Pourquoi la France remplace Windows par Linux dans les administrations publiques : qu’est-ce que la souveraineté numérique

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

Quelque chose comme 2,5 millions de PC abandonneront Windows au profit de Linux. C’est ce qui arrivera aux appareils de bureau utilisés par les employés du gouvernement dans France. LE’8 avril 2026le DINUM (Direction Interministérielle du Numérique), ou l’organisme français qui définit et oriente la stratégie numérique de l’État, a officiellement communiqué l’abandon de Windows sur les postes de travail de l’administration publique, annonçant son remplacement par Linux. Comment ça se fait? Réduire la dépendance vis-à-vis des fournisseurs non européens. Et ce n’est pas une expérimentation : la décision est déjà opérationnelle. Chaque ministère a été invité à identifier ses dépendances technologiques vis-à-vis de fournisseurs non européens et à présenter, d’ici l’automne 2026, un plan détaillé de migration vers des outils open source.

La France dit adieu au système d’exploitation Windows pour la souveraineté numérique

Le choix résolument audacieux entrepris par l’Elysée s’articule autour du concept de souveraineté numérique. Par cette expression nous entendons la capacité d’un État à contrôler les infrastructures, les logiciels et les données. sans avoir à dépendre de fournisseurs externessurtout lorsqu’ils appartiennent à des juridictions étrangères. Dans le cas français, la question est devenue prioritaire : le gouvernement a lancé un plan concret, avec des délais précis, pour réduire la dépendance vis-à-vis des entreprises américaines – comme Microsoftl’éditeur de logiciels qui développe Windows – et adopter des solutions open source développées ou gérées sur le Vieux Continent. Cette étape impliquera environ 2,5 millions d’agents publics et s’inscrit dans une stratégie plus large qui comprend des outils de communication, de cloud et de productivité.

Et lorsque nous parlons d’« open source », nous faisons référence à des logiciels dont le code est accessible au public et peut être étudié, modifié et redistribué. Cette approche réduit ce qu’on appelle verrouillage du fournisseurc’est-à-dire le dépendance à l’égard d’un fournisseur unique qui rend difficile le changement de technologie sans encourir des coûts élevés. C’est justement l’un des problèmes que la France veut surmonter. La décision officielle, annoncée par la DINUM, exige le remplacement de Windows par Linux sur tous les postes de travail du gouvernement.

Cette transition ne part pas de zéro. De la 2008 la Gendarmerie française utilise une distribution Linux personnalisée appelée GendBuntubasé sur Ubuntu (l’une des distributions Linux les plus populaires). Aujourd’hui, ce système est installé sur plus de 100 000 ordinateurs et a démontré sa capacité à supporter des charges opérationnelles critiques. L’expérience accumulée depuis près de vingt ans constitue le modèle sur lequel construire la migration nationale. De plus, GendBuntu a déjà généré une adoption des économies financières importantesestimé à millions d’euros par an par rapport aux licences de systèmes propriétaires.

Les outils open source adoptés et le remplacement par Linus

La France adoptera outils open source déjà consolidés et connu des amateurs de « logiciel libre » : LibreOfficepour la productivité (au lieu de Microsoft Office) ; Mozilla Firefoxpour la navigation web (en remplacement de Google Chrome, Microsoft Edge, etc.) ; Mozilla Thunderbirdpour la gestion des e-mails (au lieu de Microsoft Outlook et similaire) ; Gimppour les graphiques et la retouche photo (au lieu de Photoshop) ; Tchappour la messagerie interne de l’administration publique e France Transfertpour échanger et partager des fichiers.

Un élément central pour assurer la transition vers l’open source concernera l’adoption de systèmes de sécurité adéquats. Des technologies comme la Protocole matriciel ils garantiront des communications cryptées de bout en bout, c’est-à-dire lisibles uniquement par les destinataires. Le système d’authentification unifié (Authentification unique) permettra aux utilisateurs d’accéder à tous les services avec une seule identité numérique, améliorant ainsi non seulement la sécurité mais également la facilité d’utilisation du logiciel.