L’intelligence artificielle est partout, mais 42% des Italiens déclarent ne pas l’utiliser

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Quand il s’agit de intelligence artificielleles pensées se tournent presque automatiquement vers ChatGPT, Gemini et autres chatbots capables de générer des textes, des images ou du code en quelques secondes. Pourtant, cette technologie est bien plus répandue qu’on ne le pense. Selon le Radar de tendance Samsung 2026Exactement 42% des Italiens déclarent ne pas utiliser l’IAmême si celui-ci est désormais intégré à de nombreux appareils et services numériques présents dans la vie quotidienne.

À première vue, les données peuvent paraître contradictoires. Comment est-ce possible presque 1 personne sur 2 vous prétendez n’avoir aucun rapport avec l’intelligence artificielle à une époque où les smartphones, les moteurs de recherche, les plateformes de streaming et les assistants vocaux en font un usage massif ? L’explication réside peut-être dans la manière dont cela est perçu.

En fait, pour de nombreux utilisateurs, l’IA coïncide presque exclusivement avec les chatbots conversationnels et les outils d’IA générative, qui sont désormais de plus en plus populaires. Quand à la place les algorithmes fonctionnent en coulissesau sein des applications et des services, ont tendance à passer inaperçus. C’est précisément cet écart entre la perception et la réalité qui rend le résultat issu de la recherche particulièrement intéressant.

L’intelligence artificielle est déjà présente dans de nombreux outils du quotidien

Ces dernières années, l’intelligence artificielle est devenue une composante de plus en plus importante du technologie grand public. Les smartphones l’utilisent entre autres pour améliorer automatiquement les photographies, reconnaître les personnes et les objets dans les images, réduire le bruit de fond lors des appels et optimiser la consommation d’énergie.

Les plateformes de streaming s’appuient également fortement sur des algorithmes avancés. Les suggestions de films, de séries télévisées et de musique proposées aux utilisateurs ne sont pas aléatoires, mais sont traitées en analysant les préférences, l’historique de visionnage et les habitudes d’utilisation. Il en va de même pour les moteurs de recherche, qui utilisent des modèles de plus en plus sophistiqués pour comprendre les demandes des utilisateurs et renvoyer des résultats pertinents.

Les assistants vocaux, les traducteurs automatiques, les systèmes de navigation par satellite et les appareils domestiques intelligents représentent d’autres exemples de technologies qui s’appuient, au moins en partie, sur des systèmes d’intelligence artificielle. En d’autres termes, l’IA est souvent cachée dans des outils que des millions de personnes utilisent régulièrement.

L’écart entre la diffusion réelle et la perception des utilisateurs

L’étude de Samsung semble mettre en lumière un phénomène de plus en plus courant : l’intelligence artificielle il n’est reconnu que lorsqu’il prend une forme explicitecomme celui d’un chat capable de répondre à des questions ou de générer du contenu. Cependant, lorsqu’il est intégré à un produit ou service numérique, il est souvent perçu comme une simple fonctionnalité. En effet, selon l’étude, seulement 35 % répondent l’avoir intégrée dans leur routine, 56 % des personnes associent l’IA principalement aux chatbots et 65 % sont incapables de comprendre la présence de l’IA dans les appareils qu’ils utilisent au quotidien.

Il s’agit d’un processus qui a également impliqué d’autres innovations technologiques dans le passé. Aujourd’hui, presque personne ne pense à « utiliser Internet » lorsqu’il consulte son compte courant via une application, réserve un voyage en ligne ou commande un produit sur un site e-commerce. Internet est devenu si omniprésent qu’il est considéré comme un élément normal de l’expérience numérique.

Quelque chose de similaire pourrait se produire avec l’intelligence artificielle. À mesure que ses fonctionnalités sont implémentées dans des logiciels, des plates-formes et des appareils, elles cessent d’être perçues comme un élément distinct et deviennent simplement une partie de l’expérience utilisateur.

L’Italie est encore en retard dans l’adoption de l’IA

Les données de recherche de Samsung s’inscrivent dans un contexte plus large. Selon Eurostat, en effet, en 2025 environ un tiers des citoyens de l’Union européenne ont utilisé des outils d’IA générative. L’Italie se situe cependant en dessous de la moyenne européenne, signe d’une diffusion encore plus faible que celle enregistrée dans plusieurs autres pays du continent.

Certaines questions cruciales émergent également sur le front des compétences numériques. Selon l’ISTAT, en 2025 54,3 % des Italiens possédaient au moins des compétences numériques de base. Même si ce chiffre est en augmentation par rapport à l’année précédente, le pays reste encore loin de l’objectif de 80 % fixé par l’Union européenne pour 2030.

La situation semble également similaire dans le monde des affaires. Selon leObservatoire de l’Intelligence Artificielle de l’École Polytechnique de Milanle marché italien de l’intelligence artificielle a atteint en 2025 une valeur de 1,8 milliard d’eurosenregistrant une croissance de 50% par rapport à l’année précédente. Malgré la forte expansion du secteur, de nombreuses entreprises continuent de faire face à des défis liés à la formation du personnel, à la disponibilité de compétences spécialisées et à l’intégration de ces solutions dans les processus de production.

L’IA n’est plus une technologie du futur

Le chiffre de 42% issu de l’enquête Samsung témoigne d’une réalité qui n’est qu’en apparence paradoxale. Plutôt que d’indiquer un réel manque d’utilisation de l’intelligence artificielle, cela semble mettre en évidence un difficulté à reconnaître sa présence. Aujourd’hui, l’IA ne se limite plus aux laboratoires de recherche ou aux grandes entreprises technologiques. Il est déjà présent dans de nombreux outils du quotidien et continue de s’étendre dans de nouveaux domaines, souvent de manière discrète et presque invisible.

La vraie question n’est donc peut-être pas de savoir si les Italiens utilisent ou non l’intelligence artificielle, mais dans quelle mesure ils sont conscients de son intégration dans les technologies qui les accompagnent au quotidien. Et les données suggèrent qu’il existe encore une distance importante entre la diffusion réelle et la perception.