Noël joue sans Jésus : l’hypocrisie de l’inclusivité
C’est la même histoire chaque année, depuis un bon moment déjà. Il devient même ennuyeux d’écrire sur ce sujet, mais c’est évidemment nécessaire étant donné la dérive prise par le politiquement correct.
Crèches de genre fluides, la Nativité représentée avec deux mères ou deux pères et diverses réinterprétations. Il ne manquait plus que le paradoxe : Noël sans Jésus. Il nous a été offert par une école primaire d’une petite ville toscane, dans la province de Grosseto, où certains enseignants – au nom de la laïcité de l’institution et du respect des autres religions – ont modifié les paroles de « Din Don Dan », la version italienne de « Jingle Bells », en remplaçant le mot « Jésus » par un générique « Joyeux Noël » qui apporte des cadeaux. Et ce n’est pas un cas isolé.
Noël n’est pas une fête laïque
La grande prémisse à poser, ou plutôt à retenir, est que Noël n’est pas une fête laïque et que tenter de la laïciser à tout prix est dès le départ une erreur. Au-delà de l’erreur structurelle – et historique – consistant à éliminer son protagoniste d’un parti, une question demeure. Est-ce vraiment nécessaire ?
Les partisans de l’inclusivité répondront oui, au nom de valeurs importantes comme le respect et l’accueil, en laissant de côté les autres, y compris les concepts de tradition et de racines, ces derniers temps trop souvent politisés et comparés aux idéologies du passé, donc étiquetées comme quelque chose dont il faut avoir peur.
Alors gardons Noël, qui est beau, avec son importance sociale et économique, et sa place prépondérante dans le calendrier, mais vidons-le de son vrai sens. Les vacances, les cadeaux, les déjeuners, les dîners, les lutins et le Père Noël sont bien, même les pièces de théâtre scolaires (à condition qu’elles n’aient pas de références religieuses), mais attention à les considérer pour ce qu’elles sont, c’est-à-dire une fête fondamentale pour le christianisme. En prendre acte est une pure observation de la réalité, le respect n’a rien à voir là-dedans. Elle est en effet piétinée au contraire par certaines antithèses forcées.
Un agrément que personne ne nous a demandé
Les barbares de la pensée, en accord avec cette vision qui paraît aujourd’hui même « conservatrice », réduisent tout à une hypothèse xénophobe avilissante, qui ressemble plus ou moins à ceci : « S’ils n’aiment pas nos traditions, qu’ils retournent dans leur propre pays ». Le problème, cela va sans dire – ou peut-être que c’est le cas – n’est pas celui-là. Mais surtout, ce ne sont pas « eux ».
Le problème est le nôtre, que nous avons poussé l’idée d’inclusivité jusqu’à l’exaspération, au point d’en changer les connotations, dans certains cas en étouffant nos racines – indéniablement chrétiennes, si nous parlons de Noël -, dans d’autres même en les éradiquant pour une approbation que personne n’a vraiment demandée, mais pour laquelle nous nous sentons constamment remis en question. Et même un peu connard, s’il manquait quelque chose, avec l’ombre de ce présumé manque de respect qui plane sur la conscience collective.
Nous devrions apprendre des Anglais. Aucun d’entre eux ne songerait jamais à remettre en question ses traditions, bien que le Royaume-Uni soit le pays où le taux de croissance migratoire est le plus élevé. Pourtant, si détachés et insurmontables, on finit tout au plus par les traiter de snobs et c’est là que ça s’arrête.
Changer la vision de l’inclusivité
Qu’est-ce que l’inclusion si ce n’est le rassemblement ? Si ce n’est pas une question d’équilibre, faites des compromis, comme dans toutes les relations. Ce terme dont nous remplissons la bouche – et avec lequel quelqu’un, plus que quelqu’un d’autre, nous remplit d’espaces d’opinion et d’agendas politiques – ne concerne pas seulement une majorité contre une minorité.
L’inclusivité, c’est quand l’hospitalité rencontre l’adaptation, sans que personne ne doive être déformé ou se sentir offensé ou menacé de quelque manière que ce soit. Ce n’est qu’ainsi qu’une pièce de Noël restera une pièce de Noël et non un fétichisme hypocrite.