Au coeur de Zone d’exclusion de Tchernobylà l’intérieur du tristement célèbre Réacteur 4, protagoniste de la catastrophe nucléaire de 1986, dans les années 1990, un champignon noir (Cladosporium sphaerospermum) capable non seulement de survivre à des niveaux très élevés de rayonnement ionisantmais même de proliférer justement grâce à eux grâce à un pigment que nous, les êtres humains, possédons aussi (la mélanine) grâce à un phénomène intéressant appelé « radiosynthèse ».
Cette espèce, étudiée en profondeur par le scientifique nucléaire Nelli Jdanovacela semble être littéralement « attiré » par les sources radioactivesprécisément parce que ce champignon en a besoin pour vivre. Avec le « radiosynthèse » ou « radiotropisme »En effet, en pratique, le champignon utilise leénergie des rayons gamma produit par des réactions nucléaires pour alimenter son métabolisme, selon un processus similaire à celui de photosynthèse chez les plantes. Les plantes utilisent le chlorophylle – pigment qui donne la couleur verte caractéristique – pour transformer le soleil en énergie chimique alors que ces champignons pourraient obtenir le même résultat en utilisant un autre pigment, le mélanineet les rayons gamma.

C’est vrai, la mélanine – le même pigment présent dans le nôtre peau qui nous protège des rayons UV – semble être la clé de tout. Ce champignon en est très riche et lui donne son caractère typique couleur noire. Le pigment joue un double rôle essentiel :
- Convertisseur d’énergie : capte le rayonnement et utilise son énergie pour la croissance. Des études ont montré que le Cladosporium elle croît plus rapidement en présence de rayonnements que dans un environnement normal, même si les mécanismes sous-jacents restent à élucider.
- Bouclier de protection : protège l’ADN du champignon des dommages causés par les radiations, qui autrement détruiraient le matériel génétique et les protéines.
Cette capacité d’adaptation a attiré l’attention de NASA. L’espace, en effet, est un environnement hostile bombardé par rayons cosmiques (particules à haute énergie), qui représentent l’un des plus grands dangers pour la santé des astronautes en mission de longue durée. Une bonne partie des rayons cosmiques est absorbée par notre atmosphère, mais l’espace en est riche.
Pour tester son potentiel, le champignon a été envoyé Station spatiale internationale (ISS). Les résultats ont montré une croissance 1,2 fois plus rapide par rapport aux témoins et une réduction des niveaux de rayonnement. Toutefois, les raisons de cette croissance accélérée restent encore à définir avec certitude. Bien que la mélanine et la « radiosynthèse » semblent jouer un rôle clé, on ne peut pas exclure que l’apesanteur également (microgravité) contribue à stimuler son développement.
Ces résultats sont prometteurs dans le domaine spatial et ouvrent la voie à la possibilité fascinante – et presque de science-fiction – de créer de véritables « bioboucliers » auto-régénérés, destinés à protéger futures bases spatiales.