D’abord Minetti, puis Garlasco : qui paie la machine à boue
Tous sont revenus, sauf ceux qui ont subi des dommages. Ceux qui en ont eu les gardent et remercient Dieu que les choses auraient pu être pires. Cela semble être le sous-texte des deux derniers événements qui croisent l’actualité judiciaire et l’actualité criminelle, et à certains égards aussi politique, et qui, ces derniers mois, ont retenu l’attention de tous. Des romans populaires, un peu noirs et un peu roses, auxquels il était vraiment difficile d’échapper. Parlons des « cas » Minetti et de l’infini Garlasco, deux sujets d’actualité sur le Web et dans les journaux, un sujet de discussion fixe dans les dîners pizzeria et dans les talk-shows, source de grande satisfaction pour les animateurs de télévision et les auteurs en quête d’audiences garanties.
Rien n’était donc vrai : les accusations portées contre Nicole Minetti (et donc aussi contre le ministre Nordio et le président Mattarella) concernant de prétendues irrégularités dans la constitution du dossier qui a conduit à la grâce de l’ancien conseiller régional de Forza Italia étaient fausses. Quant à Garlasco, les hypothèses de corruption impliquant l’ancien procureur de Pavie, Mario Venditti, n’avaient aucun fondement réel. Vieux papiers.
La « honte » de l’État
Les cas sont différents car pour Garlasco nous parlons d’une enquête judiciaire tandis que pour Minetti nous parlons d’une enquête que l’on pourrait définir comme administrative, c’est-à-dire visant à vérifier les qualifications et la légitimité de certains documents, mais en tout cas ils présentent des similitudes notables, probablement unies dans le mot pas exactement raffiné mais dans certains cas efficace de « honte » (nous nous excusons, mais quand il le faut, il le faut).
Là où les victimes sont innombrables et bien identifiées, et où elles ont toutes payé le prix sous la forme d’un battage médiatique qui les a ridiculisées et plus ou moins marqué leur existence, alors que les auteurs restent là, accrochés à la polémique politique qui masque leurs responsabilités, indéfinies même si on sait très bien qui ils sont, et ils le savent, on est certain qu’ils n’en paieront pas le prix. Des « journalistes d’investigation », des politiques qui ont tenté de tirer profit de rien, des médiateurs fantômes et aussi, il faut commencer par le dire, tous ces citoyens/téléspectateurs qui engraissent l’audience de certains programmes en se basant sur le scandale et non sur des faits.
Affaire Minetti : quand la boue touche le Quirinale
Commençons par l’affaire Minetti, peut-être la plus sensationnelle car elle impliquait également le Quirinale, accusé d’avoir signé la grâce en faisant confiance à une enquête (celle qui est toujours menée dans certains cas) menée – c’était le « scoop » – de manière précipitée. Le parquet général de Milan, mis en cause, a procédé à une enquête plus approfondie, à l’issue de laquelle il est apparu que ce qui avait été affirmé par certains journaux puis repris par d’importantes émissions de télévision était faux et qu’en bref, la grâce avait tout à fait raison d’être accordée.
Fin de l’histoire, si ce n’était des dégâts infligés à Nicole Minetti, à son compagnon et surtout à l’enfant, qui, on l’espérait, était à l’abri de tout mais bref il aurait peut-être attrapé quelque chose. Dommage pour le ministre Nordio et aussi pour le Quirinale, et comment ne pas se souvenir des cris de scandale lancés contre le garde des Sceaux par toutes les oppositions, qui n’ont pas attendu la première confirmation de la plainte journalistique mais ont immédiatement commencé à demander la démission du ministre, et ne se sont calmées que lorsque, dans les coulisses, quelqu’un a fait remarquer aux dirigeants du PD qu’en frappant Nordio, ils frapperaient aussi Mattarella, qui pour le meilleur ou pour le pire vient de leur parti. Une mauvaise preuve de l’immaturité collective, en somme, évidemment aussi bien de ceux qui ont sorti le faux scoop que de ceux qui se sont laissés emporter par la polémique politique sans même vérifier ce qui était affirmé.
Garlasco et le « monstre » inventé.
À cet égard, l’épilogue de l’affaire Venditti-Garlasco est similaire, l’ancien procureur de Pavie ayant renoncé à une enquête contre lui dans laquelle il était présumé qu’il avait commis une très lourde corruption, c’est-à-dire avoir empoché de l’argent pour ne pas trop enquêter sur Andrea Sempio et se concentrer sur Alberto Stasi, le jeune homme qui a ensuite été condamné à une peine définitive et est toujours en prison. Dans ce cas également, des mois et des mois d’émissions télévisées, des pages de journaux, des débats transférés à Brescia et finalement rien. Les carabiniers de Pavie ont déposé une dénonciation détaillée dans laquelle sont démontées les hypothèses des magistrats formulées contre Venditti et qui élimine de fait les accusations. Ici aussi, la balle est au centre, et aucune excuse pour le pauvre Venditti qui portera cette affaire avec lui toute sa vie.
Il est clair que personne ne veut que les magistrats n’enquêtent pas s’ils ont des nouvelles d’un crime, et nous savons qu’il y a et il y aura toujours des erreurs dans les enquêtes, tout comme il y en a dans un article de journal ou dans toute autre œuvre humaine. Le fait est qu’il est demandé aux procureurs d’avoir pleinement conscience de la force et, dans certains cas, de la violence possible des outils d’enquête dont ils disposent, en espérant raisonner sur les faits et pas seulement sur les hypothèses présentes dans les discussions à la table. Juste pour donner un exemple : si les investigations des carabiniers, celles qui sont désormais envoyées à Brescia, avaient été menées immédiatement, le pilori pour Venditti aurait été évité. Aussi parce qu’alors le mécanisme médiatique finit par réaliser le travail commencé par les magistrats, et les juges ne disent pas qu’ils n’en sont pas conscients. Malheureusement, le temps passe mais certains courts-circuits restent inchangés.
Court-circuit justice-médias : trente ans après on y est toujours
Comme si les années post-Mains Propres n’avaient pas suffi, avec les milliers et les milliers d’acquittements qui arrivent après des enquêtes dans lesquelles, selon l’opinion publique, le coupable avait déjà été identifié par un avertissement. Un millier de coupables présumés auprès desquels personne ne s’est jamais excusé ni réparé les dégâts, et qui ne peuvent certainement pas être considérés comme le prix à payer pour une machine judiciaire et pour un mécanisme médiatico-judiciaire qui ne peut toujours pas être réformé.