Pourquoi vos oreilles se bouchent-elles en avion ou en montagne ? En raison des différences de pression : comment les déboucher

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Lors d’un voyage en avion, il arrive que vos oreilles soient « étouffées » comme si vous aviez deux bouchons en caoutchouc, et puis lorsque vous bâillez, avalez, mâchez un chewing-gum… vous entendez un « pop » qui rétablit votre audition. Qui connaît bien exactement le même ennui conduire en montagnequi prend un ascenseur dans un gratte-ciel ou qui plonge dans l’eau. Le coupable est le différence de pression entre l’intérieur et l’extérieur de l’oreille. Pour résoudre le problème, comme le Clinique de Clevelandun petit tube de quelques centimètres s’en charge, le Trompe d’Eustache ou tube auditifun petit canal qui relie l’oreille moyenne à la partie supérieure du palais (nasopharynx) et qui dans ce contexte a pour tâche de maintenir en équilibre les pressions des deux côtés du tympan.

Clause de non-responsabilité: Cet article est uniquement à titre informatif. Pour toute information médicale il est indispensable de contacter votre médecin.

Le rôle du tympan

Pour comprendre ce qui se passe, il faut faire un petit voyage à l’intérieur de l’oreille. L’oreille est divisée en trois zones : externe (ce que vous voyez, plus le conduit auditif), moyen (une petite cavité remplie d’air contenant les osselets du marteau, de l’enclume et de l’étrier) e interne (où se produit la transformation du son en signal nerveux).

Entre l’oreille externe et l’oreille moyenne se trouve une membrane très fine et tendue, la tympandont la structure ressemble à la peau d’un tambour. D’un côté (l’externe) il y a l’air de l’environnement dans lequel vous vous trouvez, de l’autre (l’interne, l’oreille moyenne), il y a une bulle d’air « emprisonnée ». Tant que les deux pressions sont égales, le tympan est distendu et vibre librement quand les ondes sonores arrivent. Le problème survient lorsque les deux pressions deviennent différentes.

oreille interne, externe, moyenne

Qu’arrive-t-il à votre oreille lorsque vous montez dans un avion ou en montagne

Comme le rapporte le Clinique Mayolorsqu’un avion décolle ou lorsque vous franchissez un col alpin, vous prenez de l’altitude et la pression atmosphérique externe diminue. Mais que se passe-t-il à l’intérieur de l’oreille moyenne ? Là, la pression est toujours la même qu’avant, celle du temps où vous étiez « au sol ». Le résultat est que la pression interne est supérieure à la pression externeet pousse ainsi le tympan vers l’extérieur, le faisant « bombarder ». Une membrane tendue et bombée il ne vibre plus comme il le devrait et on ressent ici la sensation classique d’une oreille bouchée, étouffée, sourde.

Dans descente (à l’atterrissage ou au retour dans la vallée en montagne), c’est exactement le contraire qui se produit. Là la pression externe augmente rapidement et écrase le tympan vers l’intérieur. C’est généralement la phase la plus gênante, et dans de nombreux cas aussi la plus douloureuse, car la pression extérieure qui « appuie » a tendance à fermer le mécanisme de compensation dont nous parlerons dans un instant.

Le même phénomène est vécu par les gens plongeur où tous les 10 mètres de profondeur la pression augmente d’environ 1 atmosphère, et c’est pourquoi les plongeurs apprennent à « compenser » activement dès les premiers cours.

À ce stade, le Trompe d’Eustache. D’après la description de MedlinePlus (le portail de la National Library of Medicine, NIH), est un petit canal d’environ 3-4 cmqui relie l’oreille moyenne au nasopharynx, la zone située derrière les voies nasales. Sa tâche est de mettre l’oreille moyenne en communication avec l’environnement extérieur. équilibrer les pressions. Dans des conditions normales, il est fermé, mais s’ouvre brièvement à chaque fois que vous avalez, bâillez ou éternuez, laissant passer l’air pour rééquilibrer le système. Ce « pop » que vous entendez est le tympan qui, recevant de l’air de compensation, revient à sa position neutre.

Comment se déboucher les oreilles

Le changement de pression, notamment lors du décollage, de l’atterrissage ou de la descente d’un col de montagne, se produit plus rapidement que les trompes d’Eustache ne peuvent réagir d’elles-mêmes. C’est pour cette raison qu’il existe de petites « astuces » – en fait des stratégies également documentées dans la littérature médicale – qui servent à ouvrir mécaniquement la trompe d’Eustache pour laisser passer l’air de compensation. Les plus efficaces sont ceux déjà mentionnés dans le texte ; avaler (même en buvant à petites gorgées), bâillement (même de force), mâcher de la gommeet ce qu’on appelle Manœuvre de Valsalvac’est-à-dire se moucher en le gardant bouché, sans laisser sortir l’air et ainsi le forcer à pousser vers l’oreille moyenne. Cette dernière, comme l’explique une étude publiée dans AIMS Public Health, doit être effectuée avec prudence, car souffler trop fort peut endommager l’oreille interne au lieu de l’aider.

Si aucune de ces stratégies ne fonctionne et que la trompe d’Eustache reste « fermée », vous pourriez être confronté à ce que l’on appelle barotraumatisme de l’oreilleégalement connue sous le nom d’« infection de l’oreille d’avion » (en anglais oreille d’avion ou barotraumatisme de l’oreille), une condition bien documentée dans la littérature médicale et décrite en détail par des organismes tels que la Mayo Clinic et la Cleveland Clinic. Dans ces cas, le tympan, soumis à une pression déséquilibrée qu’il est incapable de soulager, peut rester étouffé et douloureux même pendant des heures après le vol, accumuler du liquide dans l’oreille moyenne ou, dans les cas les plus graves, se déchirer. Comme le précise également Humanitas, le barotraumatisme est plus probable en cas de rhume, de sinusite, d’allergies ou d’otites et l’inflammation gonfle les muqueuses du nasopharynx – là où s’ouvre le tube auditif – et empêche son ouverture. Si l’inconfort persiste longtemps après le vol, ou si des douleurs aiguës, une perte d’audition ou des vertiges apparaissent, il est temps de consulter un spécialiste des oreilles.