« La tête haute », une série modeste à faire frissonner « Boris ». Pourtant magnétique
Soyez conscient que vous êtes face à un produit modeste et soyez également attiré par lui. C’est l’effet provoqué par « A testa alta », un drame qui a permis à Canale 5 de retrouver la totalisation qui manquait depuis des siècles. Le dernier des trois épisodes a réuni 4 millions de téléspectateurs, soit une part de marché de 28,2%. Un fait historique.
L’emplacement a vraiment aidé. Le mercredi a toujours été la soirée la plus facile en raison d’une concurrence moins féroce et d’une Rai 1 qui hisse généralement le drapeau blanc. Pourtant, cela n’était pas automatiquement synonyme de succès pour la fiction que Mediaset avait tenté de lancer et qui a lamentablement échoué.
« La tête haute » non. Et on ne peut s’empêcher de faire remonter tout cela au facteur Ferilli, un visage reconnaissable et reconnu par le public du fleuron de Mediaset, grâce également à sa présence stable (et décisive) à « Tu si que vales ».
Les innombrables parodies sur les réseaux sociaux (mais même Ferilli en rit)
La série en question est rapidement devenue un mème, générant d’interminables parodies sur les réseaux sociaux. Un tir sur le pigeon qui s’est pourtant transformé comme par magie en point fort. « La tête haute » est en effet devenue centrale, le point d’appui des discussions et des débats, parfait résultat du dicton « pour peu qu’on en parle ».
Dans « A testa alta », tout apparaît pompeux et didactique. Certains détails sont exagérés, d’autres étapes sont expliquées de manière obsessionnelle et il existe une tendance à simplifier des concepts complexes. Bref, une restitution parfaite de ce que « Boris » a concocté sur un ton perculatif il y a plus de quinze ans. Ce qui a été moqué réapparaît aujourd’hui, avec Ninni Bruschetta (qui incarnait le directeur de la photographie Duccio) curieux lien entre les deux titres.
« La tête haute » vous comprend. Si vous commenciez à le regarder, il était peu probable que vous puissiez vous en éloigner. Ce qui a suscité la curiosité, à partir des promos diffusées en décembre, c’est l’histoire de la principale Virginia Terzi, qui s’est retrouvée au centre d’un scandale à cause de la diffusion d’une vidéo intime d’elle avec un homme mystérieux enregistrée au bord du lac. En réalité, le thème de la vengeance pornographique s’est immédiatement dissous, ou plutôt il est devenu marginal. La cyberintimidation a été reléguée au second plan, tout comme la question de la honte et de la difficulté à retenir le regard des gens. Ce n’était qu’un prétexte pour lancer une histoire beaucoup plus complexe, faite de secrets, de crimes, d’amis de toujours qui ne le sont pas et de rebondissements.
Dès la première seconde, « A testa alta » jouissait d’une identité propre, d’un point d’appui, de quelque chose qui la rendait reconnaissable : Ferilli, comme on disait, qui jouait beaucoup sur une diction ultra-romaine.
Ainsi sa sœur Cecilia, appelée « Scescilia » des milliers de fois au cours des trois épisodes, est devenue une marque, une marque, un label. Pas de qualité, mais certainement d’iconicité.
Sabrina – qui apparaît en même temps sur Prime dans « Gigolo per Accident » avec une séquence d’acteur complètement différente – n’y a pas prêté attention. En effet, elle en a encaissé et s’est relancé ironiquement, jouant elle-même sur l’accroche. De cette façon, « A testa alta » est devenu autre chose, quelque chose qui n’est plus jugeable en termes de fabrication, mais plutôt une fiction capable de s’imposer au rayon « poubelle ». Pourtant, un « trash » raffiné, élégant, qui repose depuis le début sur une base de crédibilité.
Canale 5 apprécie l’exploit et, en même temps, se mange les mains, regrettant peut-être de ne pas avoir imaginé une série plus étoffée. Un regret qui ne peut être annulé même avec la planification d’une deuxième saison, étant donné que l’intrigue a été conçue comme « circulaire », avec un début et une conclusion. Au contraire, la graine plantée demeure, c’est-à-dire qu’elle a finalement intercepté la demande des spectateurs. Ainsi qu’un enthousiasme à ne pas gaspiller.