Aujourd’hui, serrer la main c’est un geste officiel que nous faisons dans des contextes formels, avec lequel nous nous présentons pour la première fois ou avec lequel nous stipulons des accords dans des contextes diplomatiques. Ce qui nous semble être une action habituelle a en réalité des origines très anciennes: la poignée de main, même dans des contextes différents, a toujours apporté avec elle un sous-texte de respect, paix et échange honnêtequi caractérise également l’utilisation actuelle du geste comme un salut bienveillant d’accueil et d’égalité.
Il y a environ 5 000 ans, les rois assyriens et babyloniens se serrèrent la main en signe de allianceles Romains le faisaient à l’occasion de échanges d’hospitalité et comment symbole de mariage. A partir du Moyen Âge, la poignée de main prend le dessus valeur légale officielle pour conclure des contrats de différents types – et ont servi à démontrer que la main droite était désarmée. Ce sont alors officiellement les Quakers – qui au XVIIe siècle rejetaient les hiérarchies ecclésiastiques – qui transformèrent la poignée de main en une vraie salutation entre égauxsens également adopté lors de la Révolution française et nous est parvenu.
Se serrer la main dans l’Antiquité, un symbole rituel de respect

Les premières représentations dans lesquelles est noté le geste de serrer la main remontent à plus de 5 000 ans : l’iconographie deMésopotamie ancienne nous montre divinités et dirigeants serrer la main comme symbole d’égalité et de respect. Par exemple, au Musée de l’Irak, le musée national de l’Irak à Bagdad, est conservé ce que l’on pense être « la plus ancienne poignée de main de l’histoire» : il s’agit d’un bas-relief assyrien qui montre le roi Salmanazar III serrant la main du dirigeant babylonien Marduk-zakir-shumi I pour établir une alliance.
Un autre témoignage ancien de la poignée de main est la stèle située dans le sanctuaire de Nemrut Dağı, en Turquie, qui représente le roi Antiochus Ier (IIe siècle avant JC) serrant la main d’Hercule, en signe de alliance et respect entre un dirigeant humain et un demi-dieu.
La poignée de main en Grèce et à Rome, une pratique d’alliance et d’échange apaisé
D’abord dans la Grèce antique puis dans la Rome antique, la poignée de main – en latin dexiose ou dextrarum ionctionQu’est-ce que ça veut dire joindre les mains – conserve le sens de conclure des alliances et des accordset fait partie de rituels sociaux tels que le mariage. En effet, lors du rituel, les époux joignaient les mains, scellant ainsi leur union.
La poignée de main était pratiques également dans le secteur de l’hôtellerie: des objets tels que le carte d’hospitalisationune véritable « tuile » en bronze, ivoire, os ou autre matériau, sur laquelle est posé un poignée de main. Lors de l’échange de la carte, l’hôte et le voyageur avaient conclu leur accord échange pacifique de prestations.
Se serrer la main prend donc de plus en plus de place le sens du respect et du salut de l’alliance: si vous vous serrez la main, vous êtes d’accord, vous êtes alignés, vous vous respecterez et vous chérirez la vie de chacun, un concept qui vaut aussi bien dans le mariage que dans l’hospitalité.
La poignée de main devient un geste officiel de salutation et d’accord
Depuis le Moyen Âge la poignée de main, appelée toucher la mainest devenu un geste ayant une valeur juridique : serrer la main est destiné à toutes fins pratiques conclure un accord commercial, une alliance.
Se serrer la main, bref, c’était comme stipuler un contrat verbal: cette valeur s’est maintenue au fil des siècles, et a amené la poignée de main à prendre un sens plus populaire de geste à accomplir lorsqu’on est en accord avec son interlocuteur.
Par la suite, en Angleterre puis en Amérique au XVIIe siècle, je Quakers – Mouvement chrétien qui se distingue par l’absence de dogmes et de sacrements, basé sur le contact personnel et intérieur avec Dieu – a adopté la poignée de main comme forme égalitaire de salutation. Précisément parce qu’ils ne reconnaissaient pas les dogmes et les hiérarchies, les Quakers ont choisi le « toucher des mains » comme signe d’égalité sociale et de prédisposition à l’échange.
C’est alors avec le Révolution françaiseà la fin du XVIIIe siècle, que la poignée de main est devenue pratiquement un geste « populaire » : les révolutionnaires l’ont adopté – en opposition à s’incliner – ce qui indiquait la soumission, comme expression de l’égalité et de la fraternité quand nous nous sommes rencontrés.