« I Cesaroni », un retour qui nie le passé et ne vise pas le cœur
Tout d’abord, les audiences : près de trois millions et demi d’Italiens, soit une part de 22,6%, attendaient le retour de « Cesaroni » à la télévision, douze ans après leur dernière diffusion.
Des chiffres importants, notamment pour Mediaset, qui dans la fiction n’atteignait plus certains niveaux depuis quelques temps. Mais il faudra voir si, comme dans le cas de « A testa alta », ce sera un succès ou si, au contraire, ce sera un exploit isolé, dépendant de l’effet de curiosité, de nostalgie et de suggestion.
En ce sens, « I Cesaroni » peut se regarder chez lui, rembobinant la bande jusqu’en 2014, lorsque la sixième saison a été accueillie par un 20% à ses débuts qui s’est transformé en un 11 déjà dans le troisième épisode. Un effondrement vertical qui a provoqué le changement de jour de diffusion et, surtout, l’archivage du projet qui a longtemps semblé définitif.
Saison 6 Renégat
Un détail ressort surtout de ces retrouvailles « estropiées » : le sixième chapitre de la fiction est ce qu’était « Rocky 5 » pour la saga Balboa. C’est-à-dire une page déchirée, un texte à réécrire, une expérience à nier.
« Moi Cesaroni », en effet, nous a accueillis avec Giulio (Claudio Amendola) amoureux de Sofia (Christiane Filangieri), son ancienne flamme de jeunesse qui lui avait avoué qu’il était le père de Nina (Margherita Vicario). Au même moment, les Cesaronis avaient découvert qu’ils avaient un autre frère, Annibale, joué par Edoardo Pesce.
Rien de tout cela n’a été évoqué ou évoqué lundi soir. Pas même Pamela et Matilde, épouse et belle-fille de Cesare (feu Antonello Fassari), cette dernière prenant congé en annonçant qu’elle attendait un enfant.
Bref, tout s’est éclairci. Cependant, les contradictions ont continué à travers la révision d’autres intrigues, à commencer par la situation sentimentale de Marco (Matteo Branciamore), qui est tombé amoureux dans la cinquième saison (et non dans la tristement célèbre sixième) de la princesse Maya, qui a littéralement disparu de toutes les pensées, tout comme Lucia (Elena Sofia Ricci) pour Giulio.
À qui est destiné ce « retour » ?
À ce stade, nous devons nous poser une question : à qui « I Cesaroni – Le Retour » entend-il s’adresser ? Dans la réponse, on peut sans doute retrouver le sens de cette opération tout sauf nostalgique. Si la campagne promotionnelle, lancée il y a douze mois, a exploité la sentimentalité et le désir d’embrasser à nouveau les fans, face à ce nouveau départ, la perception est celle d’une tentative de réinitialisation. Comme si on voulait laisser mourir le passé pour se tourner vers l’avenir.
L’opportunité de retrouvailles semble s’être transformée en autre chose. Ce remake a donc peut-être de l’ambition, mais il est totalement dépourvu de cœur. Le retour du « Cesaroni » – qui ne s’appelle pas « I Cesaroni 7 » et peut-être comprenons-nous maintenant pourquoi – est un nouveau bâtiment réalisé avec la récupération de vieilles briques. Il n’y a pas de climat, de transports et d’émotions de renouveau. C’est ce qui arrive lorsque des réunions sont organisées sans matières premières. Nous sommes obligés d’omettre, de censurer, d’oublier, de négliger et de faire le mariage avec des figues séchées, qui dans ce cas ont l’apparence des vétérans et de ceux qui, en amont, ont embrassé la devise peu qu’œcuménique d’Amendola : « Les portes s’ouvrent à celui qui amène. Celui qui n’apporte pas, qu’il parte ».
Si Auditel se révèle satisfaisant dans les cinq prochaines sorties, « I Cesaroni » ira certainement de l’avant, réécrivant son histoire sur des pages blanchies. Une sorte de nouveau cap, où il ne sera plus nécessaire de justifier le passé. Si toutefois celle-ci devait tragiquement se dégonfler, on se retrouverait face à une marque qui aurait malheureusement fermé ses portes, se reniant.