Alors que la Russie continue de tester les capacités européennes en envoyant des drones survoler et perturber l’espace aérien des pays membres, Bruxelles cherche des outils efficaces pour se défendre contre les menaces hybrides. Le projet du « mur de drones » était au centre du discours de la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, aujourd’hui à Strasbourg en plénière du Parlement européen. La mise en œuvre nécessite cependant du temps et des méthodes complexes, compliquées également par les désaccords entre les différentes chancelleries européennes.
Développer des capacités plus rentables pour protéger l’espace aérien européen
« Le mur de drones est notre réponse à la réalité de la guerre moderne », a déclaré le président de la Commission européenne, attirant l’attention sur l’asymétrie des coûts qui caractérise les conflits contemporains. « Pensez à ce qui s’est passé en Pologne : nous avons dû déployer des systèmes très coûteux, des avions de combat de dernière génération, pour abattre des armes relativement bon marché et produites en série. Ce n’est pas durable », a-t-il prévenu, soulignant que les 27 Etats membres ne peuvent pas compter uniquement sur des capacités militaires coûteuses, comme les missiles Patriot, pour défendre le ciel contre des avions fabriqués pour quelques milliers d’euros. La solution indiquée par l’exécutif communautaire est claire : l’Union devra répondre aux drones par des drones, en développant des capacités autonomes et plus économiques pour protéger l’espace aérien européen.
Qu’est-ce que le mur de drones de l’Union européenne et comment fonctionne-t-il
Le numéro un de la Commission a identifié un exemple à suivre : l’Ukraine. Depuis le début de l’invasion russe à grande échelle, Kiev a développé une industrie militaire dotée de drones à bas prix, capables de frapper même les raffineries russes. Le gouvernement ukrainien a déjà commencé à collaborer avec certains pays européens et la Commission prépare un plan d’aide pour stimuler la production de drones en Ukraine, avec l’idée que l’Union européenne pourra également en bénéficier à l’avenir. « L’Ukraine est prête à soutenir nos efforts. Le mur de drones contribuera également à la surveillance du flanc oriental. Il surveillera et protégera le ciel, les mers et le sol de nos membres orientaux. Mais il ne s’agit pas seulement de notre frontière orientale », a rappelé von der Leyen, soulignant la nécessité de « sortir de la zone de confort pour dissuader ceux qui veulent nous faire du mal ». Une référence loin d’être implicite à la Russie et à sa guerre hybride.
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« La plus forte augmentation des dépenses de défense de l’histoire de l’Union »
En réponse aux menaces de Moscou, Bruxelles présentera « bientôt » une feuille de route pour mettre en œuvre le plan « Readiness 2030 », comme a été rebaptisé ReArm Eu, le nouveau projet européen de réarmement. « L’agenda Readiness 2030 mobilisera jusqu’à 800 milliards d’euros pour la défense, y compris grâce à de nouveaux instruments comme Safe », qui prévoit 150 milliards d’euros de prêts conjoints déjà souscrits par 19 pays du bloc. Un chiffre qui s’inscrit, comme le précise le président de la Commission, dans la « plus forte augmentation des dépenses de défense de l’histoire de notre Union ». Comme l’a indiqué Von der Leyen, « nous avons désormais besoin d’un plan paneuropéen précis, étroitement coordonné avec l’OTAN, sur la manière de procéder ». Le président a annoncé que « nous présenterons bientôt notre « Feuille de route pour la préparation à la préservation de la paix 2030″ : elle définira non seulement des objectifs communs, mais aussi des objectifs concrets pour 2030 ».
L’alliance technologique dans le secteur de la défense
Von der Leyen a également annoncé la création de nouvelles « alliances technologiques » pour renforcer le secteur européen de la défense. L’initiative vise à connecter les start-ups et les grandes entreprises du secteur de la défense, en accélérant la transition de l’innovation vers le domaine opérationnel et en favorisant des impacts économiques plus larges. L’objectif, a expliqué le président de la Commission, est de construire une base industrielle de défense qui soit à la fois un gage de sécurité et un moteur de croissance pour l’Union. Même avec l’aide de l’intelligence artificielle. L’utilisation de l’IA s’inscrit également dans ce cadre, comme l’envisage le lancement des stratégies de l’Union européenne « Apply AI » et « AI in Science ».