Mais comment annuler une série comme Prisma ?
Ma collègue Maria Cafagna a déjà donné l’actualité ici dans Aujourd’hui, en expliquant également le contexte sociologique dans lequel elle s’inscrit. En parlant de l’annulation de Prisma après deux (merveilleuses) saisons, communiquée directement par Lodovico Bessegato, on se limite donc à un commentaire de fans de séries TV et d’un journaliste qui suit notamment Prime Video.
Comment annuler une série comme Prisma ? Comment peut-on priver d’une fin ce qui est de loin la meilleure série télévisée italienne produite par Prime Video, unique, originale, différente et belle ?
Nous disions que les plateformes de streaming ressemblent de plus en plus à la télévision généraliste lorsque les publicités ont commencé à apparaître ici aussi, mais cette annulation va au-delà de cette poursuite du passé.
Prisma est une série télévisée qui rend pratiquement un service public, décrivant une réalité juvénile avec une authenticité désarmante. C’est une série qui devrait être diffusée sur la RAI, si seulement il y avait un contexte politique favorable à certains types de produits LGBTQ+ friendly.
Au lieu de cela, Prime avec ce choix abdique non seulement sa vocation expérimentale, mais aussi et surtout son besoin de produire et de montrer des séries différentes de la fiction que l’on voit déjà à la télévision. Ne serait-ce que pour justifier des abonnements qui ne sont (plus) très bon marché.
Cette annulation nous semble donc, bien qu’économiquement justifiable (même si…), stratégiquement et créativement erronée. Car le risque est que les abonnés se retrouvent à choisir de ne pas payer pour des plateformes avec des publicités et des séries qui tendent à se conformer à celles de la télévision, y compris des comédies avec des visages connus et des histoires de crimes et d’enquêtes. Un risque que Prime Video, s’il veut continuer à concurrencer Netflix en Italie, on ne sait pas combien il peut se permettre.