L’Europe va alléger les sanctions contre la Syrie : « Mais nous sommes prêts à revenir en arrière »

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

L’Union européenne commencera à suspendre les sanctions contre la Syrie pour soutenir la transition du pays après Assad. Les ministres des Vingt-Sept sont parvenus à un accord politique au Conseil des Affaires étrangères de Bruxelles et se sont mis d’accord sur une feuille de route pour une suspension progressive, afin de continuer à faire pression sur les islamistes de Tahrir al-Sham (Hts) et leur leader Ahmad. Husayn al-Shara pour garantir que la transition se déroule dans le respect des droits démocratiques et des minorités.

Élimination progressive

Un régime de sanctions vaste et complexe est en vigueur contre la Syrie, qui « ont été divisés en groupes », et une approche « étape par étape » a été convenue, a expliqué la haute représentante Kaya Kallas à la fin de la réunion. Les sanctions ne seront pas annulées, mais seulement suspendues, afin qu’elles puissent être rétablies au cas où le nouveau gouvernement du pays ne respecterait pas les engagements pris envers la communauté internationale.

Nous commencerons donc par l’élimination de ceux qui font partie du premier groupe, puis « si nous voyons des pas dans la bonne direction, nous pourrons en éliminer d’autres », a expliqué le chef de la diplomatie communautaire, qui a également prévenu qu’au contraire, « la levée des sanctions peuvent être annulées si de mauvaises mesures sont prises. »

Nous commençons par les transports et l’énergie

On ne sait pas encore de quels secteurs il s’agira, mais en entrant dans la matinée, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, avait déclaré que l’intention était de commencer par « certaines sanctions appliquées aux secteurs de l’énergie et des transports et aux institutions financières, qui sont fondamentales pour la stabilisation financière du pays ».

Certes, a assuré Kallas, « ceux qui concernent l’exportation d’armes ne seront pas éliminés ». Quoi qu’il en soit, le ministre syrien des Affaires étrangères Asaad Hassan al-Shibani a qualifié cette décision d' »étape positive » dans un post sur X. La décision politique devra désormais être suivie d’un travail juridique, qui pourrait toutefois prendre quelques semaines.

Les sanctions

L’UE a mis en place une série de sanctions qui ciblent à la fois la population et les secteurs économiques en Syrie, notamment une interdiction d’exporter du pétrole syrien et des restrictions sur l’accès aux canaux financiers mondiaux. Cependant, les capitales européennes ont commencé à revoir leur approche à l’égard de Damas après que Bachar al-Assad a été renversé de son poste de président en décembre par les forces insurgées dirigées par les milices islamistes de Hayat Tahrir al-Sham.

Les gouvernements de l’UE veulent contribuer à relancer la reprise nationale, mais de nombreuses capitales ont également souligné que l’Europe devrait adopter une approche progressive et réversible pour maintenir son influence, tout en encourageant les nouvelles autorités de Damas à respecter les droits fondamentaux et à mettre en œuvre des politiques inclusives.