Communautés juives contre partisans : l’incroyable querelle du jour du Souvenir
Les communautés juives de certaines villes italiennes ont décidé d’abandonner les célébrations officielles du Jour du Souvenir. Milan a commencé une controverse avec l’Anpi, parce que l’Association nationale des partisans d’Italie a défini à plusieurs reprises la destruction israélienne de Gaza et le massacre de plus de 45 000 Palestiniens comme un génocide, en réponse à l’exécution de sang froid par les terroristes du Hamas d’environ 1 200 habitants de Israël le 7 octobre 2023.
Les étudiants invités à la rencontre organisée par la municipalité de Milan manqueront ainsi la voix fondamentale des descendants de la plupart des familles qui ont vécu et souffert l’Holocauste, l’extermination voulue par l’Allemagne nazie d’Adolf Hitler et l’Italie fasciste de Benito Mussolini. Et celle de Milan fut suivie par d’autres communautés italiennes importantes.
Parce que les communautés juives avaient tort
Mais c’est une erreur dramatique, car elle nie le devoir que de nombreux témoins ayant survécu aux camps d’extermination, de Primo Levi à Liliana Segre en passant par Edith Bruck pour se souvenir de quelques-uns, ont confié à chacun de nous, juifs et non-juifs. Le devoir de témoignage. Mais aussi du dialogue, condition essentielle pour que la Mémoire soit sauvée de la banalisation de la mémoire.
Nous sommes à l’ère de la banalisation et du déni du génocide des Juifs, des handicapés et des Roms (sur la photo ci-dessus, des enfants libérés à Dachau, photo du Us Holocaust Memorial Museum). Mais sans témoignages, ce serait encore pire. C’est précisément pour cette raison que les reculs, comme celui des communautés juives, sont dangereux. Surtout s’ils tournent le dos à la jeunesse qui reste ainsi à la merci de la réécriture de l’histoire. Entre bras tendus et nostalgie, fomentée par les algorithmes qui guident les nouvelles places des réseaux sociaux. De TikTok à celui d’Elon Musk
Le courage des témoins contre les banalisations
Il convient de rappeler à ceux qui ont décidé d’attirer l’attention sur eux avec cette triste décision que tous les partisans italiens ne se reconnaissent pas dans l’Anpi d’aujourd’hui. Un témoin courageux en est l’ancien président provincial de Milan, Roberto Cenati, qui a démissionné en 2024 en raison du mot génocide utilisé par les dirigeants nationaux. De même que tous les Juifs ne se reconnaissent pas dans la sanglante soif de vengeance manifestée par le gouvernement israélien de Bibi Netanyahu, soutenu par l’extrême droite religieuse.
Toutefois, dans une démocratie comme la nôtre, le droit de ne pas être d’accord ne devrait pas être refusé. Même si les critiques concernent Israël ou le Hamas. Et si mélanger le sang d’hier avec les faits d’aujourd’hui est dangereux, car cela génère haine et préjugés, il faut l’expliquer, le raconter, le témoigner et le démontrer aux enfants et à nous tous qui n’avons pas vécu la Shoah. Encore une fois. Sans désertions. Sans boycott.
Lisez les autres avis sur Libremedia.ca