« On finira par se rendre compte que Bayrou avait raison » : le débat relancé sur la taxation des ultra-riches secoue l’opinion

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

À force de regarder ailleurs, on oublie parfois d’écouter ceux qui, à contre-courant, osent proposer des solutions radicales. Et si, au final, on finissait par donner raison à François Bayrou ? Le débat sur la taxation des ultra-riches et le redressement de l’économie française fait toujours grincer des dents… et secouer l’opinion. Plongée dans une France en quête d’oxygène budgétaire.

Un pays sous pression : les signes alarmants de l’économie française

L’économie française n’a pas vraiment le sourire. Accumulant les coups durs comme d’autres collectionnent les timbres, elle subit de plein fouet les répercussions de la pandémie, de la guerre en Ukraine et d’une inflation coriace. Le PIB tourne péniblement autour des 0,6 %, annonciateur d’un ralentissement inquiétant. Au menu : une consommation des ménages en baisse, des investisseurs qui font la moue et un commerce extérieur qui peine à repartir.

Comme si ça ne suffisait pas, voilà que la dette publique vient alourdir la barque, menaçant la stabilité financière du pays. Bref, l’ambiance n’est pas à la fête du budget. Face à cette situation critique, certains cherchent l’éclaircie… d’autres, une bonne vieille révolution fiscale.

Le remède Bayrou : chirurgie de choc pour finances publiques malades

Déterminé à ne pas laisser la France filer vers la faillite, François Bayrou n’est pas resté les bras croisés. Remettre l’économie sur les rails ? Un objectif taillé pour lui. Son cheval de bataille : des mesures ambitieuses, parfois même jugées téméraires.

  • Un effort d’économies colossal, à hauteur de 43,8 milliards d’euros pour l’année 2026
  • Gel des dépenses publiques à l’exception de la défense et du service de la dette
  • La fameuse « année blanche », destinée à stopper net l’explosion des dépenses… sans toucher aux prestations sociales ou aux retraites
  • Suppression de deux jours fériés : pour ceux qui en rêvaient, c’est raté !
  • Suppression de l’abattement fiscal, notamment pour les retraités percevant plus de 20 000 euros par an

L’ancien Premier ministre insistait sur un point : « C’est une évolution de la mesure qui va faire gagner des centaines d’euros aux retraités du bas de l’échelle. » Bref, ceux tout en haut, avec 4 000 euros de retraite mensuelle ? Eux, à ses yeux, il leur demandait juste un petit effort – modeste selon lui.

Taxer les ultra-riches : symbole ou solution ?

Pour Bayrou, il fallait aussi faire payer davantage les ultra-riches : une piste pour le redressement fiscal. Sauf que là, la résistance a été vive. Sa vision n’a pas fait mouche : le relais a finalement été passé à Sébastien Lecornu.

Le débat, lui, ne refroidit pas. Sur le plateau d’Estelle midi, diffusé sur RMC le 19 septembre, les avis fusent du public : « Taxer les plus riches, pourquoi pas. Ça sera un joli symbole, ça fera plaisir à certains. Mais ce n’est pas ça qui va relancer l’économie, au contraire », déclare un téléspectateur, selon Charles Magnien.

Périco Légasse, interrogé à ce sujet, prend la défense de l’ancien Premier ministre : « On finira par se rendre compte que Bayrou avait raison sur toute la ligne ! » Il affirme même que la méthode de Bayrou était « un peu trop courageuse pour les lâches qui nous gouvernent ». Difficile d’être plus direct !

Selon lui, dire la vérité sur la situation économique et proposer des solutions, c’est prendre le risque d’être écarté – comme Mendès France en son temps. Le courage ne paierait décidément pas en politique, à l’heure des médias dominants.

Fiscalité, justice et petits arrangements politiques

Au fond, la question d’une « année blanche » n’est pas nouvelle. On en parle depuis quinze ans en France, à en croire le journaliste : « Il faut repenser la fiscalité française pour plus de justice », martèle-t-il. Hélas, selon les chroniqueurs, ce n’est pas demain la veille.

Estelle Denis rappelle que rien de tel n’est prévu. Un constat qui ne surprend pas Périco Légasse : selon lui, « M. Lecornu n’a aucune envie de repenser la fiscalité française. Il veut juste le vote des 67 députés socialistes pour pouvoir durer au lieu de 9 mois, 14 mois à Matignon ». Autant dire qu’on ne va pas révolutionner le système tout de suite…

Conclusion : Face à une économie fragile et un climat politique tendu, le vrai débat de fond reste la justice fiscale et la capacité d’oser les grandes réformes – quitte à bousculer l’ordre établi. Peut-être qu’un jour, la méthode Bayrou trouvera enfin grâce aux yeux d’un pays lassé des demi-mesures. Osera-t-on, un jour, franchir le pas ? Réponse au prochain épisode du feuilleton politique français…