ce que c’est, les chiffres de l’INAIL et le paradoxe de l’engagement

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Travailler beaucoup, prolonger les journées, raccourcir la pause déjeuner et répondre aux mails même la nuit : pour beaucoup, c’est devenu normal. Dans notre culture moderne, il stresser elle est souvent vécue comme une étape nécessaire, voire obligatoire, pour suivre le rythme et démontrer sa valeur. Mais lorsque la période intense cesse d’être l’exception et devient la règle, le risque de glisser d’un état de stress passager à un état de stress épuisement professionnel C’est en fait très élevé. Les chiffres sont un signal d’alarme en Italie un travailleur sur trois atteint l’épuisement professionnel (près de 50% chez les moins de 35 ans), alors qu’à l’échelle mondiale, la dépression et l’anxiété au travail brûlent 12 milliards de jours ouvrables chaque année, ce qui coûte aux seules entreprises italiennes plus de 88 milliards d’euros.

Origines et chiffres du phénomène

Le terme « burn-out » n’est pas un mot récent ni une mode passagère. Il a été inventé dans les années 1970 par un psychologue Herbert Freudenberger pour décrire le sentiment d’épuisement physique, émotionnel et mental observé chez certains professionnels de santé. Aujourd’hui, le phénomène s’est considérablement étendu, à tel point qu’il a été reconnu parOrganisation mondiale de la santé (OMS) comme un vrai statut d’emploirésultant d’un stress chronique mal géré au travail.

Il ne s’agit pas d’un effondrement soudain, mais d’un usure progressive ce qui affecte l’énergie, la motivation et le sentiment d’efficacité. Les données décrivent une urgence mondiale. LE’Organisation internationale du travail estime que la dépression et l’anxiété liées au travail entraînent une perte de 12 milliards de jours ouvrables chaque année à travers le monde.

Selon le 8ème rapport Censis-Eudaimon, en Italie, le 73% des travailleurs vivent des situations de stress ou d’anxiété liées à leur métier. À propos un sur trois atteint un véritable épuisement professionnel, et chez les jeunes de moins de 35 ans, cette part s’élève presque à 50%. Selon l’INAIL, au cours du seul premier trimestre 2024, les déclarations de maladies professionnelles dues à des troubles mentaux et comportementaux ont augmenté de 17,9% par rapport à l’année précédente. Le coût du burn-out n’est pas seulement humain, mais aussi économique. On estime que cela coûte environ aux entreprises italiennes 88,5 milliards d’euros par an entre absentéisme et perte de productivité.

Les catégories les plus touchées comprennent les professions soins de santé, pédagogique, numériqueau-delà free-lance Et startupeur. Les femmes et les jeunes constituent les groupes les plus vulnérables. Chez les moins de 25 ans, les principales sources de stress sont les longues heures de travail (38 %), suivies par les charges excessives (34 %) et les salaires inadéquats (32 %). Par ailleurs, 39% des travailleurs italiens mentionnent le manque de reconnaissance comme la principale cause d’inconfort.

Aux États-Unis, où le sujet est le plus suivi, le 22% des travailleurs déclarent avoir quitté un emploi (même sans en avoir un autre prêt) exclusivement pour protégez votre santé mentale.

Qui certifie le burn-out en Italie et comment il se manifeste

Distinguez-le stress chronique à partir d’un moment de fatigue c’est fondamental. En Italie, l’épuisement professionnel n’est pas automatiquement reconnu comme une maladie professionnelle à part entière, mais il constitue l’une des formes de stress lié au travail.

Le diagnostic doit être posé par psychothérapeutes ou psychiatres. Le médecin traitant peut délivrer un certificat et le trouble peut être signalé auINAILmais le processus de protection nécessite de démontrer lien de causalité entre l’environnement de travail et la pathologie développée. C’est un processus complexe, mais prendre des congés pour protéger sa santé est un droit fondamental, surtout lorsque l’environnement de travail devient un facteur de stress.

Le burn-out s’installe silencieusement. Les signes physiques d’un système nerveux surchargé comprennent la fatigue chronique, l’insomnie, l’irritabilité, des difficultés de concentration, un rythme cardiaque rapide et une détresse gastro-intestinale.

De nombreux thérapeutes comparent l’épuisement professionnel à une batterie qui se décharge de plus en plus vite et se recharge avec une extrême difficulté. Le repos normal (sommeil, jours de congé) ne suffit plus à se régénérer.

Sur le plan émotionnel, un profond prend le dessus perte de sens. Ceux qui souffrent d’épuisement professionnel cessent souvent de ressentir de l’intérêt ou de la satisfaction pour des activités professionnelles qu’ils considéraient auparavant comme essentielles. Les journées deviennent mécaniques, les tâches autrefois gérables se transforment en rochers insurmontables, et une attitude de détachement prend le dessus : il ne s’agit pas de cynisme ou d’indifférence, mais d’une véritable saturation émotionnelle.

Le paradoxe de l’engagement

Une idée fausse très dangereuse consiste à croire que l’épuisement professionnel est un défaut personnel ou un manque de résilience. Au contraire, elle touche plus souvent ceux qui font preuve d’un très haut niveau d’implication et d’un fort sens des responsabilités. Il s’agit d’une distorsion de l’engagement qui commence par la pensée « Je peux faire plus » et se transforme rapidement en obligation « Je dois faire plus ». Il n’est alors plus question de volonté : c’est un mécanisme déclenché par des pressions extérieures (urgences constantes, précarité, obligation de disponibilité continue, compétitivité) et entretenu par l’idée culturelle toxique selon laquelle résister jusqu’au bout est une valeur.

Il n’existe pas de recette universelle, mais il existe des étapes cruciales pour inverser la tendance et sortir de la spirale :

  • Rétablir les limites : tracez des limites claires entre le temps de travail et le temps personnel. Désactiver les notifications de l’entreprise après 19 heures ne résout pas tout, mais c’est une première et nécessaire limite.
  • Adaptez vos objectifs : demander une révision des charges de travail et apprendre à partager les responsabilités.
  • Demandez de l’aide : comptez sur un soutien clinique professionnel ou psychologique pour gérer le stress et reconstruire une relation saine avec votre énergie.

Le burn-out est le signe d’un profond déséquilibre personnel, organisationnel et culturel. Nous ne sommes pas conçus pour rester constamment connectés et productifs. La solution n’est pas de serrer les dents et de « continuer », mais d’apprendre à s’arrêter et à recharger avant que la batterie n’atteigne zéro.