Parce que Giorgia Meloni a peur de finir comme Renzi
Un peu plus d’un mois après la célébration du référendum sur la justice, il était inévitable que le jeu entre dans le vif du sujet et, comme cela arrive toujours lorsque les choses se compliquent, le plus dur commence à jouer. L’illusion d’une campagne électorale disputée au bord du fleuret, entièrement consacrée à discuter de la Constitution, de la séparation des carrières, du CSM et des Hautes Cours s’est avérée être une illusion en effet. Les partis ont compris que pour mobiliser le gros de l’électorat, celui qui sur la plupart des sujets regarde plus la surface que le mérite, il faut s’adresser à la courbe et non tant à la tribune VIP.
Projection des votes : le record des abstentions
Les sondeurs s’accordent tous à dire qu’à l’heure actuelle, seule une minorité de la population est intéressée par la réforme, même si elle revêt une importance incontestable pour la vie des citoyens. Nous parlons d’un pourcentage d’environ 36/38 pour cent qui expriment jusqu’à présent l’intention d’aller aux urnes. Il est donc clair pour tout le monde que le résultat final sera décidé par les 15/20 pour cent restants qui voteront vraisemblablement (pour la réforme Renzi de 2016, le taux de participation était de 65 pour cent, en 2020, en raison de la réduction du nombre de parlementaires, il était de 51 mais la consultation a été combinée avec quelques élections régionales). Celui qui saura motiver au mieux son « front », ou son « front potentiel », remportera une victoire qui, compte tenu de sa proximité avec la politique, pourrait s’avérer double, à l’instar de celle joker il était une fois aux Jeux sans frontières.
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C’est la raison pour laquelle la campagne électorale, des deux côtés, s’oriente vers des projets qui n’ont pas grand chose à voir avec la séparation des carrières ou le CSM. Le camp du Non a fait le premier pas dans ce sens. Une démarche qui était en un certain sens obligatoire. Les sondages ont montré que le Non était loin derrière (alors qu’il y a maintenant une légère reprise), donc la seule façon de revenir en tête était de tirer des boulets de canon sur ceux qui proposaient cette réforme, Giorgia Meloniet exploiter le sentiment anti-melonien sous toutes ses formes, sentiment présent dans une grande partie de la population : le danger autoritaire que la réforme introduirait dans la double option que le gouvernement voudrait mettre les juges sous protection ou qu’une caste de super-pros intouchables serait créée (d’ailleurs des aspects qui se contredisent), que le gouvernement veut attaquer la justice parce qu’il n’aime pas les contrôles et rêve de pleins pouvoirs, que combiné aux décrets de sécurité nous marchons vers une police état.
Le précédent de Matteo Renzi : la peur du flop
Le Front Si a compris la démarche et a au contraire tenté de réagir avec des arguments qui n’étaient pas non plus très pertinents quant au mérite des articles de la Constitution à modifier. En pensant que le cœur de la réforme est un référendum sur le système judiciaire et son travail ces dernières années, les distorsions du système judiciaire ont commencé à être soulignées, depuis les erreurs judiciaires (ou présumées telles) comme Garlasco, jusqu’aux enquêtes menées avec des arrestations arbitraires ou des libérations faciles pour ceux des centres sociaux qui frappent la police et restent impunis. Lorsqu’il est clair qu’une victoire du Oui n’éliminerait pas de nouveaux cas Garlasco et ne produirait pas une baguette magique capable de rendre chaque enquête à l’épreuve des bombes.
Dans ce contraste de stratégies, Giorgia Meloni se trouve au milieu et est celle qui prend le plus de risques. Coincé entre la nécessité de ne pas trop paraître pour ne pas personnaliser le vote comme le souhaite l’opposition, et celle d’y mettre quand même un visage car une campagne électorale menée sur le fil du papier ne mord pas et lui fait finalement plus de mal que de bien.
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La Première ministre avait déclaré dès le début qu’elle ne voulait pas « politiser » la consultation pour éviter de finir comme Matteo Renziparalysé en 2016 par son exposé imprudent (« Si je perds, je démissionne » et d’autres choses du genre), mais il se rend compte qu’une politisation est déjà en place, et un an après le vote pour le renouvellement du Parlement, cela ne pourrait être que ainsi. C’est peut-être la raison pour laquelle, ces derniers jours, sa présence médiatique (les événements de Turin, les JO, les Affaire Pucci) également en raison de faits sans rapport direct avec le référendum. Parce que quand les choses se compliquent, les durs ne peuvent pas rester dans les tribunes.
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