Nouvel arrêt de la BCE sur les réserves d’or de la Banque d’Italie, Giorgetti va droit au but : "Nous allons clarifier"

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Ce qui se passe entre la Banque centrale européenne et le gouvernement de Giorgia Meloni devient une lutte acharnée à longue distance. Au centre du conflit se trouve l’amendement du FdI à la manœuvre sur les réserves d’or de la Banque d’Italie. Les « modifications apportées » dans une nouvelle formulation ne suffisent pas : « On ne sait pas encore clairement quel est l’objectif concret de la disposition révisée proposée », réitère Eurotower. D’où le message de Giorgia Meloni au gouvernement : « Reconsidérer la proposition ». La réponse vient du ministre de l’Economie, Giancarlo Giorgetti, qui – dit-on – apportera « toutes les précisions nécessaires ».

L’or de la Banque d’Italie devient un cas

La première version de l’amendement au budget, signée par Malan (FdI), établissait que la propriété de l’or de la Banque d’Italie appartenait à l’État. Après le premier « non » de la BCE, il a été éliminé. Selon la nouvelle version, « les réserves d’or gérées et détenues par la Banque d’Italie appartiennent au peuple italien ».

La Banque centrale européenne n’a pas non plus apprécié la dernière reformulation car « elle n’est accompagnée d’aucun rapport explicatif illustrant sa logique ». Francfort reconnaît « quelques innovations qui répondent aux observations précédentes », notamment « le respect des articles du traité sur la gestion des réserves d’or des pays, mais des doutes subsistent sur le but de la règle. « Malgré les changements apportés », « on ne sait pas encore quel est le but concret », explique l’Eurotower. Italie.

La tâche de gérer la situation est confiée au ministre de l’Économie, Giancarlo Giorgetti. Le patron du Mef serait prêt à « apporter à la BCE toutes les précisions nécessaires ».

Combien d’or la Banque d’Italie possède-t-elle et pourquoi

Les réserves d’or font partie intégrante des réserves officielles du pays et ont pour fonction de « renforcer la confiance dans la stabilité du système financier italien et dans la monnaie unique ». La Banque d’Italie est le quatrième détenteur de réserves d’or au monde, après la Réserve fédérale américaine, la Bundesbank allemande et le Fonds monétaire international. La quantité totale d’or détenue par l’Institut Via Nazionale est égale à 2.452 tonnes, composée principalement de lingots (95.493) et d’une plus petite partie de pièces de monnaie. La valeur actualisée de l’or est publiée chaque année dans le bilan de la Banque d’Italie.

Au fil des années, la BCE a précisé à plusieurs reprises que la question de la propriété juridique (détention et gestion) des réserves d’or « relève en fin de compte des compétences du Système européen de banques centrales (SEBC) en vertu du Traité » sur le fonctionnement de l’Union européenne. Le traité en question garantit également l’indépendance des banques centrales, y compris la Banque d’Italie, « dans l’accomplissement de leurs missions ».

La Banque d’Italie explique elle-même qu’en cas de crise monétaire, « une banque centrale peut disposer de l’or, comme des réserves de devises, pour préserver la confiance dans la monnaie nationale en l’utilisant comme garantie pour obtenir des prêts ou, à terme, en le vendant sur le marché pour acheter la monnaie nationale afin de soutenir sa valeur ». L’or constitue également une bonne protection contre l’inflation, car il tend à maintenir sa valeur au fil du temps. De plus, contrairement aux monnaies fiduciaires, l’or n’est pas un actif « émis » par un gouvernement ou une banque centrale et sa valeur n’est donc pas affectée par la solvabilité de l’émetteur.