Le pont de Constantin de 328 après JC émerge du Danube asséché : il reliait la Bulgarie et la Roumanie sur 2437 m

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Le niveau exceptionnellement bas de Danube ne cesse de restaurer les vestiges historiques. Après les bateaux et même les fossiles de mammouths, sécheresse nous a permis d’observer à nouveau les restes d’un imposant pont romain près du village de Gégendans le quartier de l’ancienne ville de Oescusdans Bulgarie. La structure est ce qu’on appelle Pont Constantinintégré 328 après JC sous le règne de l’empereur Constantin Ier (306-337 après JC). Le pont, 2334 m de longueur – dont 1137 m traversaient le lit du Danube – il est considéré comme l’un des plus longs ponts fluviaux de l’Antiquité et relié Oescussur la rive sud du Danube, avec Il s’est suicidé (aujourd’hui Corabia, en Roumanie), sur la rive opposée, dans l’actuelle Roumanie.

Deuxième Pavel Popovarchéologue de Musée régional de Plevenune équipe du musée a récemment effectué une reconnaissance de la zone, utilisant également des drones pour photographier et documenter ce qui est ressorti des eaux. Les images nous permettent d’observer des parties de la structure qui restent normalement immergées. Le pont avait des dimensions considérables : en effet, il s’étendait sur sur deux kilomètres. Sa construction représentait une prouesse technique majeure et facilitait les liaisons à travers le bas Danube à la fin de l’époque romaine. La structure est restée utilisée pendant environ quatre décennies. Il est probable que le pont ait été détruit vers 367 après JCdans le contexte de guerres entre Romains et Goths.

L’abaissement du Danube offre donc aux archéologues une rare opportunité d’observer directement parties du monument normalement cachées par l’eau. La documentation créée par le musée de Pleven permettra d’enregistrer l’état actuel des vestiges et de comparer avec ce que l’on sait déjà de la structure. Le phénomène climatique extrême, en revanche, représente une opportunité supplémentaire pour étudier une infrastructure qui a joué pendant des siècles un rôle stratégique dans les liaisons entre les deux rives du Danube et dans les relations de l’Empire romain avec les territoires situés au nord du grand fleuve.