Ce qui a poussé la Première ministre Giorgia Meloni à donner son feu vert à l’accord du Mercosur, c’est une promesse économique faite par l’Union européenne. Après des mois de doutes, le Palazzo Chigi semble vouloir embrasser le projet cher à Ursula Von der Leyen (et détesté par la France d’Emmanuel Macron). Le signal de détente est venu après que la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a proposé une allocation anticipée de 45 milliards d’euros à partir de 2028 pour le secteur agricole.
Les 45 milliards d’euros pour obtenir le oui de l’Italie
Le tournant s’est produit hier, lorsque von der Leyen a envoyé une lettre à la présidence du Conseil et à la présidente du Parlement européen Roberta Metsola, dans ce que de nombreux observateurs définissent comme un véritable acte de chorégraphie politique. Le leader de l’exécutif européen a proposé immédiatement davantage de fonds pour soutenir le secteur agricole et explique : « Pour garantir que des ressources supplémentaires soient disponibles, à partir de 2028, pour répondre aux besoins des agriculteurs et des communautés rurales, je propose que les États membres, lors de la présentation de leur plan initial, aient accès jusqu’à deux tiers du montant normalement disponible pour la révision à mi-parcours » de la Politique agricole commune. Comme précisé dans la lettre, Bruxelles a l’intention de modifier sa proposition de budget pour la période 2028-2034 afin de permettre aux agriculteurs un accès anticipé à environ 45 milliards d’euros, une mesure qui s’ajoute à d’autres réformes de soutien au secteur agricole européen.
Les 45 milliards d’euros seront mobilisés immédiatement pour soutenir les agriculteurs, qui s’ajouteront aux 6,3 milliards pour faire face aux difficultés et stabiliser les marchés agricoles. La lettre rappelle également que grâce aux prêts du programme Catalyst Europe, les ressources globales pourraient augmenter jusqu’à 63 milliards. Cette allocation de 45 milliards d’euros ne fait pas partie d’un nouveau paquet : la somme provient d’une réserve budgétaire existante, mais les gouvernements peuvent désormais l’allouer aux agriculteurs à l’avance, avant qu’elle ne soit réaffectée lors des négociations budgétaires ultérieures.
Le feu vert attendu le 9 janvier
Meloni a donc mis de côté les nombreux doutes selon lesquels elle s’est opposée pendant des mois, aux côtés du président français, à l’accord de libre-échange entre les pays de l’UE avec l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay, par crainte d’une concurrence inégale pour la production agricole européenne. L’accord, qui a alimenté les protestations des agriculteurs européens, devrait accroître les exportations européennes de voitures, de machines et de produits chimiques vers l’Amérique latine.
Qui gagne (et qui perd) du Mercosur
En échange, les puissances agricoles d’Amérique du Sud bénéficieront d’un meilleur accès aux marchés européens pour leurs produits alimentaires. La décision du président de la Commission européenne de renforcer et d’avancer l’arrivée des fonds liés à la PAC (Politique agricole commune) a été saluée par Meloni et devrait garantir le feu vert à l’accord du Mercosur, attendu le 9 janvier. Si le feu vert vient du 27, la semaine prochaine, le président de la Commission pourrait s’envoler pour l’Amérique latine pour la signature du Mercosur, plusieurs fois reportée en raison du refus catégorique de l’Italie.