On joue aussi à tout ça avec Musetti
Depuis qu’il existe un classement ATP (23 août 1973), les meilleurs joueurs de tennis italiens sont Jannik Sinner, Adriano Panatta et Lorenzo Musetti. Ce qui était autrefois une opinion très répandue est aujourd’hui devenu une splendide réalité, également appuyée par des chiffres, qui ne disent pas tout, mais ne mentent jamais.
Avec la finale à Hong Kong, Divin Lorenzo entre parmi les cinq meilleurs joueurs de la planète et se prépare à affronter l’Open d’Australie. Mieux que lui, en fait, seulement Jannik le Cannibale (à ce jour 66 semaines comme numéro 1 mondial) et le national Adriano (quatrième du classement pendant trois lundis de l’année magique 1976). On entend déjà le grand Nicola Pietrangeli souligner qu’il s’est hissé au troisième rang mondial, mais c’était encore à l’ère pré-informatique et les classements étaient établis par des journalistes.
C’est ce que dit l’histoire, alors que l’actualité dit que depuis le printemps 2024, derrière les phénomènes Alcaraz, Sinner et Djokovic, il y a notre Muso, tant en termes de performances (deux demi-finales de Grand Chelem, bronze olympique, finale à Monte-Carlo et qualification pour les finales ATP), qu’en termes de continuité, ce que certains critiques attribuent au talent de Carrara.
Pas seulement ça. Musetti a montré une capacité rare à s’améliorer saison après saison. Les autres rivaux pour les premières places du top dix, comme Fritz, Shelton et De Minaur, n’ont pas encore fourni, pour des raisons différentes, les mêmes garanties. Des hauts et des bas pour les deux Américains, un niveau moyen-élevé pour l’Australien mais le sentiment constant que face aux plus forts il n’a pas la capacité nécessaire pour les inquiéter.
Lorenzo Musetti, savamment guidé par Simone Tartarini, a placé la barre plus haut année après année. Dans un circuit très compétitif, où il n’y a pas l’ombre de matches faciles, croyez-nous : ce n’est pas du tout acquis. Et avec un modeste nombre de points à défendre dans cette première phase de saison (au moins jusqu’à la terre battue européenne), penser à se rapprocher des deux extraterrestres n’est pas une idée farfelue.
Le tabou des finales
La septième défaite consécutive en finale de l’ATP, aussi douloureuse soit-elle, ne doit pas induire en erreur. Contre cette nouvelle version de Bublik, sur terrain dur extérieur, on peut perdre sans avoir à rougir. Le Kazakh est entré pour la première fois dans le top dix des clubs, ce n’est pas par hasard. Et, en termes de bagage technique, nous parlons d’un joueur qui a très peu de faiblesses et qui, lorsqu’il joue son meilleur tennis, peut donner un coup à la plupart de ses collègues.
Le regret réside peut-être dans quelques choix moins que parfaits lors du tie-break du premier set, mais parlons des détails. Mais ce sont eux qui font toute la différence dans des matches aussi équilibrés. Muso a beaucoup grandi dans cet aspect, c’est pourquoi le revers chinois peut être écarté sans drame, encore plus après le premier titre en double avec son ami Lorenzo Sonego. Comme on dit dans le sport, gagner permet de gagner.
Sur les sept défaites au tour final, Muso devra se plaindre en 2024 contre Cerundolo à Umag, mais surtout lors des deux finales consécutives disputées à Chengdu, en Chine, contre Shang et Tabilo. Les autres KO sont venus de Paul (Queen’s), Alcaraz (Monte Carlo) et Djokovic (Athènes) au terme de matchs âprement disputés et bien joués.
La préparation à Carlos et Jannik
Les problèmes au bras droit subis à la fin du premier set contre Bublik ont peut-être eu un impact et c’est justement sur le plan physique que se trouve l’une des prochaines étapes que Lorenzo est appelé à franchir. Si vous êtes numéro 5 mondial à 23 ans, vous ne pouvez que regarder qui est devant vous. Quiconque s’arrête dans le tennis est voué à reculer, donc même un joueur aux solutions infinies comme le bleu devra ajouter de nouvelles armes à son arsenal année après année.
Cependant, la distance enregistrée par Alcaraz et Sinner lors des matchs de la dernière édition pourrait au moins être réduite si Musetti parvenait à se rapprocher de l’extraordinaire physicalité des deux lièvres du tennis mondial. Être prêt à se battre pendant cinq heures contre Carlitos et Jannik : tel doit être le défi d’aujourd’hui.
Simone Tartarini continuera à travailler sur le reste (nous nous répétons, mais amener un garçon des tournois des moins de 10 ans dans le top cinq vaut au moins quelques Oscars), sans hâte et avec la recette gagnante des petits pas, soutenue pour cette saison par José Perlas. L’entraîneur espagnol, qui a mené Carlos Moya et Albert Costa aux victoires à Roland Garros, et qui a entraîné de nombreux joueurs comme Guillermo Coria, Nicolas Almagro, Juan Carlos Ferrero, Janko Tipsarevic et Fabio Fognini, saura sans aucun doute ajouter quelque chose de très positif au tennis de Lorenzo.
Jusqu’à présent, Lorenzo Musetti a enchanté les amateurs de raquette et les histoires de ses protagonistes. Et s’il était la troisième roue de l’Open d’Australie ?