Déclin démographique ? « Interdire l’avortement » est la solution de Pillon
Quand on pense aux causes de la baisse désormais consolidée de la natalité en Italie, on pense généralement au manque d’aide aux familles avec enfants, aux difficultés de reconnaissance du congé de paternité, à un calendrier scolaire bloqué lorsque nous étions une population paysanne et récemment remis en question uniquement pour des raisons touristiques, au manque de places dans les écoles maternelles, aux complications souvent insurmontables dans la carrière professionnelle des femmes qui décident d’avoir un enfant, dans un contexte où, entre des salaires stagnants depuis des décennies et un coût de la vie qui augmente d’année en année, le modèle familial « traditionnel » – un père qui travaille, une mère qui est un ange du foyer – ne tient tout simplement plus, non seulement culturellement mais aussi économiquement.
En tant que parent de deux jeunes filles, je connais personnellement ces problèmes et, en tant que journaliste, j’ai écrit à plusieurs reprises sur eux, me demandant comment il est possible que, dans un pays où le rêve de chacun de nous est d’arriver en bonne santé et de profiter de sa retraite, il y ait si peu d’attention, sinon d’agacement et de mépris, envers ceux qui, malgré tout, décident de donner naissance et de subvenir aux besoins de leurs enfants qui devront un jour payer une grande partie de ces pensions.
Le dilemme a cependant été résolu il y a quelques jours lorsque, contrairement à l’accusation récurrente de ne montrer aux utilisateurs que des contenus qui renforcent leurs convictions même s’ils sont objectivement erronés, l’algorithme de Facebook a placé sur mon timeline ce post de Simone Pillon, ancienne sénatrice de la Ligue lors de la dernière législature, non réélue (on allait dire « foutue ») en 2022, en odeur de transition vers l’Avenir national de Vannacci, un fervent organisateur catholique bien connu de la Journées familiales de 2007, 2015 et 2016.
Année 2024 : rien qu’au Nigeria, les nouveau-nés étaient 7,6 millions.
La même année, dans toute l’Europe, y compris en Russie, 6,3 millions d’enfants sont nés et 1,8 million d’avortements.
Sans les avortements, le nombre total de naissances en Europe aurait été de 8,1 millions.
Une guerre est en cours, une véritable guerre, menée contre la vie, la famille et la natalité.
La première façon de sortir de l’hiver démographique est de mettre un terme à l’avortement volontaire.
Quiconque ne comprend pas ou ne fait rien est complice.
Simone Pillon
Celui qui a même inquiété l’ONU, ainsi que l’Ordre national des psychologues et diverses associations, lorsqu’il a proposé un DDL, plus tard archivé (nous étions sur le point de dire « avorté »), qui prévoyait, entre autres mesures pour les cas de séparation des couples avec enfants mineurs, également la suppression de l’allocation alimentaire (donc si vous acceptez d’être femme au foyer et abandonnez votre homme, vous devez immédiatement trouver un travail et peut-être y réfléchir avant de proposer certaines idées), a la sensibilité d’inclure la Russie (un pays orthodoxe qui a entre 0,1 et 0,6% de catholiques) en Europe qui est en train de « perdre une guerre » contre le Nigeria (où environ la moitié de la population est chrétienne et où se trouve la plus grande communauté catholique d’Afrique, mais ce n’est évidemment pas tant une question de religion). « Nous » 6,3 millions, « eux » 7,6, dit le score qui nous voit succomber, mais que nous pourrions renverser si seulement nous écoutions Pillon et, de Lisbonne à Vladivostok, rendions illégale l’interruption volontaire de grossesse.
Une solution géniale, dans sa simplicité : nous interdisons les avortements et les naissances augmentent de près de deux millions. Dont environ 63 000 en Italie, selon les dernières données officielles se référant à 2021. En effet, Pillon est tellement convaincu d’avoir trouvé la solution au problème du soi-disant « hiver démographique » que dans le post suivant il n’abandonne pas et double la mise, écrivant que l’effondrement de la natalité italienne est dû aux lois qui ont permis l’avortement et le divorce dans les années 1970.
« Pour se remettre sur les rails, il faut redonner de la stabilité aux couples et arrêter le massacre des enfants à naître » affirme l’ancien sénateur, qui invite le ministre Roccella (qu’il appelle évidemment ministre) à avoir du courage.
Un courage qui ne manque certainement pas chez l’ancien sénateur Pillon qui, même s’il a perdu son siège au Palazzo Madama, ne se retient certainement pas lorsqu’il s’agit de trouver des solutions simples aux problèmes complexes de l’Italie. On se permet une seule question : mais compte-t-on les enfants d’immigrés, notamment ceux venus de pays non chrétiens voire chrétiens mais avec une teinte de peau différente de celle de Pillon, de notre côté ou de l’autre côté ?