L’année des réformes (peut-être) : c’est ainsi que tomberont tous les dominos de Meloni
Il existe un fil conducteur qui, comme dans un jeu de dominos, unit les réformes destinées à animer le chemin de la politique italienne d’ici les élections de 2027. Et c’est un fil conducteur qui fait que 2026 ressemble à « l’année des réformes » : possible, probable ou non, nous verrons. Justice, premier ministre, loi électorale, autonomie différenciée sont des mots qui nous tiendront longtemps compagnie et qui, on l’aura compris, sont inextricablement liés les uns aux autres.
Le premier tournant : le référendum sur la justice
La première réforme à laquelle nous devrons nous attaquer est le référendum constitutionnel sur la justice, prévu (semble-t-il, car il n’y a pas encore de date officielle) pour les 22 et 23 mars prochains. Les contenus sont assez connus et nous aurons en tout cas l’occasion d’y revenir : ici nous nous intéressons surtout aux implications politiques, qui sont très significatives.
Même si le Premier ministre a évité de donner au référendum une signification personnelle – pour ne pas répéter « l’effet Renzi », l’erreur de 2016 lorsque l’ancien ferrailleur a lié son sort à la question constitutionnelle – il est clair qu’une défaite aurait de lourdes conséquences pour Giorgia Meloni. Cela l’obligerait à passer le reste de la législature à essayer de reconstituer les morceaux de la majorité et de sauver ce qui peut l’être avant les élections. Le parcours du Premier ministre du 24 mars 2026 au printemps 2027 ressemblerait à celui d’un canard boiteux : toute relance est difficile, et particulièrement difficile est l’évolution vers l’autre réforme que le Premier ministre a en tête, la nouvelle loi électorale, qui, dans ses intentions, devrait plutôt occuper le calendrier de la majorité entre avril et mai.
La tentation de la loi électorale
Au contraire, une victoire du Oui donnerait des ailes au gouvernement, permettant au Premier ministre d’aborder la question des « règles », c’est-à-dire de la loi électorale. Giorgia Meloni est très favorable à cette réforme car elle estime que l’actuel Rosatellum – un système mixte proportionnel-majoritaire – n’est pas en mesure de proposer un vainqueur certain le soir du vote et tend au contraire à garantir ce « match nul » qui ouvrirait la voie à des gouvernements techniques, bloquant fatalement sa reconfirmation au Palazzo Chigi. Le modèle envisagé par le Premier ministre est celui des Régions : une majorité avec une prime de gouvernabilité pour la coalition gagnante.
Le chemin vers l’approbation d’une nouvelle loi électorale ne serait cependant pas simple, même en cas de victoire du Oui. Car, bien qu’ils partagent l’approche fondamentale de la réforme, la Lega et Forza Italia cultivent (parfois même pas très subtilement) une série de réserves, par exemple concernant l’indication du candidat au poste de Premier ministre sur le bulletin de vote. Et même si ces différents avis étaient surmontés, il resterait à convaincre l’opposition, qui promet des barricades en brandissant le slogan : « Meloni veut contourner les règles juste avant le vote pour assurer la victoire ».
En réalité, des rumeurs au Palais disent qu’Elly Schlein serait tentée d’aller consulter les cartes du Premier ministre – après tout, le leader du Parti démocrate bénéficierait également d’un système capable de déterminer un certain vainqueur – mais il est difficile d’imaginer que, à quelques mois des élections, les deux coalitions se réuniront effectivement autour d’une table, amoureuses et d’accord, pour discuter des règles du jeu.
Premier ministre, réforme impossible
La réforme de la loi électorale dans les termes que nous venons de décrire – et c’est là que le domino revient – ouvre politiquement la porte au poste de Premier ministre. Comme pour le poste de Premier ministre, un nouveau système de vote garantirait également une certaine majorité avec un certain premier ministre : non indiqué sur le bulletin de vote, mais en fait clairement identifié. Ce n’est pas un hasard si Giorgia Meloni est revenue récemment pour proposer la réforme constitutionnelle qui prévoit l’élection directe du premier ministre, même si le délai nécessaire pour obtenir une approbation définitive dans cette législature n’existe plus.
Le projet de loi sur le poste de Premier ministre a été approuvé au Sénat : il faudrait maintenant un passage à la Chambre et ensuite – à pas moins de trois mois – un nouveau vote au Sénat et à Montecitorio, en plus du référendum de confirmation attendu. C’est une voie qui, à l’époque de la législature, semble impossible. L’objectif « réaliste » de la majorité pourrait alors en être un autre : approuver le texte (on verra si avec les quatre lectures ou non) et le présenter aux électeurs pour les élections de 2027. La majorité en ferait son drapeau, l’opposition l’agiterait en épouvantail. Avec une précision décisive : si le Parlement actuel épuise les quatre lectures, le référendum de confirmation pourrait avoir lieu lors de la prochaine législature ; Toutefois, si les lectures n’étaient pas terminées, lors de la prochaine législature, le processus devrait être entièrement recommencé et ce qui a été fait jusqu’à présent ne serait plus que du papier.
La réforme s’est terminée dans les limbes
La dernière réforme évoquée au début est l’autonomie différenciée, souhaitée par la Ligue, approuvée en 2024 mais considérablement réduite par certains arrêts de la Cour constitutionnelle, qui l’ont placée dans un vide législatif dont il sera difficile de sortir dans cette législature. Il est plus probable que nous en reparlerons dans le prochain. Ou bien, étant donné l’état d’esprit qui règne dans le Sud – avec des gouverneurs, même de centre-droit, souvent opposés –, n’en discutons pas du tout.