza » est une autre occasion manquée
Plus de prison, moins d’éducation. C’est d’ailleurs la philosophie qui anime le nouveau projet de loi du gouvernement Meloni sur la responsabilité des mineurs. Aujourd’hui, les jeunes entre 14 et 18 ans peuvent être poursuivis, mais leur capacité de compréhension et de désir doit toujours être vérifiée par le juge.
Toutefois, si la Chambre et le Sénat approuvent ce projet de loi, ils seront assimilés à des adultes et donc considérés comme capables de comprendre et de vouloir malgré tout, à moins que le contraire ne soit démontré par des évaluations appropriées. Bref, « ceux qui commettent des erreurs doivent répondre de leurs actes », quel que soit leur âge, a annoncé le Premier ministre sur les réseaux sociaux.
Une réponse évidemment destinée à rassurer un électorat qui confond la sécurité avec le tintement des menottes et aspire à voir la barre de la répression toujours plus haute.
Cette proposition – qui arrive à la veille d’une campagne électorale enflammée, qui après tout a déjà commencé sur le thème de la sécurité – se concentre entièrement sur l’idée que la peur du châtiment peut décourager des enfants de plus en plus jeunes de commettre des délits. Le problème, comme c’est souvent le cas avec les slogans transformés en lois, c’est que la réalité est bien plus complexe.
Populisme pénal
Ces dernières années, l’actualité nous a livré des images difficiles à oublier. Les expéditions punitives organisées sur les réseaux sociaux, les baby gangs qui terrorisent des quartiers entiers, les « maranzas » qui attaquent audacieusement une voiture de police, l’assassinat de Santo Romano à Naples, les pairs impliqués dans l’assassinat de Michelle Causo à Rome.
Des histoires différentes les unes des autres, mais avec un dénominateur commun : les protagonistes sont des adolescents qui ont grandi dans des contextes où la violence est devenue un langage avant même le crime. Face à des épisodes aussi brutaux, il est naturel de demander une réponse à l’État. Il est moins naturel de croire que cette réponse puisse aboutir à des procès plus faciles à obtenir et à quelques années de prison supplémentaires.
Le projet de loi exécutif – qui sent tellement le populisme pénal – va au contraire précisément dans cette direction. Il renforce les outils de précaution, élargit les cas dans lesquels un mineur peut être soumis à des mesures restrictives et donne un tour plus sévère à la justice pour mineurs. C’est un choix politique légitime.
Mais c’est aussi un choix qui risque de confondre la conséquence et la cause. Parce qu’un garçon de quinze ou seize ans ne tient pas un couteau après avoir consulté le code pénal, ne rejoint pas un baby gang après avoir calculé le rapport coût-bénéfice de la peine, ne tire pas parce qu’il ne sait pas quelle est la mesure de précaution prévue par le législateur. Il le fait parce qu’il grandit souvent dans des contextes où l’abandon scolaire, les difficultés familiales, la pauvreté éducative et l’absence d’adultes de référence ont déjà construit un système de valeurs alternatif, dans lequel la force vaut plus que le dialogue et le respect s’acquiert par la peur.
C’est ici que le projet de loi « anti-maranza » montre toute sa faiblesse, se révélant plutôt un raccourci pour obtenir un consensus. Nous intervenons lorsque le problème a déjà explosé, jamais auparavant. Nous investissons dans la punition, pas dans la prévention. Le même gouvernement qui appelle aujourd’hui à la rigueur a en fait rejeté l’introduction de l’éducation sexuelle et affective dans les écoles, la considérant comme une question de division ou idéologique.
Pourtant, l’école elle-même représente l’un des rares lieux où l’on peut enseigner le consensus, la gestion des émotions, le respect des différences et la résolution non violente des conflits. Autant d’outils certainement plus efficaces qu’une cellule lorsqu’il s’agit d’empêcher un adolescent de devenir un adulte violent. Mais voici une autre occasion manquée.
Chasser l’urgence au lieu d’essayer de la résoudre
Quiconque commet des délits graves doit en répondre, même s’il est mineur, cela ne fait aucun doute. Mais en faire la seule réponse signifie simplement courir après l’urgence, en ignorant ses racines. C’est comme continuer à sécher le sol pendant que le robinet reste ouvert.
Il est certainement beaucoup plus difficile d’expliquer aux électeurs que les résultats proviennent d’investissements pendant des années dans les écoles, les éducateurs, la santé mentale, les services sociaux et les banlieues. Ce sont des politiques qui coûtent cher, prennent du temps et font rarement la une des journaux.
Or c’est précisément là que se mesure la capacité d’un État à garantir la sécurité. Pas quand il parvient à punir un garçon après qu’il ait tenu un couteau, mais quand il parvient à s’assurer qu’il ne tiendra jamais ce couteau. Parce qu’une société qui choisit d’éduquer seulement après avoir puni a déjà perdu son défi le plus important.