La Suisse vise un tunnel souterrain de 500 km avec véhicules automatiques qui reliera Genève à Constanta

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Le transport mondial de marchandises atteint un point de saturation dangereux par la route et le rail. Dans ce scénario, le suisse a répondu par une solution d’ingénierie radicale, soutenue par un investissement privé de 30 à 35 milliards de francs : le Cargo Sous Terrain (CST). C’est un réseau logistique colossal presque long 500kmsitué entre 20 et 40 mètres de profondeur, destiné à fonctionner 24h/24 grâce aux véhicules automatisés et à l’intelligence artificielle. Le but ? Réduisez jusqu’à 40 % le trafic intense sur les autoroutes et éliminez l’impact sonore sur la surface.

Réseau de tunnels d’un diamètre de 6m : la description du projet

Le CST a été conçu comme un réseau de tunnels numérisés placés à une profondeur moyenne de 20-40 mètres sous la surface. Le diamètre interne de chaque tunnel est d’env. 6 mètres. Les trains conventionnels ne circuleront pas dans ces tunnels, mais plutôt véhicules à guidage automatique (AGV) à sustentation magnétique ou sur roues, alimentés par induction électrique.

Du point de vue des caractéristiques techniques, on peut dire que les véhicules circuleront à une vitesse constante d’env. 30km/h sur trois voies parallèles (deux pour directions opposées, une centre de service/dépassement). La connexion avec la surface se fera via des pôles logistiques verticaux. Les charges (fixées sur palettes ou conteneurs modifiés) seront insérées dans le flux souterrain via des ascenseurs automatisés à grande vitesse, capables d’optimiser les temps de cycle.

L’ensemble du projet/système intègre une voie secondaire sur le toit des tunnels pour le transport de marchandises et de colis plus petits qui, en revanche, circuleront à une vitesse accrue (60km/h).

L’ensemble du réseau est géré par un logiciel central basé sur l’intelligence artificielle, qui coordonne la trajectoire de chaque AGV individuel, réduisant ainsi à zéro les temps d’arrêt et les risques de collision.

L’impact économique du projet

La réalisation d’un projet de cette envergure nécessite un investissement d’environ 30 à 35 milliards de francs suissesfinancé entièrement par des particuliers (dont des géants de la grande distribution et des opérateurs logistiques). Un des avantages majeurs par rapport au transport routier, soumis à des restrictions la nuit et le dimanche en Suisse, CST fonctionnera 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

La première partie de l’itinéraire ira de Härkingen/Niederbipp à Zurich et durera environ 70km. Il sera opérationnel d’ici 2031 et réduira considérablement les coûts d’exploitation et la dépendance aux fluctuations des prix du carburant. En éliminant les retards causés par la circulation et les accidents de la route, les entreprises peuvent optimiser leurs centres de distribution, réduisant ainsi le besoin d’énormes entrepôts de stockage intermédiaire dans les zones urbaines coûteuses.

Durabilité et environnement : l’impact du CST sur le trafic et les émissions

La mise en œuvre du projet CST s’inscrit dans les objectifs du décarbonisation de la Suisse et de l’Union européenne. L’ensemble du réseau souterrain et donc les véhicules seront entièrement alimentés par des sources d’énergie renouvelables, telles que l’hydroélectricité et l’énergie éolienne locale.

On estime que l’introduction du CST permettra de réduire le trafic des poids lourds sur les autoroutes suisses jusqu’à 40% et jusqu’à 25% du trafic commercial dans les centres urbains. En déplaçant le transport de marchandises sous terre, l’impact sonore dans les zones densément peuplées est supprimé. Par ailleurs, l’occupation des sols en surface se limite exclusivement aux pôles de chargement/déchargement, préservant ainsi le paysage et la biodiversité.

Le creusement d’un tunnel produira des millions de tonnes de matériaux inertes: le projet implique la réutilisation de ces matériaux, conformément aux diktats techniques de l’UE, afin de procéder à la restauration de carrières abandonnées ou à la production de béton structurel pour les tunnels eux-mêmes, en appliquant les règles et le bon sens de l’économie circulaire.