Ensuite, le bulletin d’Europa Today qui vous raconte chaque lundi matin ce qui va se passer dans la secte
En tête de l’ordre du jour
Le temps des négociations – Le lundi 15 juin sera à sa manière un jour historique pour l’Ukraine (et la Moldavie). Après deux ans de blocus politiquement motivé en raison de l’opposition de l’ancien Premier ministre hongrois Viktor Orbán, les négociations d’adhésion avec Kiev et Chișinău pourront officiellement commencer sur le premier groupe de chapitres de négociation. Le feu vert des 27 ambassadeurs de l’UE a été obtenu le 12 juin dernier, lorsque la position de négociation de l’Union a été approuvée et qu’une évaluation positive a été donnée quant au respect des paramètres nécessaires à l’ouverture du Cluster 1 – « Fondamentaux », qui couvre cinq chapitres (sur 33) sur les critères économiques, le fonctionnement des institutions démocratiques et la réforme de l’administration publique.
Soutien européen – L’ouverture du premier groupe de chapitres des négociations d’adhésion avec l’Ukraine et la Moldavie intervient dans une semaine cruciale pour le soutien européen à Kiev. « Notre réunion offrira l’occasion d’envoyer un signal fort d’unité », c’est ce qu’a prévu le président du Conseil européen, António Costa, dans son discours lettre d’invitation au sommet des chefs d’État et de gouvernement des 27 pays de l’UE, qui se tiendra entre le jeudi 18 et le vendredi 19 juin. Le déblocage des négociations est décrit comme « une étape importante sur leur chemin vers l’UE », qui « met fin à une longue impasse dans le processus d’adhésion de ces deux pays » à un moment où il y a « un nouvel élan dans le processus d’élargissement » de l’Union européenne.
Défense de l’Ukraine et de l’Union – Lors du sommet des dirigeants de l’UE, l’Ukraine reste « en tête de notre agenda », confirme Costa, qui prévoit que la discussion sera précédée d’une discussion avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky. Outre la question de l’adhésion, la situation sur les fronts de guerre sera analysée, où Kiev « a démontré un succès renouvelé » tandis que Moscou « ne parvient pas à atteindre ses objectifs militaires et stratégiques ». Le soutien militaire à la défense de l’Ukraine s’inscrit également dans le contexte du comportement « de plus en plus imprudent et irresponsable » de la Russie, qui s’est manifesté ces dernières semaines par plusieurs incursions de drones dans l’espace aérien des pays membres de l’UE, notamment le crash d’un drone russe transportant des explosifs dans un immeuble résidentiel en Roumanie. « Même si des progrès ont été réalisés en termes de dépenses et de capacités de défense, il reste beaucoup à faire », prévient le président du Conseil européen à propos du renforcement du flanc oriental.
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La variante Trump – Dans ce contexte, le président américain Donald Trump se présentera au sommet des dirigeants du G7 – le format qui réunit l’Italie, le Canada, la France, l’Allemagne, le Japon, le Royaume-Uni et les États-Unis – à Évian-les-Bains, en France, entre le lundi 15 et le mercredi 17 juin. Compte tenu de son imprévisibilité, de son mépris du multilatéralisme, de son irritation fréquente à l’égard de ses alliés traditionnels et de son récent désengagement des négociations de paix entre la Russie et l’Ukraine, il est presque impossible de prédire dans quel esprit Trump arrivera en France et quels messages il apportera aux dirigeants européens (dont von der Leyen et Costa) et au président ukrainien Zelensky, également invité au sommet d’Évian-les-Bains.
Pas seulement l’Ukraine – L’impact de Trump se fera également sentir sur un autre sujet majeur de discussion entre les dirigeants du G7. La guerre en Iran et au Liban – déclenchée par les États-Unis et Israël -, la crise au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz restent parmi les questions les plus sensibles, sur lesquelles Trump a reproché à plusieurs reprises à ses alliés de ne pas y avoir contribué. À leur tour, les Européens en particulier ont clairement fait savoir que la guerre contre Téhéran n’était pas leur guerre, même si les pays du Vieux Continent sont parmi les plus touchés par les effets de la crise énergétique et économique. Une séance de travail spécifique sur le rétablissement de la stabilité au Moyen-Orient se tiendra à Évian-les-Bains en présence du président égyptien Abdel Fatah El-Sisi et des dirigeants des Émirats arabes unis et du Qatar. Le sujet reviendra également au Conseil européen, où les 27 dirigeants de l’UE discuteront également des « implications plus larges, en particulier pour les prix de l’énergie », de la « situation dramatique » à Gaza et en Cisjordanie et des efforts européens pour un cessez-le-feu au Liban.
Budget et économie européens – Concernant les questions « extra-ukrainiennes », lors du sommet des dirigeants de l’UE de jeudi 18 et vendredi 19 juin, seront également abordés la compétitivité européenne, la réponse aux déséquilibres macroéconomiques mondiaux (c’est-à-dire les défis posés non seulement par la Chine mais aussi par les États-Unis) et le prochain budget de l’Union pour la période 2028-2034, après la présentation du paquet de négociation par la présidence tournante chypriote du Conseil, dans le but de parvenir à un accord « d’ici la fin du année », réitère Costa.
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Autres sujets d’actualité
Entre l’Ukraine, la Chine et le Moyen-Orient – Lors du Conseil des Affaires étrangères de lundi 15 juin à Luxembourg, les 27 ministres de l’UE entameront les discussions sur les derniers développements de la guerre russe en Ukraine, en écoutant leur homologue ukrainien Andrii Sybiha par vidéoconférence. L’état des relations avec la Chine, la situation géopolitique dans le Caucase du Sud – avec un échange informel avec le ministre arménien des Affaires étrangères, Ararat Mirzoyan, avant le début du Conseil – et surtout la guerre au Moyen-Orient, entre l’Iran, le Liban, Gaza et la Palestine, seront également sur la table des chefs des Affaires étrangères européens. Le rôle d’Israël et une éventuelle offensive diplomatique européenne contre le gouvernement de Tel Aviv domineront l’agenda des 27 ministres.
L’heure des sanctions contre Ben-Gvir ? – L’un des débats les plus animés sera celui sur la proposition d’inclure le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, sur la liste des sanctions de l’UE, après le traitement infligé aux membres de la flottille qualifié de « dégradant et inacceptable » par la Commission. Rome et Paris ont demandé à la haute représentante de l’UE, Kaja Kallas, de travailler sur un ensemble de sanctions contre l’un des membres les plus extrémistes du gouvernement de Benjamin Netanyahu. Mais le véritable obstacle est l’unanimité. L’Allemagne ne semble pas vouloir soutenir cette rupture européenne avec Israël, la République tchèque fait partie des pays les plus opposés aux sanctions de Tel Aviv, la Hongrie n’a assoupli sa position en politique étrangère qu’après l’arrivée de Péter Magyar au gouvernement, et le nouveau Premier ministre slovène de droite, Janez Janša, pourrait y opposer son veto.
Sommet avec l’Egypte – En marge du Conseil Affaires étrangères de lundi 15 juin, se tiendra également à Luxembourg la onzième réunion du Conseil d’association UE-Egypte. Il ne s’agira pas d’une réunion de haut niveau comme le premier sommet d’octobre 2025, mais la réunion présidée par le haut représentant Kallas et la commissaire pour la Méditerranée, Dubravka Šuica, servira à examiner la mise en œuvre du partenariat stratégique et global UE-Égypte et à discuter des deux moyens de renforcer la coopération bilatérale et de l’évolution de la crise au Moyen-Orient.
Préparatifs avant le Conseil – Les ministres responsables des Affaires étrangères entameront les préparatifs du Conseil européen, mardi 16 juin à Luxembourg, par un débat sur le dernier projet de conclusions. La réunion portera avant tout sur le projet de cadre de négociation pour le prochain budget de l’UE, suite à la proposition de la présidence chypriote. L’objectif est d’adopter des orientations générales partielles sur trois composantes principales du nouveau cadre financier pluriannuel, à savoir les plans de partenariat nationaux et régionaux, le Fonds européen pour la compétitivité et l’instrument pour une Europe mondiale.
Biotechnologie et santé – Mardi 16 juin, les 27 ministres de l’UE responsables de la santé se réuniront à Luxembourg pour un Conseil axé sur la biotechnologie (et pour discuter des derniers développements de l’épidémie d’Ebola en Afrique centrale). L’objectif est d’approuver la position de négociation sur la proposition de directive relative à la mise sur le marché de micro-organismes génétiquement modifiés et au traitement des organes, avec un débat ultérieur sur le European Biotech Act, la proposition de règlement visant à renforcer les secteurs de la biotechnologie et de la biofabrication, en particulier dans le secteur de la santé. Enfin, la présidence chypriote présentera un rapport sur l’état d’avancement des travaux relatifs à la proposition de règlement simplifiant les règles relatives aux dispositifs médicaux et au diagnostic in vitro.
Ne détruisez pas les jeux vidéo ! – Le même jour, mardi 16 juin, est attendue la communication de la Commission en réponse à l’initiative citoyenne européenne (ICE) « Mettons fin à la destruction des jeux vidéo ». Le cabinet von der Leyen devra décider comment donner suite aux plus de 1,4 million de signatures sur l’initiative appelant à l’obligation de maintenir les jeux vidéo en état de fonctionnement pour les éditeurs qui les vendent ou les licencient aux consommateurs dans l’UE.
Dépenses et protection du budget de l’UE – Mardi 16 juin également, la Commission publiera le rapport annuel sur la gestion et les résultats, c’est-à-dire le document que l’exécutif européen doit publier chaque année pour illustrer en détail comment le budget de l’Union a été dépensé, géré et protégé. En d’autres termes, il s’agit de la manière pratique par laquelle la Commission assume la responsabilité politique du budget commun.
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Du Parlement européen
Le Parlement européen se réunira en séance plénière. La Chambre de Strasbourg s’apprête à approuver définitivement l’accord commercial entre l’UE et les Etats-Unis conclu en juillet dernier par Ursula von der Leyen et Donald Trump, mettant fin à une longue saison de tensions tarifaires. L’accord prévoit la suppression des droits de douane européens sur les produits industriels américains et un accès préférentiel à certains produits agricoles et de la pêche américains, tandis que Washington maintiendra des droits de douane de 15 % sur la plupart des exportations européennes. Un compromis jugé imparfait mais préférable aux menaces de droits à 30 %.
La Chambre européenne a cependant obtenu quelques garanties supplémentaires, dont une « sunset clause » qui fera automatiquement expirer le règlement fin 2029, sauf renouvellement, et un renforcement des pouvoirs de la Commission pour suspendre l’accord en cas de violations par les Américains. Les populaires, les socialistes et les libéraux devraient soutenir le texte, tandis que la gauche radicale le considère comme une capitulation face à la pression de Trump.
Parmi les autres dossiers de la Plénière, la réforme du rapatriement des migrants irréguliers se démarque. Le texte introduit une plus grande coordination entre les États membres, de nouvelles formes de coopération obligatoire pour les migrants et la possibilité de détention jusqu’à 24 mois, en plus du recours à des hubs de rapatriement dans des pays tiers. Une proposition destinée à diviser l’hémicycle, mais qui devrait obtenir le feu vert grâce à la convergence sans précédent entre groupes populaires, conservateurs et groupes de droite européenne.
Dialogue avec les commissaires – Lundi 15 juin, en marge de la séance plénière, les commissions des budgets (Budget) et des affaires économiques et monétaires (ECON) tiendront deux auditions sur la reprise et la résilience européennes avec le vice-président exécutif de la Commission chargé de la cohésion et des réformes, Raffaele Fitto, et avec le commissaire chargé de l’économie et de la productivité, Valdis Dombrovskis.
Toujours budgétiser – Mardi 16 juin, les co-rapporteurs du Parlement pour le cadre financier pluriannuel (CFP), Siegfried Mureşan (PPE) et Carla Tavares (S&D), expliqueront aux journalistes lors d’une conférence de presse – à 15h30 – leur réaction au projet de position de négociation du Conseil publié par la présidence tournante chypriote le 11 juin dernier.
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