Alors le « vieux » propagandiste Meloni est de retour
Quatre années de travail acharné pour endosser le rôle d’une chrétienne-démocrate qui tente de ressembler à Margaret Thatcher jetée à la mer de Ceuta. Le conflit entre l’Italie et l’Espagne montre le pire des deux pays, avec Giorgia Meloni enlevant le rôle de leader européen et aspirant à devenir homme d’État pour revenir à la propagande et endiguer l’hémorragie des votes provoquée par Vannacci. Un affrontement absurde, celui entre les deux pays, dans lequel l’Italie provoque et fait preuve d’hostilité pour inciter ses supporters. La nouvelle est la suivante : la « droite-droite » est de retour, montrant ses muscles mais apportant peu de solutions pragmatiques à la réalité.
Sánchez est le nouvel ennemi parfait
A moins d’un an du scrutin, le risque d’être dépassé sur le flanc droit par le général en robe de chambre apparaît de plus en plus clairement dans les sondages. Mais il y a un nouvel ennemi avec lequel se déchaîner : il s’agit de Pedro Sánchez, le premier ministre espagnol, salué dès le début par le Parti démocrate d’Elly Schlein comme un modèle de bonne gouvernance. Personnage politique donc bien utile pour soulever un peu de poussière.
Désormais, on s’attend à tout : la campagne électorale a commencé. N’importe quelle histoire peut être utilisée, tout a un sens. On s’en prend même à quatre syndicalistes belges (les faisant passer pour la CGIL italienne) qui tournent le dos à Ignazio La Russa. Se heurtant même à un autre leader européen, cette fois issu du même domaine politique : l’Allemand Friedrich Merz.
Avec Vannacci impliqué, nous devons inventer quelque chose
A Rome, la compétition pour savoir qui sera le plus souverainiste a repris. Plutôt que de caresser le répertoire de Francesco Guccini, nous ressentons le besoin de lever les drapeaux car le général Roberto Vannacci est plus effrayant que l’ensemble du champ uni. Au sein de la coalition, ce serait une épine dans le pied en raison de ses contenus forts et de ses propositions choquantes, tandis qu’à l’extérieur, cela risquerait de devenir un bain de sang électoral. L’ancien député européen de la Ligue du Nord est absolument incapable de construire quoi que ce soit pour les instances administratives, mais il est tout à fait capable de les faire perdre. Il a par exemple déjà décidé de sceller la défaite du centre-droit à Milan en alignant un autre général, Carmelo Burgio. Le programme de Vannacci rappelle le « le colis est terminé » de mémoire melonienne, jamais traduite par le gouvernement de centre droit en résultat tangible et de discontinuité sur l’économie, en matière de sécurité, sur le front des migrants.
La structure Vannaccia met en avant, comme tous les partis nés de rien, des difficultés d’organisation : sans argent et sans médias, il est difficile d’avancer. Mais il intercepte le soi-disant vote d’opinion, sous le signe du « essayons avec lui ».
Le général doit à chaque fois inventer des astuces pour faire parler de lui et ses troupes ne sont pas de la plus haute qualité, entre une Laura Ravetto qui ne touche pas à une coalition où elle est restée vingt ans et un Edoardo Ziello qui montre la corde au Parlement. Cette dernière idée est très ancienne, mais elle nous fait réfléchir sur l’ennemi de l’épisode : Ziello l’extrait en référence au ministre de la Ligue du Nord, Giancarlo Giorgetti, trente-trois ans après la prestation d’un député de la Ligue du Nord, Luca Leoni Orsenigo, à l’époque de Tangentopoli.
Le Carroccio est congelé
La Ligue, quant à elle, vit toujours dans le flou : les mois passent mais rien ne change. Le Parti du Nord revient-il aux modérés avec Luca Zaia et Massimiliano Fedriga comme protagonistes ? Tout est au point mort. Matteo Salvini est sourd aux conseils et y reste. En effet, il réclame un nouveau mégaphone pour sa propagande. Au ministère des Transports, il est incapable de s’exprimer au mieux, au ministère de l’Intérieur, ce serait une toute autre affaire, si Matteo Piantedosi était transféré ailleurs. Le gouverneur lombard Attilio Fontana laisse échapper, dans une conversation de la Ligue du Nord, un projet d’une nouvelle Ligue post-salvinienne, entre les mains des administrateurs du Nord. Pour l’instant, le parti est gelé et perd chaque jour le consensus.
Meloni, dans tout cela, a trouvé un adversaire en Sànchez, pour accompagner l’interne, déjà identifié et redouté depuis un certain temps : Giuseppe Conte. Oui, parce que le Premier ministre prétend également choisir son rival lors des prochaines élections, et fait toujours répéter à son peuple que l’italo-suisse-américain Schlein est le challenger. Autrement dit, le rival parfait. Certainement pas l’avocat du peuple, au centre d’une âpre campagne de presse des journaux proches du centre-droit. Il sait bien que le caméléon de la politique italienne est capable de tout et que cela le rend dangereux, tandis que le secrétariat démocrate est un adversaire beaucoup moins insidieux sur le chemin qui mène à un rappel électoral historique.