l’explication vient d’une nouvelle étude

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Une nouvelle étude publiée dans Curlouer Biologie par une équipe de chercheurs dirigée par Jung-min Oh et Ken-ichi Amemori a révélé le mécanisme cérébral qui régule notre capacité à agir dans des conditions défavorables. La force motrice derrière ce travail était de répondre aux raisons pour lesquelles on bloque face à une tâche difficilemême si nous aspirons au prix final. Il est facile d’agir lorsque tout va bien, mais trouver l’impulsion nécessaire pour démarrer lorsqu’il y a des obstacles ou des risques est un défi. processus neurologique complètement différent. Les recherches, menées sur des macaques, ont identifié un circuit spécifique, la voie reliant le striatum ventral (VS) au pallidum ventral (VP), qui agit comme un « frein » comportemental. quand l’environnement présente des menaces ou des coûts élevés. En désactivant ce frein, il est possible de retrouver la motivation sans altérer la perception du risque : le cerveau n’est plus paralysé par la présence de la menace et exécute l’action pour obtenir la récompense finale.

L’étude sur le « frein » neuronal à l’origine du manque de motivation

Le cœur de la découverte, expliqué dans l’étude publiée le Biologie actuelleréside à distinction entre le désir d’une récompense et la capacité réelle à initier l’action nécessaire pour l’obtenir, surtout lorsqu’il existe un prix à payer. Par exemple, choisir de se lever tôt le matin pour s’entraîner, sachant que l’activité physique est bonne pour notre santé, mais au prix d’abandonner l’étreinte chaleureuse de notre lit. Pour étudier ce phénomène, les chercheurs ont entraîné des singes macaques à deux tâches de prise de décision distinctes : une tâche basée uniquement sur les récompenses et une tâche plus complexe dans laquelle les animaux devaient décider s’ils acceptaient une offre combinant un récompense (jus) avec un stimulus désagréable (un souffle d’air gênant sur le visage).

Dans des conditions normales, la présence de tout retour négatif a tendance à supprimer la motivationce qui conduit souvent les individus à ne pas démarrer du tout la tâche. Utilisant une technique avancée appelée chimiogénétique, qui permet l’inactivation réversible de neurones spécifiques, l’équipe a inhibé sélectivement la voie allant du striatum ventral (VS) au pallidum ventral (VP). Les résultats ont été surprenants : l’inhibition de ce circuit a restauré la motivation des animaux spécifiquement dans la tâche aversive. Lorsque le circuit VS-VP était « éteint », les singes cessaient d’hésiter et commençaient la tâche avec le stimulus désagréable beaucoup plus fréquemment. Les enregistrements de l’activité neuronale ont confirmé que, normalement, les neurones du VS ils s’activent rapidement en réponse à des contextes négatifs e inhiber le VPbloquant efficacement l’initiative. Ainsi, lever cette inhibition permet au « moteur » de l’action (le VP) de fonctionner librement même en présence de difficultés.

neurones de motivation

Redémarrez le moteur d’action

Un aspect crucial qui ressort de l’étude est que le rétablissement de la motivation n’est pas dû à une distorsion de la réalité ou à une incapacité à évaluer le danger. Même sous l’effet d’une inhibition chimiogénétique, les animaux ont continué à distinguer parfaitement les offres avantageuses des offres désavantageuses et ils n’ont montré aucune préférence modifiée. Autrement dit, ce n’est pas que le « coup d’air » ait été plus agréable ou moins effrayant ; simplement, le cerveau ne laisse plus cette perspective négative paralyser le déclenchement de l’action.

Cette distinction est essentielle car elle sépare les processus « d’évaluation des objectifs » des processus « d’initiation comportementale ». L’étude a démontré que la voie VS-VP régule spécifiquement l’effort et la volonté de commencerquelle que soit la qualité du prix final. En analysant l’historique des tentatives, les chercheurs ont remarqué que ce circuit est particulièrement sensible aux échecs récents: normalement, une erreur précédente a tendance à décourager la prochaine tentative, mais en supprimant la voie VS-VP, cette tendance à « abandonner » après un échec, c’est arrivé atténué.