Alors que les lumières s’éteignent sur une énième édition de la Loterie italienne – un rituel collectif, télévisé et rassurant – les jeux d’argent en Italie continuent de s’éloigner des projecteurs. En 2024, la collecte globale, entre canaux physiques et en ligne, a atteint 157,4 milliards d’eurosun volume économique égal à 7,2% du PIB nationalen augmentation constante depuis le début du suivi en 2006. Dans notre pays, 111,7 milliards d’euros ont été joués en 2021, 136 en 2022, plus de 150 milliards en 2023 et plus de 157 milliards en 2024.
Les données sont collectées dans Livre noir du jeupublié annuellement par la CGIL, un précieux rapport qui permet de remédier à d’importantes lacunes dans la collecte des données : l’absence de publication de statistiques officielles consolidées, la retards chroniques dans la diffusion des chiffres et la qualité décroissante des informations diffusées par l’Agence des douanes et des monopoles (ADM). Tous ces éléments produisent un paradoxe informationnel : pour un même indicateur – le volume joué au niveau national en 2024 – les réponses officielles fournies sur la même période font état de valeurs « provisoires » différentes, avec des écarts qui dépassent les 2 milliards d’euros.
Derrière la façade immuable des loteries traditionnelles, le centre de gravité du jeu s’est désormais déplacé. Le canal physique en 2024, il s’arrête à 65,3 milliards d’euros levésun chiffre sensiblement stagnant et encore loin des niveaux d’avant la pandémie de 2019. Le moteur de la croissance est plutôt le jeu à distance: 92,1 milliards d’eurosaugmentant de plus 10 milliards en un an (+12,2%), concentré principalement sur les casinos en ligne, les jeux d’adresse, les paris sportifs et échange de paris.
Là loterie italienne il reste ainsi le visage public d’un système qui, en termes de nombre et de dynamique réelle, a déjà changé ses modalités mais reste constant au niveau géographique.
Le Sud est le protagoniste du jeu en ligne en Italie
La CGIL enregistre les données régionales et provinciales uniquement pour le jeu en ligne : aujourd’hui, le moteur du jeu à distance se concentre avant tout dans Régions du sud. À moyen terme, cependant, le jeu en ligne est destiné à s’imposer comme la modalité la plus répandue dans tout le pays, comme l’indique le rapport. La moyenne nationale de collecte en ligne par habitant est de 2 162 euros par an. Isernia est la première province avec une double valeur : 4 262 euros par an.
Il convient de noter que les zones ayant un revenu par habitant plus faible sont celles où la moyenne des jeux est plus élevée. Une étude de 2022 de l’IPSAD (Enquête sur la population italienne sur l’alcool et les autres drogues) du CNR-IFC souligne que ce sont précisément les personnes atteintes de des revenus mensuels et des diplômes inférieurs devenir plus fréquemment des joueurs problématiques ou des toxicomanes.
En 2022, ils ont joué au moins une fois 20 millions d’adultesPresque 800 mille ils avaient un profil de risque moyen-sévère ; chez les mineurs et les jeunes, le phénomène est également répandu, avec plus de 1,3 million d’étudiants impliqués et des dizaines de milliers de cas problématiques.
Le niveau socio-économique apparaît comme un facteur clé : si les groupes les plus riches participent plus souvent au jeu, les conséquences négatives se concentrent surtout parmi ceux qui disposent de moins de ressources, avec un progression plus rapide des problèmes et une moindre capacité à absorber les pertes. Dans ce contexte, la plus grande concentration de l’offre de jeux de hasard dans les zones économiquement défavorisées contribue à renforcer le lien entre jeu d’argentles inégalités sociales et, dans certains contextes, l’infiltration du crime organisé.
Dans plusieurs communes de Campanie, de Sicile et de Calabre, les dépenses dépassent systématiquement 3 500 à 4 000 euros par anavec des pics particulièrement marqués : Château San Giorgio va plus loin 18 mille eurosalors que la réalité comme Isernia, Patty, Saint Cyprien d’Aversa ou Galaton dépasser le 5 à 6 mille euros.
L’Italie, première en Europe pour les revenus des jeux de hasard
Dans ce cadre, leItalie il se classe au premier rang sur la scène européenne des jeux de hasard en termes de volumes de revenus globaux. Avec 21,5 milliards d’euros en 2024, c’est le premier marché parmi ceux considérés, devant Royaume-Uni, Allemagne et France. Ce qui distingue le cas italien n’est pas seulement la taille absolue, mais aussi la structure du marché : le poids du jeu physique reste particulièrement élevé (16 milliards) tandis que le jeu en ligne – bien qu’en forte croissance – s’arrête à 5,5 milliards, ce qui le rend moins dominant que dans des pays comme la Suède, la Hollande ou le Danemark, où le numérique a déjà pris de l’ampleur. a dépassé de manière stable le canal traditionnel.
La comparaison européenne renforce donc une lecture déjà apparue au niveau interne : l’Italie combine des volumes très élevésune large diffusion sur le territoire et une transition vers le online. Un mélange qui, croisé avec le inégalités sociales et territoriale observé, fait du système de jeu italien non pas une exception isolée, mais l’un des cas les plus complexes et les plus pertinents dans le contexte européen.