pluviométrie moyenne de 50 mm par an

Alexis Tremblay
Alexis Tremblay

LE’Antarctique c’est un désert, et c’est aussi le plus grand du monde, avec une superficie d’environ 13,8 millions de kilomètres2: vous avez bien lu. Même si l’image commune d’un désert est celle d’un paysage de dunes de sable et de températures caniculaires, le continent Antarctique – couvert jusqu’aux pieds 98% de glace et donc l’endroit le plus froid du monde – il est classé désert froid. En effet, la définition scientifique de cet écosystème ne dépend pas de la température mais de précipitation: est classé comme désert tout territoire qui reçoit moins que la moyenne 250 millimètres de pluie (ou de neige) par an.

Et l’Antarctique se situe largement en deçà de ce seuil : comme l’indique le Programme Antarctique des États-Unis (USAP), le continent enregistre en moyenne 50 millimètres de précipitations par an (principalement sous forme de neige), ce qui en fait le l’endroit le plus sec de la planète. Et sur le plateau antarctique – vaste zone qui constitue l’arrière-pays du continent – ​​les chutes de neige sont encore plus rares, avec des températures annuelles moyennes tombant en dessous de –57 °C.

La principale raison de l’absence de précipitations s’explique par un principe physique simple :L’air froid retient très peu de vapeur d’eau. Plus l’air est froid, moins il peut contenir de molécules d’eau sous forme gazeuse et donc moins il peut produire de précipitations. L’humidité qui parvient à atteindre le continent provient des zones libres de glace duocéan Antarctique et est transporté vers la troposphère principalement par le secteur compris entre la Terre de Wilkes et la Terre de Marie Byrd : cela expliquerait pourquoi les régions côtières enregistrent des précipitations nettement plus élevées que le Plateauqui reste presque toujours sec.

Pour compliquer encore davantage la situation, il y a les vents catabatiques: courants d’air dense et glacial qui, descendant par gravité du plateau interne vers la côte, s’échauffent par compression, devenant encore plus sec et capables de sublimer la neige avant même qu’il ne touche le sol, le faisant ainsi passer directement de l’état solide à l’état gazeux. Ces vents soufflent de manière persistante toute l’année et représentent l’un des phénomènes atmosphériques les plus extrêmes de la planète, avec des rafales qui dans certains cas dépassent 300km/h.

Recherche publiée dans la revue Lettres de recherche géophysique démontré que ce mécanisme provoque la sublimation d’environ la 35% des chutes de neige qui tombent à la limite de l’Antarctique oriental : la neige, en pratique, s’évapore dans l’air sans jamais s’accumuler au sol.