que faire maintenant si vous avez réservé un vol

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Donald Trump a menacé de fermer totalement le Détroit d’Ormuz par les États-Unis suite à l’échec du négociations avec l’Iran tenue au Pakistan. Tout cela se produit alors que la crise du kérosène – le carburant des avions – commence à se faire sentir dans les aéroports européens, y compris italiens. Rappelons en effet que le kérosène est un dérivé du pétrole et que 20 % du commerce mondial de pétrole brut transite par Ormuz. Celui de Trump est une sorte de « dissuasion symétrique »: Si vous ne laissez pas passer les navires occidentaux, nous ne laisserons pas passer les vôtres non plus. Tout cela, en pratique, se traduit par un une énorme incertitude quant à disponibilité du kérosène aussi en vue des vacances d’été, avec le risque de vols annulés. Nous essayons donc de clarifier la situation et de répondre à des questions pratiques basées sur les droits des passagers et la réglementation européenne.

Parce que bloquer le prix ne garantit pas le décollage

Ces dernières semaines, vous avez probablement lu qu’ITA Airways avait couvert 80 % de ses besoins en carburant pour les neuf prochains mois, ou que Ryanair et Lufthansa disposaient de couvertures importantes. Ces nouvelles sont vraies, mais nous devons comprendre ce que signifie exactement le terme toiture.

Lorsqu’une compagnie aérienne affirme avoir couvert ses besoins en carburant, elle parle d’un couverture financière sur le prixet non une garantie sur la disponibilité physique du kérosène. Cela fonctionne comme un contrat préalable avec votre fournisseur : l’entreprise convient aujourd’hui d’un prix fixe pour une certaine quantité de carburant à livrer dans les mois suivants, afin de la protéger des hausses du marché.

Mais si le kérosène n’est pas physiquement disponible à l’aéroport d’où le vol doit décoller, ce contrat n’a plus de sens. Les compagnies aériennes sont donc protégées du risque financier et non du risque logistiquequi dépend des aéroports, des dépôts locaux, de la chaîne d’approvisionnement physique. Et c’est précisément ce deuxième risque que la crise d’Ormuz met sous pression.

Vacances d’été 2026, vaut-il mieux réserver ses vols maintenant ou attendre ?

Ceux qui réservent maintenant bénéficient du prix actuel. Le problème est que ce prix a déjà augmenté par rapport à il y a quelques mois et pourrait encore augmenter si la crise se prolonge. En revanche, ceux qui réservent aujourd’hui ont plus de choix de destinations et d’horaires. Ceux qui attendent pourraient toutefois bénéficier d’une résolution de la crise dans un avenir proche et d’une baisse des prix des vols, mais ils risquent de trouver moins de disponibilité et des tarifs plus élevés.

Le conseil qui émerge le plus fréquemment des experts du secteur à l’heure actuelle n’en est qu’un : si vous réservez, choisissez des tarifs flexibles. Dans un contexte aussi incertain, payer un peu plus pour un billet modifiable ou remboursable n’est pas un luxe, c’est une forme concrète de gestion des risques. Cela coûte plus cher désormais, mais vous donne la liberté de changer de plan sans tout perdre si la situation se détériore ou, à l’inverse, si vous trouvez une meilleure alternative une fois la poussière retombée.

Un mot d’avertissement : les vols les plus exposés à d’éventuelles annulations sont les vols court-courriers vers des destinations également accessibles en train, des charters vers les petites îles de la Méditerranée et des itinéraires saisonniers opérés à partir d’escales avec un seul fournisseur de carburant. Les vols long-courriers et les correspondances vers des destinations accessibles uniquement par voie aérienne sont protégés en dernier lieu.

Remboursement du vol : s’ils l’annulent, ai-je droit à un remboursement ?

Le Règlement européen 261/2004 garantit toujours un remboursement intégral du billet dans les 7 jours en cas d’annulation, ou bien un vol de remplacement vers la destination finale. Ceci s’applique quelle que soit la cause de l’annulation, y compris bien sûr le manque de carburant.

Cependant, la situation est incertaine indemnité complémentairequi varie de 250 € à 600 € selon la distance du vol. Si l’entreprise peut démontrer que l’annulation est due à des événements extraordinaires indépendants de sa volonté, elle peut être exonérée du paiement de cette somme supplémentaire. Ce n’est pas automatique et les entreprises doivent le prouver au cas par cas, mais c’est une éventualité.

L’assurance voyage en vaut-elle la peine ?

Si vous avez seulement acheté le billet d’avion, l’assurance n’ajoute pas grand-chose à ce que le droit européen vous garantit déjà. Le remboursement en cas d’annulation est déjà prévu par le règlement 261/2004, sans qu’il soit nécessaire de recourir à des politiques supplémentaires.

Toutefois, l’assurance devient plus pertinente si vous avez réservé un forfait vacances complet (vol, hôtel, éventuel tour opérateur) et vous souhaitez protéger la totalité de la dépense au cas où c’est vous qui devriez abandonner, pour des raisons personnelles et non à cause d’une annulation de l’entreprise. Dans ce cas, une politique d’annulation peut vous rembourser les frais déjà engagés si l’annulation est documentée et rentre dans les causes prévues au contrat.

Attention cependant : de nombreuses politiques standards ils excluent explicitement les événements imputables à des conflits armés ou à des crises énergétiques d’origine guerre. Avant de souscrire une couverture à l’heure actuelle, veuillez lire attentivement les clauses d’exclusion et vérifier que les scénarios liés à la crise d’Ormuz sont effectivement couverts.