Bardella en difficulté, « de faux documents pour échapper aux accusations de fraude sur les fonds européens »

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Des documents falsifiés pour prétendre avoir un emploi qu’il n’occupait pas réellement afin de recevoir indûment des fonds européens. C’est l’accusation portée contre le leader du Rassemblement National, Jordan Bardella, qui aurait simulé un emploi d’assistant parlementaire pour travailler pour le parti de droite radicale. C’est le journal français Libération qui a lancé ces accusations dans le cadre d’une enquête qui fait référence à des événements survenus en 2015, lorsque de faux documents auraient été produits par le parti souverainiste français, alors appelé Front National, pour faire du jeune Bardella un assistant parlementaire. à l’ancien député européen Jean-François Jalkh, un travail qu’il n’exercera cependant pas réellement.

Cette année-là, Bardella a passé plusieurs mois aux côtés de Jalkh, recevant un salaire de 1 200 euros entre février et juin. Cependant, selon l’enquête, l’homme politique travaillait pour le parti et non pour le député, recevant ainsi frauduleusement son salaire. On soupçonne que Bardella a participé à la falsification des relevés d’activités et des revues de presse, pour démontrer qu’il travaillait en réalité pour Jalkh et non pour la Fn, afin d’éviter des accusations de détournement de fonds.

Ces révélations sont apparues dans le contexte d’allégations selon lesquelles le groupe d’extrême droite aurait utilisé des fonds européens entre 2004 et 2016 pour payer des responsables du parti plutôt que pour effectuer des travaux parlementaires, en violation des règles européennes régissant le recrutement d’assistants du parti. En 2018, une estimation de l’Assemblée communautaire chiffrait ses pertes à environ 6,8 millions d’euros.

Un procès s’ouvrira le 30 septembre au cours duquel 27 hauts responsables du parti, dont l’ancien leader Jean-Marie Le Pen et sa fille Marine Le Pen, triple candidate à la présidence française, feront face à une série d’accusations de détournement de fonds. Comme le rapporte Euractiv, Bardella (qui a connu une ascension rapide dans les rangs du parti, devenant président en 2021 à l’âge de 25 ans, tête de liste aux élections européennes et législatives, et même proposé comme candidat possible au poste de Premier ministre) n’est pas parmi les accusés.

En cas de verdict de culpabilité, chaque responsable pourrait être condamné à une amende pouvant aller jusqu’à 1 million d’euros, risquer 10 ans de prison et perdre le droit d’éligibilité pour une durée pouvant aller jusqu’à cinq ans. « Jordan Bardella nie formellement les fausses accusations contenues dans l’article de Libération », a déclaré le service de presse du parti à Euractiv. Le même bureau a qualifié ces accusations de « tentative grossière de déstabilisation », quelques jours seulement avant le début du procès pour détournement de fonds. La députée Le Pen a nié tout acte répréhensible.