Leonardo Maria Del Vecchio et le premier diplôme honorifique d’histoire « sur confiance »
Il est tombé du ciel un peu comme le prix Nobel de la paix de Barack Obama : une reconnaissance basée sur la confiance, en attendant qu’il fasse des choses positives pour le bien collectif. Le diplôme « honoris causa » obtenu par Leonardo Maria Del Vecchio en « Droit, innovation technologique et durabilité » ne peut s’expliquer autrement.
Il a été dispensé par l’Université de Tor Vergata à Rome. À seulement 31 ans, il est le plus jeune Italien à l’avoir obtenu pour ses initiatives entrepreneuriales, mises en œuvre « en endettement », grâce à l’énorme confiance que lui accordent les banques. « Lmdv Capital », fondée en mars 2022, trois mois avant la mort de son père, est son joyau, en attendant de pouvoir diriger la célèbre entreprise de lunettes basée à Agordo, dans la région de Belluno. Si les frères le permettent.
« Je suis né riche, en Italie c’est une faute »
Si vous êtes quelqu’un, les universités vous donneront également un diplôme, mais en échange elles exigeront une « lectio magistralis », que le nouveau docteur a offerte à l’audience, enrichie par la présence des ministres Anna Maria Bernini et Orazio Schillaci. « Je suis né riche, en Italie c’est une faute. Mais ensuite les décisions comptent », résument les journaux. Le jeune entrepreneur ne suit pas la leçon d’un autre (ancien) descendant, Gianmarco Moratti qui lance un avertissement : « Il est interdit aux gens comme nous de se plaindre ».
Et il semble qu’il veuille surpasser sa majesté de vanité, Urbano Cairo, en lui volant également son poste de rédacteur et de leader d’opinion. En parlant du Caire : le doublé qu’il a livré à « Il Foglio » ces derniers jours a été sensationnel. Interrogé spécifiquement, il a laissé échapper que Fiorenza Sarzanini, la prestigieuse signature de son « Corriere », n’est pas en mesure d’en devenir la directrice. Le lendemain, pour rattraper cette gaffe, il corrige son tir qui sort assez de travers.
Il n’a pas choisi la « voie facile »
Laissons le Caire de côté et revenons au descendant. Le journal « Libero », dans son édition du 14 juillet, consacre deux pages à la remise des diplômes. Étrange, l’homme de 31 ans a acheté le Quotidiano Nazionale (Il Giorno-Il Resto del Carlino-La Nazione) et une partie de « Il Giornale ». C’est pourtant Libero qui publie l’intégralité de son discours, dans son intégralité, dans la rubrique « culture ».
Voilà enfin l’occasion de se rattraper après l’animation pas si réussie de « Otto e mezzo » chez Lilli Gruber, avec la découverte de termes comme « oxymore » et « procrastiner ». Leonardino dit, devant les deux ministres, qu’il aurait pu suivre « une voie facile », c’est-à-dire celle des « revenus », mais « il ne l’a pas choisi ». Naître riche en Italie signifie venir au monde « avec un péché originel ».
« J’investis dans un capitalisme – continue Del Vecchio – que certains qualifient d’humaniste. Je le dis plus simplement : le capital au service de la personne, jamais le contraire ». Mais qui est-il ? Adriano Olivetti réincarné ? Brunello Cucinelli sans cachemire ? Il se définit comme un « patriote », un « romantique », car il ne fuit pas l’Italie pour investir ici. Il en veut aux « alibis ».
Dans son panthéon culturel, il y a évidemment aussi Julio Velasco, le commissaire technique de l’équipe nationale féminine de volley-ball. « Les alibis ont une chose : ils expliquent tout, ils ne changent rien. Putain d’alibis. J’apporte des choix. » S’il s’agissait d’un étudiant, à la soutenance de thèse, après un « va te faire foutre », le président de la commission l’accompagnait jusqu’à la porte. Mais il est « Lmdv ».
Du pape Léon à Maicol Pirozzi
À la façon dont il parle de l’intelligence artificielle, mettant en garde contre l’importance de rester humain dans ce nouveau contexte, il semble qu’il ait jeté un coup d’œil à l’encyclique du pontife « Magnifica Humanitas ». De Leonardino à Leone, compris comme le Pape, il n’y a qu’un seul degré de séparation. « Demain matin, tu te brosseras les dents, comme moi. Levez les yeux, regardez la personne dans le miroir : c’est la seule à qui vous ne pourrez jamais mentir. Si vous soutenez son regard, vous êtes déjà sur le chantier. » Cette inspiration vient peut-être de Maicol Pirozzi, l’entrepreneur de Brianza qui est un gourou du « mindset ».
De la querelle familiale pour le contrôle d’EssilorLuxottica à ses acquisitions à travers les ragots. Désormais également leader d’opinion. Lmdv est une véritable aubaine. Non seulement elle injecte de nouvelles liquidités dans les journaux, mais elle les remplit également dans toutes ses rubriques.