De la politique de voisinage et d’élargissement à commissaire à la santé et au bien-être animal. C’est la voie d’Olivér Varhelyi, confirmée par Ursula von der Leyen dans son équipe lors de la plénière de Strasbourg. Après la dure période de Covid et le difficile redémarrage post-pandémique, on aurait pu s’attendre à un homme politique avec plus de poids pour la tâche ardue de garantir des politiques de santé plus compactes, coordonnées et fondées sur la prévention. Cependant, la politique de santé reste peu attrayante pour ceux qui aspirent à un poste de haut niveau en Europe. Varhelyi, le bras droit de Viktor Orban, s’est retrouvé dans une tempête l’année dernière à la fois pour ses positions plus ou moins secrètement pro-russes et pour son attitude peu collaborative envers les députés européens.
Il revient aujourd’hui aux côtés de von der Leyen avec pour mission de mener à bien le projet ambitieux de l’Union européenne de la santé, de continuer à œuvrer pour One Health, qui propose une approche multidisciplinaire des soins de santé, qui tienne compte de la santé des individus et de l’environnement et animaux. Les défis concrets seront d’éviter les pénuries de médicaments, de permettre un marché concurrentiel plus dynamique dans une industrie pharmaceutique caractérisée par quelques acteurs dominants, de mettre en œuvre le plan controversé de lutte contre le cancer, qui en Italie (et pas seulement) a suscité de nombreuses critiques. Enfin, la lutte contre la nicotine continue, pour s’actualiser après le boom de la cigarette électronique.
Qui est le commissaire à la Santé Olivér Varhelyi ?
Varhelyi a atterri dans une tempête l’année dernière après avoir traité les députés européens d' »idiots » à l’issue d’une séance de questions à Strasbourg. À l’époque, Varhelyi était responsable de la direction générale chargée du processus d’adhésion des nouveaux États membres. La Chambre européenne s’était levée pour demander sa démission. Avant et après l’affaire, le commissaire est resté dans le collimateur de nombreux députés européens, considéré comme une émanation d’Orban au sein de l’exécutif européen, la Hongrie étant isolée à la fois en raison de ses positions ambiguës sur la Russie et de l’érosion progressive de l’État de droit dans le pays. . Mais von der Leyen l’a également confirmé pour son deuxième mandat.
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« Je suis honoré d’avoir été nominé pour le portefeuille Santé et bien-être des animaux », a écrit Varhelyi sur X, citant quelques exemples d’excellence parmi les professionnels de la santé hongrois. Selon certains experts, cette fois le commissaire hongrois a des tâches plus technocratiques que politiques, comme celles liées à l’élargissement, où il a fallu beaucoup d’équilibre et de diplomatie pour dialoguer, par exemple, avec des pays candidats comme la Serbie et la Turquie et rester néanmoins « fidèle » aux valeurs de ‘Eu.
Que fera le nouveau commissaire à la santé ?
Pour remédier aux graves pénuries de médicaments et garantir leur prix abordable, von der Leyen a confié à Varhelyi la direction de la loi sur les médicaments critiques. Le principal défi sera de conclure le paquet pharmaceutique et de le mettre en œuvre. Parmi les innovations les plus importantes, le règlement prévoit la réduction de la protection des brevets sur les données des nouveaux médicaments, ce qui devrait réduire le pouvoir excessif des grands noms de cette industrie. Les principaux lobbys pharmaceutiques l’attendent déjà aux portes de son cabinet.
Le Hongrois devra également s’engager à satisfaire les demandes contenues dans le rapport Draghi, qui demandait par exemple d’accélérer les procédures d’autorisation des médicaments, un meilleur accès aux thérapies les plus avancées et l’adoption de l’intelligence artificielle dans le domaine médical. La biotechnologie sera également au centre de sa mission, un domaine de plus en plus vital pour l’amélioration des traitements et des technologies de santé. Avec le European Biotech Act, von der Leyen vise à encourager l’innovation dans les essais cliniques et à rendre les entreprises européennes du secteur plus compétitives.
Lutte contre le cancer et le tabagisme
La prévention reste centrale pour la Commission von der Leyen (du moins sur le papier), même si elle reste l’un des domaines les plus débattus. Au cours de ce deuxième mandat également, la politique allemande se concentre sur le Plan de lutte contre le cancer, qui, lors de la dernière législature, avait suscité de vives critiques en raison de la « diabolisation » des experts impliqués concernant la viande rouge, les sucres, les aliments ultra-transformés et l’alcool. Les députés européens, les lobbies agricoles et les producteurs de vin (notamment italiens) avaient élevé les barricades, il faudra comprendre combien Varhelyi investira dans ce chapitre de sa mission et si des interdictions, des taxes plus élevées ou de simples recommandations en ressortiront. Enfin et surtout, la nicotine.
L’Europe veut interdire de fumer (et aussi de vapoter) à l’extérieur
Le dirigeant allemand a expressément demandé une révision de la loi sur le tabac, compte tenu également d’un marché perturbé par les cigarettes électroniques et de l’attrait fatal qu’elles exercent sur les mineurs et les jeunes en général. Il y a quelques jours seulement, de nouvelles recommandations sont arrivées à la Commission européenne à partir d’un projet qui circulait à Bruxelles : parvenir à une génération sans tabac d’ici 2040, lutter contre le tabagisme passif également par l’interdiction de fumer (y compris pour vapoter) à l’extérieur dans certaines zones.
L’actualité du bien-être animal
Outre la santé, le commissaire hongrois est également chargé de l’amélioration du bien-être animal, explicitement mentionnée dans son portefeuille. Cela semblerait être une victoire pour ceux qui se battent depuis des années sur ces questions, mais le nom de Varhelyi a immédiatement fait lever le nez aux défenseurs des droits des animaux et aux écologistes. Alors que l’ancienne commissaire Stella Kyriakides avait travaillé dur pour introduire de nouvelles règles pour la protection des animaux, elle s’était surtout occupée des propositions sur les conditions de transport et l’interdiction des cages, cette fois les tâches de la commissaire sont vagues, mais surtout elles le sont ses positions sur le sujet.